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Économie - Social

A la rencontre des petites mains qui fabriquent les chaussures Weston à Limoges

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Par , France Bleu Limousin

Il faut six à huit semaines pour fabriquer une paire de Weston. La célèbre marque, emblème du luxe à la française, a toujours sa manufacture à Limoges. Plus de 180 personnes y travaillent. Des petites mains au savoir-faire précieux.

Dans les coulisses du fabricant de chaussures limougeaud.
Dans les coulisses du fabricant de chaussures limougeaud. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Limoges, France

Créée en 1891 à Limoges, J.M. Weston est l'une des marques emblématiques du luxe à la française. Près de 100.000 paires de chaussures sortent chaque année de son usine limougeaude.

Près de 180 personnes y sont employées et mettent leur savoir-faire au service de la marque de chaussures. Il faut six à huit semaines pour qu'une paire de Richelieu, mocassins ou autre derbies sorte du lieu à destination des quatre coins du monde. 

Les chaussures JM Weston sont faites exclusivement en cuir de veau.  - Radio France
Les chaussures JM Weston sont faites exclusivement en cuir de veau. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Découper, coudre, teindre : le diable est dans les détails 

Dans les ateliers de J.M. Weston, les petites mains s'affairent. Pour réaliser une paire de la marque, c'est un véritable travail d’orfèvre qui débute entre les mains de Jean-Jacques, chargé de découper le cuir de veau. Certains le font via des machines, lui le fait encore à la main. "C'est un peu comme dans la couture, je prends un modèle, j'utilise la matière au maximum". Une paire sera fabriquée dans la même pièce de cuir pour s'assurer de l'aspect identique tant dans la qualité que dans la couleur de la matière. La pièce est d'ailleurs soigneusement inspectée avant son découpage. "On essaie de repérer un maximum d'éléments nuisibles à la qualité de la chaussure".

Avant de découper le cuir de veau, Jean-Jacques marque à l'aide d'une craie blanche toutes les impuretés ( marques, accrocs, veines) - Radio France
Avant de découper le cuir de veau, Jean-Jacques marque à l'aide d'une craie blanche toutes les impuretés ( marques, accrocs, veines) © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Vient ensuite le temps de l'assemblage et de la couture des différentes pièces de cuir. Certaines sont encore réalisées à la main sous les doigts de Daniel. "L'un des derniers à maîtriser encore cette technique" souligne Gilles Lapierre, le directeur de la manufacture. Avant même de coudre, Daniel assemble à la main les fils de soie avant de soigneusement relier les pièces de cuir et ainsi former une première ébauche de chaussure."Il faut bien garder la trajectoire, être régulier. Je mets environ deux heures pour un pied, il me faut donc quatre heures pour réaliser une paire" explique Daniel.

Daniel est l'un des derniers à savoir faire des coutures à la main. Il travaille près de 2 heures sur chaque chaussures.  - Radio France
Daniel est l'un des derniers à savoir faire des coutures à la main. Il travaille près de 2 heures sur chaque chaussures. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

D'autres coutures sont réalisées à l'aide de machines par celles que l'on appelle les "mécaniciennes en piqûre". C'est le cas de Maria. Elle vient apporter sa patte une fois ajoutée la doublure de la chaussure (son intérieur) : "Nous, on coupe la doublure qui dépasse et on pique en même temps" explique celle qui est employée chez J.M. Weston depuis plus de 20 ans. Elle l'avoue , elle ne s'ennuie jamais : "Il y a toujours de nouveaux modèles qui font que les tâches sont différentes. Automatiquement, on en apprend tous les jours !"

Maria est "mécanicienne en piqûre", comme Daniel elle réalise des coutures ... mais est aidée par une machine.  - Radio France
Maria est "mécanicienne en piqûre", comme Daniel elle réalise des coutures ... mais est aidée par une machine. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Un peu plus loin, de petits pots devant elle, Nabilla est assise à son poste. Son travail, très délicat, consiste à teindre les bords en cuir, précisément les bords de la doublure. Chez J.M. Weston, rien n'est laissé au hasard et on cultive l'art du détail.

Rien n'est laissé au hasard. Nabilla teint les bordures une fois les doublures cousues au dessus de la chaussure. - Radio France
Rien n'est laissé au hasard. Nabilla teint les bordures une fois les doublures cousues au dessus de la chaussure. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Quand le soulier prend forme

Dans la pièce voisine de la manufacture se joue une étape décisive. C'est entre les mains d'Alexis que la chaussure prend forme. Il guide sa machine pour étirer le cuir "Je viens la mettre en place, je vais monter le bout et en montant le bout, je vais centrer le modèle. C'est là où la chaussure va vraiment prendre forme, si elle est de travers, c'est ma faute" souligne-t-il.

Ses deux voisins plantent eux des petits clous pour que le cuir puisse se plier et prendre la forme voulue.  Cette étape est loin d'être un détail car en cas de raté irrattrapable, ce n'est pas uniquement la chaussure, mais l'ensemble de la paire, qui est vouée à être jetée.

Alexis est chargé d'étirer le cuir. Il place soigneusement la chaussure et contrôle la force de la machine. C'est sous ses mains que le soulier prend forme !  - Radio France
Alexis est chargé d'étirer le cuir. Il place soigneusement la chaussure et contrôle la force de la machine. C'est sous ses mains que le soulier prend forme ! © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Pied gauche, pied droit, la paire de chaussures Weston part ensuite entre les mains des cordonniers. Alexandre est arrivé il y a quatre ans. Il travaillait auparavant dans l'électricité. Désormais, il est chargé de coudre des semelles. "J'ai un chariot à côté de moi, avec vingt paires. Mon travail consiste à _faire la jonction entre la tige, la chaussures et la semelle._"

Alexandre est chargé de coudre les semelles. Il a découvert ce métier il y a 4 ans en intérim après une carrière dans l'électricité. - Radio France
Alexandre est chargé de coudre les semelles. Il a découvert ce métier il y a 4 ans en intérim après une carrière dans l'électricité. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Une fois les grosses étapes de fabrication achevées, les chaussures vont en "salle de bichonnage". Une salle qui porte bien son nom puisqu'on va y cajoler les petits souliers. Un premier test permet, grâce à un laser, de vérifier que tout est en ordre à l'intérieur (clous, coutures). Chaque soulier est ensuite ciré avant de trouver lacets à son pied. Dernière étape entre les mains de Josiane : "Je vérifie que tout est parfait avant de partir à l'emballage et à l'expédition" . Elle l'avoue bien volontiers, il y a une grande fierté à travailler pour cet emblème du luxe. "Je me mets à la place du client, là je vois qu'il a hâte de voir sa belle paire de chaussures Weston". 

Une paire maison nécessite au bas mot près de 180 étapes différentes, d'où le surnom donné au mocassin phare de la marque : "le 180". Depuis une dizaine d'années, J.M. Weston possède le label entreprise du patrimoine vivant, label qui récompense l'excellence du fabriqué en France.

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