Économie – Social

Les serres de Bessières, le nouvel eldorado des chômeurs au nord de Toulouse

Par Stéphanie Mora et France Bleu Toulouse, France Bleu Toulouse et France Bleu mercredi 9 septembre 2015 à 20:48

Après la réunion, les candidats se pressent pour déposer leur CV à Bessières
Après la réunion, les candidats se pressent pour déposer leur CV à Bessières © Radio France - Stéphanie Mora

A Bessières, après cinq ans de bataille et de polémique, le projet de serres de tomates hors-sol entre dans son ultime phase avant exploitation : le recrutement. 150 personnes ont participé à la première réunion d'information. Une affluence qui en dit long sur les espoirs que le projet suscite.

A terme, environ 140 emplois sont prévus dont 30 saisonniers : du simple récoltant (agent serriste) au chef d'équipe ou au technicien. Pendant plus de deux heures, le patron du site a présenté les postes à pourvoir dans la salle des mariages de Bessières puis les candidats ont pu déposer un CV ou se renseigner sur la marche à suivre auprès de Pôle emploi. D'ici octobre, l’administration effectuera un premier tri. Certains se verront proposer des stages ou des ateliers pour se tester sur ces métiers. Puis, viendra le recrutement final. Les premières serres doivent entrer en production à la fin de l'année avec une quinzaine de personnes seulement pour commencer.

Un espoir dans une vallée qui compte 11% de chômeurs

Ce mercredi matin, des hommes, des femmes, jeunes, vieux, chômeurs, à la recherche d'une reconversion près de chez eux ou même des anciens de Molex étaient là. Ici, le chômage tourne autour de 11%, les serres de Bessières sont donc source d'espoir comme le racontent Elisabeth, Bastien, Hervé ou Audrey. 

Des candidats à l'embauche plein d'espoir

Les Serres de Gilles Briffaud ne sont qu’un point de départ. Ces 10 hectares de serres alimentées par la chaleur de l'usine d'incinération voisine doivent produire très rapidement 8000 tonnes de tomates destinées au marché régional (au MIN de Toulouse comme aux supermarchés de MP). L'investissement est de 18 millions d'euros porté essentiellement par Gilles Briffaud , l'agriculteur, mais à Bessières le maire voit déjà un projet plus vaste.

Bessières peut devenir un pôle maraîcher d’ici trois ans  

— Jean-Luc Raysséguier, maire de Bessières.

Le maire de Bessières espère développer une filière pour valoriser les déchets des serres, et il souhaite que d’ici trois ans, des salariés ou des agriculteurs s'installent à leur compte en ouvrant d'autres exploitations maraîchères, d’autres serres qui produiront d’autres légumes, pour alimenter le marché régional et répondre à la concurrence de l’Espagne ou du Maroc.

L’après Molex, le nord de la Haute-Garonne tente de sortir du désert économique

Ces serres de Bessières sont aussi un symbole supplémentaire du renouveau économique du nord du département durement frappé depuis l’affaire Molex et la fermeture du site de Villemur sur Tarn en 2008.

Denis Parise, conseiller régional de Midi-Pyrénées

Brusson, le fabriquant de cheveux d’ange a déménagé de Villemur à Bessières. L’entreprise est sur le point de relancer son activité et prévoit l’embauche « de deux ou trois personnes en plus » selon Denis Parise, conseiller régional. Bonne nouvelle aussi chez Connecticâble à Fronton où l’activité est relancée grâce à VMI (ex Molex). Un ancien de Connecticâble serait aussi en train de gagner son pari et de monter son entreprise « il va arriver à une quinzaine, vingtaine d’emplois d’ici fin 2015, début 2016. C’est du concret. » précise Denis Parise.

Si vous souhaitez candidater il n'est pas trop tard. Il vous suffit de vous signaler chez Pôle emploi ou en mairie de Bessières.