Économie – Social

Loi travail adoptée, mais contestation indomptée : nouvelle manifestation ce jeudi à Dijon

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne mercredi 14 septembre 2016 à 18:09

La Bourse du travail à Dijon
La Bourse du travail à Dijon © Radio France - Jacky Page

C'est la rentrée syndicale avec dans tout le pays la reprise de l'agitation autour de la loi travail ce jeudi 15 septembre 2016. Une manifestation est prévue place de la Libération à Dijon.

Avant la nouvelle manifestation, plusieurs représentants de l'intersyndicale ont reçu les journalistes à la Bourse du travail à Dijon. La loi contestée est passée en force cet été, à coups d'article 49-3 auquel un exécutif inflexible a eu recours à trois reprises. Toutefois, les organisations syndicales conservent l'espoir d'empêcher l'application de la réforme, en évoquant un antécédent : le CPE, contrat première embauche, loi promulguée en 2006, mais jamais appliquée, sous la pression des manifestations. Aleth Poupon, secrétaire générale de l’Union locale CGT juge que cette loi n’a aucune légitimité. « Elle est rejetée par 70% des Français, et a rassemblé contre elle 1,3 millions de signatures sur une pétition en ligne. Il ne faut pas que cette loi franchisse le seuil des entreprises ».

« En facilitant les licenciements, la loi va accentuer le chômage »

Elie Lambert, secrétaire de l'Union syndicale solidaires de Côte-d'Or, ne croit pas un seul instant que cette réforme, présentée comme créatrice d’emplois, puisse atteindre cet objectif, bien au contraire. « En facilitant les licenciements, elle va accentuer le chômage ». Et il prend pour exemple l’entreprise Patiprestige à Sennecey-lès-Dijon, vouée à la fermeture avec 82 emplois sacrifiés, parce que la direction invoque une baisse de chiffre d’affaires. Baisse organisée, dénonce Elie Lambert, puisque le groupe Hafner a sciemment privilégié les activités d’un autre site, en Savoie, au détriment de l’usine côte-d’orienne. «C’est une application de ce qui se trouve dans la loi travail, qui facilite les plans sociaux en cas de baisse de chiffre d’affaires ».

Pour la FSU, son co-secrétaire départemental Fabian Clément, affirme que « les agents de la fonction publique auraient bien tort de se croire à l’abri de cette régression sociale ». Car s’ils sont régis par le Code de la fonction publique, certaines dispositions découlent du Code du travail « et on sait comment certains politiques font la chasse aux différences entre secteur privé et secteur public ».

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, appelle à manifester ce jeudi après-midi à 14h30 place de la Libération à Dijon. Ce sera la 14ème journée nationale d’action contre la loi travail.