Économie – Social

LGV Tours-Bordeaux : le médiateur présente ses propositions de dessertes

France Bleu Gironde jeudi 11 juin 2015 à 17:47

TGV en gare Saint Jean
TGV en gare Saint Jean © Radio France

Jean Auroux, le médiateur nommé par la SNCF, était à Bordeaux ce jeudi pour présenter aux élus les grandes lignes du rapport qu'il remettra fin juin au gouvernement. La desserte envisagée entre Bordeaux et Paris après 2017 - 13 allers-retours directs par jour - ne convient ni aux élus, ni au concessionnaire LISEA.

Quelles dessertes entre Paris et Bordeaux, une fois que la ligne ferroviaire grande vitesse Tours-Bordeaux sera mise en service en juillet 2017 et que les deux villes ne seront plus qu'à 2h de distance ? Jean Auroux, le médiateur nommé par la SNCF pour calmer la colère des élus locaux, va rendre sa copie à la fin du mois au gouvernement. L'ancien ministre était ce jeudi à Bordeaux pour rendre les conclusions de son rapport pour l'Aquitaine.

Après six mois de négociations, cinq réunions régionales et de nombreuses rencontres avec les différentes parties prenantes, l'ancien ministre estime être arrivé à un "compromis équilibré".

"Mes propositions tiennent compte à la fois des demandes des élus en matière de fréquence et d'horaires, et des contraintes financières des uns et des autres, y compris des collectivités territoriales, avec lesquelles on a été peut-être un peu trop optimistes en leur promettant des dessertes qu'on ne pourra pas tenir, moyennant leur participation financière". — Jean Auroux

Jean Auroux, le médiateur nommé par la SNCF  - Radio France
Jean Auroux, le médiateur nommé par la SNCF © Radio France

 

"C'est un compromis équilibré"

Le médiateur estime que l'Aquitaine sera "une des régions les mieux servies". Il propose le maintien du même nombre d'allers-retours quotidiens entre Bordeaux et Paris, soit 22 et demi au total. Ce qui augmente, c'est le nombre d'allers-retours directs : 13 au lieu de 11 actuellement. Et puis des rames plus grandes, plus confortables seront mises en service : des Euroduples, de 556 places, au lieu de 458 actuellement. Les premières livraisons sont prévues l'an prochain, 15 de ces rames sur les 40 commandées seront en service dès 2017. 

Les élus de Bordeaux-Métropole ont fait savoir qu'ils jugeaient ce plan de desserte inacceptable. Ils réclamaient un TGV tous les heures, et même toutes les demi-heures aux heures de pointe.

"Ce n'est pas la capacité qui nous inquiète, c'est le manque de cadencement, ce que fait très bien Air-France avec ses navettes et ce que promet d'ailleurs Lisea dans ses plaquettes de publicité. Or, là, ce n'est pas du tout le cas, il y a des moments où il faudra attendre 2h ou 2h et demi entre 2 TGV.  Et si çà devait rester ainsi, le grand gagnant, ce serait Air France". — Christophe Duprat, le vice-président de la Métropole en charge des transports.

Jean Auroux répond qu'il comprend qu'il y ait des insatisfactions, qu'il y a ce est souhaité par les élus, et ce qui est possible. Mais pour lui, Bordeaux est très bien traité, si on la compare par exemple avec Lyon, et son agglomération deux fois plus importante.

"Lyon a 22 allers-retours par jour, dont 15 directs, et lorsque la ligne grande vitesse a été lancée il y a plus de 30 ans, il y avait beaucoup moins de TGV que ce qu'on propose à Bordeaux. La fréquence devrait donc être à la hauteur". — Jean Auroux

 

Laurent Cavrois, président de LISEA

Pas content non plus, LISEA, le concessionnaire, qui construit et va gérer pendant 30 ans la LGV Tours-Bordeaux  et qui a investi 4 milliards d'euros dans sa construction, soit la moitié de la note finale. Son président dénonce "le manque d'ambition de la SNCF". Selon lui, les propositions de Jean Auroux ne prennent pas en compte les attentes exprimés, et il se dit inquiet pour la réussite du projet.

"C'est une fréquence relativement faible qui est proposée, si vous comparez à des villes comme Nantes ou Lille. Ça ne crée pas les conditions pour mettre les gens dans le train. C'est la première fois qu'en ouvrant une ligne à grande vitesse, on ne propose pas plus de trains. Ce n'est pas seulement une histoire de rentabilité pour notre entreprise, cela concerne tout le territoire." — Laurent Cavrois, président de LISEA

"Ce n'est pas comme celà qu'on va inciter les gens à prendre le train"

Jean Auroux prévoit enfin "une clause de revoyure", c'est à dire de possibles ajustements après 18 mois d'exploitation.

Des propositions de dessertes de Bordeaux pas très bien accueillies