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Dossier : Coronavirus Covid-19

Les véritables effets du confinement sur l'économie et l'environnement en Bourgogne-Franche-Comté

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Par , France Bleu Bourgogne

L'insee Bourgogne-Franche-Comté publie ce jeudi 18 juin une étude très complète des effets du confinement sur l'activité économique dans notre région et sur l'environnement. Voici ce qu'il faut en retenir.

La place Wilson à Dijon pendant le confinement
La place Wilson à Dijon pendant le confinement © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Les mesures mises en place dans l’ensemble des régions françaises pour freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus ont des conséquences brutales sur l’activité économique. Les tendances observées en 2019 changent radicalement à partir de mi-mars 2020 avec le confinement de la population. 

Une baisse drastique de l’activité, évaluée à 32 % pour la Bourgogne-Franche-Comté

La Bourgogne-Franche-Comté subirait, par rapport à une situation normale, une baisse d’activité, entre le 17 mars et le 7 mai de 32 %, comparable à celle du niveau national. Cette estimation fait l’hypothèse qu’une branche d’activité est affectée avec la même intensité dans tous les territoires. Les mesures de confinement ayant été similaires, les différences observées entre les régions et les départements reflètent donc essentiellement des différences de composition de leur tissu économique. Dans les départements, elle varie de -30 % dans la Nièvre à -33 % dans le Territoire de Belfort. 

La construction, les commerces, le transport, les services aux entreprises et l’industrie sont très impactés

Les services marchands perdent dans l’ensemble 36 % de leur activité, mais bien davantage dans l'hébergement-restauration, les transports et l’entreposage, le commerce, et les services aux entreprises. La baisse d’activité des services marchands explique la moitié de la baisse de l’activité totale dans la région. L’industrie a ralenti son activité de 38 %. Ce secteur, toujours très présent en Bourgogne-Franche-Comté, explique sept points de la baisse d’activité régionale. 

La construction, secteur qui tourne le plus au ralenti avec 75 % de perte d’activité, participe pour 4 points de la baisse totale. 59 % des salariés du privé font l’objet d’une demande d’activité partielle. Au 10 mai, en Bourgogne-Franche-Comté, près de 428 000 salariés bénéficient d’une demande d’activité partielle validée, soit 59 % des salariés du privé. 

À cette date, 157 260 ont été indemnisés (source : Direccte Bourgogne-Franche-Comté). Depuis le 1er mars, ces dépôts de demandes concernent 43 630 établissements, ce qui représente 69 % du total de la région. 

La création d’entreprises mise à mal

En mars 2020, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre 1214 créations d’entreprises toutes catégories confondues, soit une baisse de 31% par rapport au mois précédent et de 36 % par rapport à mars 2019. Elles sont particulièrement moins nombreuses que l’an passé dans le Doubs et l’Yonne, de respectivement 40 % et 42 %. En Saône-et-Loire et dans le Jura, la baisse est la moins prononcée, -26 % et -30 %. 

Dans l’ensemble de la région, le nombre de créations d’entreprises chute lourdement dans le commerce, -46 %. Viennent ensuite les services, -40 %, secteur où se fait la majorité des créations. La baisse est plus limitée dans l’industrie, -17 %. Le nombre de créations a commencé à diminuer significativement dès la semaine du 9 au 13 mars, c’est-à-dire juste avant le confinement, puis il s’est effondré dans la semaine du 16 au 20 mars. 

Un rayon de papier-toilette dans un supermarché dijonnais, juste avant le début du confinement
Un rayon de papier-toilette dans un supermarché dijonnais, juste avant le début du confinement © Radio France - Sophie Allemand

Chute des transactions par carte bancaire, conséquence de la baisse de consommation des ménages

Un fort recul des transactions par carte bancaire s’est produit lors de la mise en place du confinement le mardi 17 mars. Ces transactions étaient pourtant en hausse significative la semaine précédant le confinement par rapport à la même semaine de l’an passé. Ce phénomène s’explique par une consommation accrue des ménages pour constituer des réserves

Par la suite, le nombre de transactions chute, de manière similaire en France et en Bourgogne-Franche-Comté : il est, dans la semaine du 16 mars, qui n’est pas une semaine complète de confinement, d’environ 40 % inférieur à l’an passé. Les deux semaines suivantes, il est inférieur à la « normale » de respectivement 60 % et 55 %. On observe un léger redressement les semaines suivantes, peut-être dû au développement des ventes à emporter dans la restauration, le bricolage et plus tard la jardinerie…, mais également au changement de manière de consommer : avec des livraisons qui augmentent et aussi la reprise de certaines consommations autres que des denrées alimentaires. 

Les ménages avaient pu suspendre les achats de certains biens pendant les premières semaines du confinement et voyant celui-ci se prolonger, ils les ont réalisés en partie. 

Chute de la consommation d’électricité

La baisse de l’activité économique se reflète dans la chute de la consommation totale d’électricité. Cette dernière fluctue aussi en fonction des températures extérieures et de la plus ou moins forte nécessité de chauffer les habitations, les installations collectives et les entreprises. Ainsi, en Bourgogne-Franche-Comté, la consommation journalière moyenne totale d’électricité est en baisse de 21 % durant les quinze premiers jours du confinement par rapport aux deux semaines qui ont précédé. Ceci est dû à la chute de la consommation des entreprises, celle des ménages augmente avec le confinement et le télétravail mais baisse avec les températures plus clémentes observées à partir de début avril. 

Chute du trafic routier et amélioration de la qualité de l'air

Le confinement entraîne également une forte réduction des déplacements de la population et une baisse du transport de marchandises. Beaucoup d’actifs occupés n’ont plus à se rendre sur leur lieu de travail et doivent aussi limiter leurs déplacements aux lieux de consommation ouverts et proches. Les magasins n’ont plus autant besoin de livraisons et puisent pour partie dans leur stock, les autres ferment. 

Ainsi, la « congestion routière », qui reflète l’intensité de la circulation routière, a été en moyenne divisée par 3,2 à Dijon le mardi 14 avril à 17 heures par rapport à la moyenne observée à la même heure sur toute l’année 2019 (source TomTom). La forte baisse des déplacements et le fonctionnement ralenti de l’industrie provoquent une amélioration de la qualité de l’air. La concentration en polluants chute en mars pendant le confinement : - 69 % par exemple à Dijon pour le niveau d’oxyde d’azote (source : Atmo).

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