Économie – Social

Les salariés ludois de Candia résignés

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine mercredi 5 février 2014 à 7:43

L'usine Candia du Lude
L'usine Candia du Lude © Radio France (Viviane Le Guen)

Le Préfet de la Sarthe réunit tous les acteurs du dossier Candia ce mercredi après-midi. Aucune piste n'est confirmée pour la reprise du site. Seule certitude : la laiterie fermera le 30 juin.

A l'entrée du site du Lude, les camions circulent toujours. Mais dans l'usine, les machines tournent au ralenti, et certaines cuves ont déjà quitté la Sarthe pour rejoindre la laiterie de Campbon, en Loire-Atlantique. Sur les palissades qui entourent Candia au Lude, les ouvriers ont tagué des slogans : "Ici s'arrête la route du lait " et "Merci la direction ". 

Des mots qui témoignent de l'inquiétude des salariés, surtout les plus anciens, comme Jean-Yves David, 55 ans. Il travaille chez Candia depuis 35 ans : "Je suis arrivé après l'armée. j'ai fait toute ma carrière à l'entretien et depuis deux ans, je suis au magasin. C'est pas arrivé à mon âge que je vais déménager, et dans l'agro-alimentaire ici, je ne vais pas trouver. Ma femme, elle fait les saisons de pomme, elle travaille huit mois dans l'année". Il lui manque une année de cotisation pour faire valoir ses droits à la retraite. Une année qui pourrait être couverte par le chômage, mais Jean-Yves David ne veut pas arrêter de travailler : "Même si c'est à mi-temps, je suis partant ".

Pour l'instant, seule la moitié des 190 salariés a retrouvé un emploi ou commencé une formation. Sans surprise, les plus jeunes sont les plus mobiles, mais "tout le monde ne peut pas déménager ", insiste Elvis Sabin, 13 ans de Candia et délégué CFDT. "Moi par exemple, j'ai acheté une maison en 2010, à restaurer. Tant qu'elle n'est pas finie, je ne peux pas la vendre ou la louer ".

Des visites mais rien de concret

Voilà maintenant presque dix-huit mois que la fermeture de l'usine ludoise a été annoncée par le groupe Sodiaal, et bientôt six mois que les salariés sarthois ont jeté l'éponge dans le combat qui les opposait à leur direction pour une poursuite de l'activité de Candia. Depuis septembre, plusieurs repreneurs ont été évoqués, certains ont d'ailleurs visité le site. Mais pour le moment, rien n'est confirmé, et l'échéance se rapproche. 

Au Lude, tout le monde connait de près ou de loin quelqu'un qui travaille à "la Clamat " comme beaucoup appellent encore la laiterie, tout juste centenaire. Vivien témoigne de l'écoeurement des habitants : "C'est vrai qu'il y avait une fierté quand même, c'est une entreprise qui a fait parler d'elle avec de nouveaux produits. Les gens sont déprimés de voir le centre-ville mourir ".