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Liquidation judiciaire d'une filiale de Presstalis : à Toulouse, "on ne s'attendait pas à ça"

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Par , France Bleu Occitanie

Les 70 salariés toulousains de la Société d'agences et de diffusion (SAD), filiale de Presstalis, se retrouvent sur le carreau après la liquidation judiciaire prononcée le 15 mai dernier par le tribunal de commerce de Paris. Et ont du mal à réaliser qu'ils ne distribueront plus de journaux.

Les présentoirs de journaux et de magazines français sont vides chez les buralistes depuis le 15 mai
Les présentoirs de journaux et de magazines français sont vides chez les buralistes depuis le 15 mai © Maxppp - Alexandre MARCHI

Cela fait maintenant trois semaines que les quotidiens nationaux comme Libération ou Le Figaro ne sont plus (ou quasiment plus) vendus chez vos marchands de journaux. Cela s'explique par la liquidation judiciaire d'une filiale du distributeur Presstalis : la Société d'agences et de diffusion (SAD). Cette liquidation judiciaire a été prononcée le 15 mai dernier par le tribunal de commerce de Paris.

"Je fais le tour des banques pour aider les gars" 

Conséquence :  512 collaborateurs sur une quinzaine de sites vont être licenciés, officiellement début juin, dont 70 salariés à Toulouse. L'annonce a été particulièrement violente nous raconte-t-on. "J'ai vécu six plans sociaux, on est passé de 7.000 à 1.000 personnes dans le groupe en dix ans, mais là ça a été très brutal. Il n'y a eu ni discussion ni accord", confie Philippe Legros, délégué SGLCE- CGT. "Après 30 ans ici, je vais aller chez Pôle Emploi et on est nombreux à avoir fait notre carrière au sein de cette boîte", confie un autre salarié qui a souhaité rester anonyme. 

En effet, si les ventes des journaux papiers baissent en kiosque, aucun employé ne pensait être laissé sur le carreau du jour au lendemain. Or c'est bien ce qui est arrivé ici. Des chauffeurs, des commerciaux... ou des manutentionnaires qui traitaient en moyenne 25.000 à 30 000 exemplaires de journaux quotidiennement, et qui se retrouvent sans rien et attendent que des indemnités soient versées par l'association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés. Ce qui a priori n'interviendra pas avant soixante jours.   

"Là mon objectif c'est d'essayer de sortir les gars de la mer**, dit Philippe Legros, parce que comment vont-ils faire sans salaire, avec leurs gosses et leurs loyers ? C'est ma priorité. Je passe ma vie au téléphone et leur dis : 'Prends ce document, va voir telle banque elle est plus souple qu'une autre etc.', je bosse sur ça. Après il faudra retrouver un emploi. Et après on pourra régler nos comptes..."

Vers des blocages en région toulousaine ?

Philippe Legros se dit ainsi prêt (comme d'autres salariés de la SAD le font déjà) à bloquer la distribution des journaux qui commence à reprendre via des distributeurs et des dépositaires indépendants. Pour essayer notamment de faire pression afin que les salariés soient reclassés. Car le délégué syndical ne croit pas à l'arrivée d'un sauveur. Les potentiels repreneurs ont jusqu'à ce jeudi, le 28 mai, pour faire une offre, mais selon nos informations aucune n'est sur la table. A Marseille, des salariés aimeraient monter une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) mais à Toulouse cela semble compliqué, notamment car les effectifs sont moins importants. 

"Une attaque contre le pluralisme"

Plus largement, selon un communiqué  de la CGT-SGLCE, qui réclame l'intervention des pouvoirs publics, c'est "une filière entière et 80.000 emplois qui pourraient s'effondrer". Dans un entretien à l'Humanité, Guillaume Dumoulin, délégué syndical de la SAD, membre du bureau du SGLCE-CGT explique : "Je pense que personne n’a mesuré, au-delà même de la profession, à quel point la démocratie était attaquée. Là, ce qui est en train de se passer, c’est qu’ils sont en train de tuer tous les petits, il ne va plus rester que les gros éditeurs. (...) Les magazines locaux n'ont aucune solution de repli pour se faire distribuer. Ils n’en ont pas les moyens. Ça va être un massacre industriel et économique sur tout le secteur. Si des titres meurent, les industries de labeur vont moins imprimer. Il va y avoir une vraie casse de l’emploi (...) C’est une vraie attaque contre le pluralisme." Et des éditeurs indépendants comme Le 1s’inquiètent en effet déjà de leur survie. 

La démocratie est attaquée (...) C'est une attaque contre le pluralisme. - G. Dumoulin de la, CGLCE-CGT 

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