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Retour des terrasses : les livreurs de repas enregistrent un tassement de l'activité

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Par , France Bleu Isère

On ne voyait plus qu'eux ou presque en ville lors des confinements et périodes de couvre-feu : alors que nous retrouvons les terrasses, les livreurs qui passent par les grandes plateformes internet commencent à sentir les commandes se tasser.

Livreurs en attente de commandes à Grenoble
Livreurs en attente de commandes à Grenoble © Radio France - Laurent Gallien

Pendant les confinements successifs et pendant les périodes de couvre-feu les livreurs à vélo, et de plus en plus souvent à scooter, des grandes plateformes de commandes de repas en ligne ont très largement occupé le bitume de nos villes. Puisqu'on ne pouvait plus aller au restaurant il fallait commander et la facilité de service qu'offrent ces plateformes a séduit bon nombre de nouveaux clients. Désormais que les terrasses nous sont à nouveau ouvertes, et que le couvre-feu est repoussé à 21 heures, nous avons tendance, et parfois très envie, de retourner déguster le repas là où il est préparé. Les livreurs grenoblois commencent à le sentir.

Un effet immédiat

"C'est normal, dit Mohammed, en attente à quelques encablures d'un fast-food, les gens en profitent : le soleil, la terrasse... Parce que ça fait longtemps qu'ils sont à la maison". Alors oui l'activité s'est "un peu" réduite. "Quand ça a rouvert, ouais ça c'est senti direct !", explique de son côté Riad, positionné non loin d'une supérette. Parce que, depuis avril 2020, Uber Eats et Deliveroo font aussi... les courses ! 

"Quand c'était confinement il y avait des commandes à tout va, explique Riad, maintenant il y en a de moins en moins [...] mais bon, il reste un peu de pain pour tout le monde". Loin des périodes fastes du confinement - où Riad concède qu'il a pu faire jusqu'à 200 euros par jour de recette - le pain risque tout de même de manquer, au fur-et-à-mesure que nous allons aussi retrouver ensuite les repas en salle.   

Une tendance durable ?

Cette légère baisse des commandes par livreur se sent sans doute plus dans les restaurants traditionnels qui s'étaient dirigés vers ce mode de "cliquez-emportez" que dans les fast-foods dont les clients sont peut-être plus coutumiers de ce mode de livraison : hamburgers, kebabs, tacos, pizzas... Selon une gérante de kebab, il est bien compliqué pour l'instant de dire si la "très légère baisse" constatée depuis le 19 mai est un effet du seul retour des terrasses. Les grands week-ends de l'Ascension et de Pentecôte, qui ont eu tendance à "vider" la ville, y sont peut-être aussi pour quelque chose. La livraison sur le pouce est tout de même désormais bien ancrée dans les habitudes.

Un risque accru de précarité

Une des grandes questions d'un tassement du marché reste celle des livreurs eux-mêmes. A Grenoble, nous avons rencontré parmi eux une majorité de réfugiés étrangers, ne parlant pas toujours bien le français, voire pas du tout. Pour eux, livreur est souvent le seul travail auquel ils ont eu accès. Pour gagner "cinquante, quarante-cinq euros par jour, quand tout va bien. Vingt, quand c'est moins bien". 

Un salaire qui dépend beaucoup de votre agilité et de votre rapidité. Il y en a aussi pour qui c'est quasiment de la survie. Comme pour ce trentenaire originaire "du Baloutchistan" (province du Pakistan qui, dans ses frontières historiques, déborde sur l'Afghanistan et l'Iran), qui confesse travailler "au noir", "pour quelqu'un", parce qu'il n'a pas de papiers. Il redoute avec encore plus d'inquiétudes la perspective d'une baisse des commandes.  

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