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Économie – Social

Protection de l'enfance : à bout, les travailleurs médico-sociaux du Nord dénoncent un manque de moyens

mardi 16 octobre 2018 à 17:57 - Mis à jour le mardi 16 octobre 2018 à 20:41 Par Sophie Morlans, France Bleu Nord

Le mouvement a commencé début octobre à Tourcoing et prend de l'ampleur. Les travailleurs médico-sociaux se plaignent notamment du manque de personnel et de places pour les enfants qu'il faut protéger. Mardi, ils étaient près de 400 sous les fenêtres du Conseil départemental du Nord à Lille.

Les travailleurs sociaux disent ne plus avoir les moyens d'assurer leur mission de protection de l'enfance
Les travailleurs sociaux disent ne plus avoir les moyens d'assurer leur mission de protection de l'enfance © Radio France - Sophie Morlans

Lille, France

"Lucas, né le 5 septembre et toujours à l'hôpital". Cette affiche est portée à bout de bras par Christelle. Assistante sociale à Lille Moulins elle a choisi de dénoncer la situation de ce bébé qu'elle ne peut pas aider : faute de place en famille d'accueil, l'enfant n'a connu, depuis sa naissance, que la maternité, alors que ses parents ne sont pas en mesure de prendre soin de lui. Selon ces travailleurs sociaux, descendus dans la rue mardi à Lille, le département du Nord a supprimé ces trois dernières années 700 places en foyer et les budgets sont cesse revus à la baisse. Conséquence, des cas de détresse face auxquels ces professionnels se sentent démunis. "On ne fait pas grève pour nous, mais pour ces familles, ces enfants." Delphine, sage-femme en PMI, est parfois obligée de dire à certaines mamans de se réfugier dans des églises, pour ne pas se retrouver à la rue.  A Roubaix, une famille d'accueil a reçu cet été jusqu'à 14 enfants en même temps

Des placements demandés depuis des mois, pour maltraitance, et des enfants toujours dans leur famille

Plus grave encore, des cas d'enfance en danger sont signalés, les juges ont demandé des placements mais les enfants restent dans leur famille, faute de place en structure d'accueil.  "C'est de la maltraitance pure et simple", dénonce Anne, puéricultrice en PMI. "On rentre chez nous avec tous ces cas sur le cœur, et cela devient compliqué, ce n'est plus supportable. Cela créé une souffrance chez les professionnels", explique Isabelle, assistante sociale.

Des professionnels découragés

Ces agents réclament aussi plus de moyens humains dans les 45 UTPAS (unités territoriales de prévention et d'action sociale) que compte le département, car la situation est tendue. Les départs en retraite ne sont pas remplacés, alors que les jeunes qui arrivent en CDD vite découragés, abandonnent. "On ne compte plus les cas d'épuisement professionnel", déplore Charlotte, qui manifeste derrière ce slogan : "département bourreau d'enfant".

Le Conseil départemental ne remplit plus sa mission de protection de l'enfance et d'aide sociale

Beaucoup de ces salariés ont manifesté ce mardi 16 octobre 2018 pour la première fois de leur vie. C'est le signe qu'il y a urgence pour Olivier Treneul, porte-parole du syndicat Sud. Selon lui, le Conseil départemental du Nord est aujourd'hui hors la loi, alors que sa mission première est la protection de l'enfance. "C'est fixé par la loi de décentralisation", rappelle le représentant syndical. "C'est plus de 50% de son budget. Le code civil précise bien qu'en cas de mesure de placement, c'est le département qui doit intervenir il ne peut pas se dérober à ses responsabilités. Aujourd'hui la mission n'est pourtant assurée que sur le papier. Sur le terrain, c'est du bricolage". Parti de Tourcoing, où les agents ont fait grève pendant deux semaines, le mouvement a été rejoint par Anzin, Saint-Amand, Gravelines, Haubourdin ou encore Lambersart. Silencieux jusqu'ici, le président du Conseil départemental, Jean-René Lecerf, doit s'exprimer sur le dossier en fin de semaine.