Économie – Social

Les syndicats de 3M à Longvic veulent leur part du gâteau, ils demandent des primes exceptionnelles pour les salariés

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne jeudi 5 octobre 2017 à 18:08

Les salariés de 3M en grève, ils demandent des primes exceptionnelles à leur direction alors que le groupe aurait versé 27 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires
Les salariés de 3M en grève, ils demandent des primes exceptionnelles à leur direction alors que le groupe aurait versé 27 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires © Radio France - Thomas Nougaillon

L'entreprise longvicienne doit fermer en 2018, elle appartient à un groupe américain qui délocalise une partie de ses activités Européennes vers les Pays de l'Est. 3M se porte pourtant bien: 27 millions d'euros aurait été versé à ses actionnaires ces trois dernières années.

Piquet de grève et pique-nique revendicatif devant l'usine. A Longvic, plus de 80% des 85 salariés de 3M -qui fabrique des adhésifs- sont en grève depuis ce mercredi 4 octobre 2017 au matin. A l'appel de FO, de la CGT et de la CFDT le mouvement doit être reconduit ce vendredi en solidarité avec les salariés d'une autre usine du groupe, l'usine de Veyziat dans l'Ain où les employés sont en lutte eux aussi.

Hervé Coquelle de la CFDT - Radio France
Hervé Coquelle de la CFDT © Radio France - Thomas Nougaillon

Des primes de 500 à 1.000 euros par mois

L'usine de Longvic va fermer ses portes définitivement le 31 décembre 2018. Un Plan de Sauvegarde de l'Emploi doit être signé la semaine prochaine. Un PSE que syndicats et salariés ne remettent nullement en cause. Mais il se trouve que durant la négociation, les syndicats ont eus accès à des documents qui prouvent la très bonne santé du groupe 3M. Un groupe américain qui selon eux aurait distribué ces trois dernières années 27 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires! Ils demandent donc leur part du gâteau à savoir des primes de 500 à 1.000 euros par mois qui seraient versées à chacun des salariés jusqu'à la fermeture du site.

"Continuer à travailler pour augmenter encore les dividendes des actionnaires"

Hervé Coquelle, opérateur de production chez 3M à Longvic, est membre de la CFDT. "Le cadre du PSE n'est pas du tout remis en cause, ça a été négocié, c'est quelque chose qui est totalement terminé mais dans le cadre du PSE on a eu accès à l'expertise comptable et on se demande où est la considération des salariés?" Les salariés "en ont gros sur la patate" en quelque sorte: "on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour embaucher, qu'il n'y a pas d'argent à investir dans les machines et malgré tout ça il faut continuer à travailler, il faut continuer à produire pour augmenter encore les dividendes des actionnaires, c'est un peu difficile pour nous, c'est pourquoi on demande un geste de notre direction".

Hervé Coquelle de la CFDT

Hervé Coquelle de la CFDT et Maria Gautheron de FO unis dans leur combat pour obtenir des primes exceptionnelles et mensuelles - Radio France
Hervé Coquelle de la CFDT et Maria Gautheron de FO unis dans leur combat pour obtenir des primes exceptionnelles et mensuelles © Radio France - Thomas Nougaillon

27 millions d'euros pour les actionnaires

Maria Gautheron, délégué du personnel FO et assistante commerciale chez 3M à Longvic est elle aussi quelque peu désappointée par l'attitude de 3M. "Nous avons eu le rapport d'expert, un rapport économique et l'expert nous dit que la société va très bien, nous avons fait en trois ans 27 millions d'euros de dividendes pour les actionnaires mais aussi 6 millions au titre des fonds de roulement". Les salariés doivent continuer à travailler jusqu'à la fin, mais avant la fermeture de leur usine en décembre 2018 ils veulent obtenir ces compléments de salaire. "C'est un petit coup dur pour les salariés parce qu'ils nous demandent en plus de faire des heures supplémentaires, de travailler les samedis pour servir nos clients et à côté de cela la direction ne veut rien aligner, elle ne veut rien mettre sur la table", "c'est pourquoi on demande une réunion de négociation pour donner une petite prime de compensation aux gens par rapport à ces résultats".

Maria Gautheron de FO

Les salariés de 3M à Longvic veulent obtenir une réunion de négociations pour discuter des primes qui pourraient leur être versées - Radio France
Les salariés de 3M à Longvic veulent obtenir une réunion de négociations pour discuter des primes qui pourraient leur être versées © Radio France - Thomas Nougaillon

Un mouvement de délocalisation vers les Pays de l'Est

Présent en France depuis 1952, le groupe 3M emploie 2.400 personnes dans l'hexagone sur 10 sites industriels et logistiques. Celui de Longvic est le 5e à fermer ses portes selon les salariés. A Longvic, justement, 3M va supprimer 33 postes de production, du fait de délocalisation en Italie et en Pologne, tandis que 52 salariés seraient reclassés ou rattachés à l'usine de Veyziat-Oyonnax dans l'Ain. Le mouvement est le même à travers toute l'Europe puisque -toujours de source syndicale- en Allemagne, en France et en Angleterre ce sont 800 postes qui sont supprimés pour être délocalisés vers l'Europe de l'Est et en Pologne. Contacté pour une interview le groupe 3M n'a pas souhaité donné suite à notre demande.

Les salariés de 3M à Longvic en grève encore ce vendredi 6 octobre 2017 - Radio France
Les salariés de 3M à Longvic en grève encore ce vendredi 6 octobre 2017 © Radio France - Thomas Nougaillon