Économie – Social

Les viticulteurs du Bordelais pouront-ils sauver le millésime 2013 ?

France Bleu Gironde mercredi 12 février 2014 à 18:03

La récolte du millésime 2013 devrait être la plus faible depuis 1991.
La récolte du millésime 2013 devrait être la plus faible depuis 1991. © Radio France - Noémie Bonnin

Le Château Malescasse, cru bourgeois du Médoc, a pris une décision radicale : ne pas commercialiser le millésime 2013. Cette position étonne les autres châteaux du Bordelais, même s'ils reconnaissent que l'assemblage s'avère cette année particulièrement difficile.

Les viticulteurs du Bordelais préparent la semaine des primeurs, qui aura lieu du 1er au 4 avril. C'est le  rendez-vous à ne pas manquer pour vendre le millésime 2013. Un millésime qui s'annonce inégal, vu la météo capricieuse que nous avons connu l'an dernier.

"Qualité moyenne, voire médiocre"

Un château du Bordelais a pris une décision qui ne passe pas inaperçue,  même si elle va lui côuter quelques centaines de milliers d'euros :ne pas sortir de cuvée cette année. Il s'agit du Château Malescasse, cru bourgeois du Médoc situé à Lamarque. Le propriétaire a estimé, sur les conseils de son oenologue Stéphane Derenoncourt, que le millésime ne serait pas à la hauteur.

"Cette décision n'a pas été facile à prendre, mais elle s'imposait. Plutôt que de pousser un vin qui ne nous convient pas, nous avons préféré nous couper un bras." ( Stéphane Derenoncourt, dans Le Figaro Magazine)

Pour le célèbre oenologue, d'autres châteaux devraient à terme faire la même chose

"Ils n'auront pas d'autres choix. Ce millésime est déficient, sans potentiel de garde, de qualité moyenne, et parfois médiocre."

"Décision étonnante"

Cette décision, pour l'heure unique, surprend les autres viticullteurs, comme Caroline Frey,  propriétaire du Château La Lagune, à Ludon-Médoc. Elle exploite 80 hectares en AOC Haut-Médoc. Selon elle, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le prochain millésime car tout se jour en ce moment .

La période est difficile pour avoir un jugement arrêté et définitif"

Olivier Bernard, le président de l'Union des Grands Crus de Bordeaux, a de son côté fustigé cette décision

"On ne se sert pas de l'année 2013 pour faire sa propre com'. Ceux qui ne vont pas faire de bons vins ne sont pas des grands crus".

Olivier Bernard reconnaît malgré tout que dans un millésime comme celui-ci, il faut mettre beaucoup de moyens pour faire un grand vin." Mais il ne se dit pas pour autant inquiet pour la présentation des primeurs, promettant des vins de qualité, au niveau de 2011 et 2012, dans une lignée de "vins à boire".

"Se prononcer radicalement dès maintenant, c'est surprenant"

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