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Économie – Social

Liquidation judiciaire d'AIM : les salariés de l'abattoir sont écœurés

lundi 9 juillet 2018 à 21:54 Par Aurore Jarnoux, France Bleu Cotentin et France Bleu

Les salariés de l'abattoir AIM, placé en liquidation judiciaire début juillet, se sont réunis en assemblée générale lundi midi à Sainte-Cécile, dans la Manche. Ils attendent, avec beaucoup d'appréhension, le comité d'entreprise de vendredi où sera discuté le plan de sauvegarde de l'emploi.

Environ 200 salariés se sont rassemblés ce lundi devant l'abattoir AIM de Sainte-Cécile.
Environ 200 salariés se sont rassemblés ce lundi devant l'abattoir AIM de Sainte-Cécile. © Radio France - Aurore Jarnoux

Ils sont environ 200 réunis dans la salle des fêtes de Sainte-Cécile, à quelques kilomètres de leur entreprise. Les visages sont graves. Les salariés de l'abattoir AIM n'ont toujours pas digéré la mise en liquidation judiciaire de leur entreprise la semaine dernière.

Des salariés tristes et en colère

Les salariés viennent rencontrer leur avocate pour parler du futur plan de sauvegarde de l'emploi, de leurs indemnités de licenciement, ou encore de la cellule de reclassement qui sera mise en place. Bref, de leur avenir.  Mais beaucoup n'arrivent toujours pas à comprendre comment leur société en est arrivée là.

AIM a en effet été reprise il y a trois ans, en 2015, par les salariés. Ils y croyaient, l'entreprise fonctionnait mais il y avait un gros manque de trésorerie. Et finalement, tout s'est arrêté samedi dernier. Chantal, chez AIM depuis onze ans, est sous le choc. "Je suis très émue, explique la salariée, les larmes aux yeux. J'y tenais à mon entreprise."

J'ai eu espoir jusqu'au dernier moment, je suis écœurée, j'ai de la haine ! " - Chantal, salariée depuis onze ans chez AIM

Les salariés en veulent aux élus, qui ne les ont pas soutenus selon eux. "Nos députés, nos sénateurs ou encore notre ministre de l'agriculture, n'ont rien fait, s'agace Maxime. Si on avait eu le soutien annoncé lors de la reprise, on n'en serait pas là"

Se battre jusqu'au bout

Les 235 salariés d'AIM ne comptent baisser les bras. Lors du comité d'entreprise qui se tiendra vendredi et qui décidera du plan de sauvegarde de l'emploi, ils ne vont rien lâcher. "Au-delà de la part financière, on veut un plan de formation, souligne Sébastien, représentant du personnel. Pour ceux qui n'ont pas le permis, essayer de leur trouver un financement et pour ceux qui ne savent pas lire ou écrire, les aider pour qu'ils retrouvent un emploi.

Cette liquidation va coûter un pognon de dingue" - Elise Brand, avocate des salariés

Selon l'avocate des salariés, la situation est incompréhensible. "Ça va coûter énormément d'argent à l'Etat, rappelle Elise Brand. Il va y avoir deux millions d'euros d'indemnités de licenciement sans compter tous les gens qui vont s'inscrire à Pôle Emploi." Selon elle, il aurait fallu que les autorités mettent "seulement" 300 000 euros sur la table pour sauver l'abattoir.