Économie – Social

Les syndicats des chantiers navals de Saint-Nazaire inquiets pour l'avenir de l'entreprise

Par Rosalie Lafarge, France Bleu Loire Océan jeudi 1 septembre 2016 à 19:59

Chantiers STX de Saint-Nazaire
Chantiers STX de Saint-Nazaire © Radio France - Abdelhak El Idrissi

L'inquiétude aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire. La maison-mère sud-coréenne, détentrice des deux tiers du capital de STX France, est au bord de la liquidation. Elle a jusqu'au 9 septembre (vendredi prochain) pour présenter un plan de restructuration afin de l'éviter.

Le chantier naval STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) va-t-il bientôt changer d'actionnaire? Alors que sa maison-mère sud-coréenne est au bord de la liquidation judiciaire, sa vente ne fait presque plus de doute et les syndicats s'inquiètent de l'identité de l'éventuel repreneur.

Détenteur des deux tiers du capital de STX France depuis 2008, le tiers restant étant aux mains de l'État français, le groupe STX Offshore & Shipuilding, lourdement endetté, sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank, a jusqu'au 9 septembre pour présenter un plan de restructuration à la justice coréenne et éviter la liquidation.

FO écrit au Premier ministre

A l'approche de cette échéance, les syndicats du dernier grand chantier naval civil français, qui emploie 2.600 salariés, s'inquiètent de leur avenir, bien que le carnet de commandes soit rempli pour les dix prochaines années, avec quatorze paquebots de croisière à construire pour ses deux principaux clients, l'italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean.

Craignant d'être repris par un concurrent ou un chantier étranger voulant "faire main basse" sur les compétences et les savoir-faire de STX France, le syndicat Force ouvrière a écrit au Premier ministre Manuel Valls pour être reçu "dans les meilleurs délais".

"Dans ce courrier, explique Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint de la section syndicale Force Ouvrière STX France à France Bleu Loire Océan, on indique clairement à l'Etat qu'étant actionnaire minoritaire de l'entreprise, il est de sa responsabilité de prendre des mesures d'urgence pour sauvegarder l'entreprise. Il faut une décision rapide pour assurer la poursuite de l'activité. L'Etat s'est impliqué dans le carnet de commande que nous avons aujourd'hui, il nous paraît donc logique et légitime de lui demander de nationaliser les chantiers navals, ou à défaut, d'en devenir actionnaire majoritaire afin de garantir la pérennité de l'ensemble des emplois".   

STX Offshore & Shipbuilding avait dès 2014 cherché à se débarrasser de ses chantiers nazairiens, mais le processus de vente avait été interrompu de facto, "faute de combattants", rappelle François Janvier, délégué CFE-CGC.

"La situation est différente. Maintenant, la vente c'est une certitude, STX ayant mandaté un cabinet pour chercher un acheteur", affirme-t-il. "L'inquiétude, c'est qui et pour quoi faire ? (...) Est-ce qu'on peut intéresser des gens de la construction navale ? Des clients ? Des locaux ?", s'interroge François Janvier.

Pas d'inquiétude à avoir d'après le président de la région Bruno Retailleau

Parmi les noms souvent cités dans la presse de candidats potentiels à la reprise, ceux de son concurrent italien Fincantieri, ou du groupe asiatique Genting Hong Kong, qui a récemment racheté quatre chantiers allemands, effraient particulièrement le syndicaliste.

Pour le président Les Républicains de la région des Pays de la Loire, Bruno Retailleau, "il n'y a pas lieu aujourd'hui de céder à la panique". "On est à l'abri de mauvaises surprises, dans la mesure où l'État a une minorité de blocage, où il y a un pacte d'actionnaires qui comporte des clauses qui permettent de se tenir à l'abri d'une vente qu'on ne souhaiterait pas ou en tout cas que STX tombe entre de mauvaises mains", soutient-il auprès de l'AFP.

"L'État a la main" et les dernières nouvelles sont "plutôt rassurantes", assure Bruno Retailleau, qui explique être en contact régulier avec le ministère de l'Économie.