Économie – Social

Loi Travail : ambiance tendue à Paris et mobilisation en baisse pour la 11e journée d'action

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 28 juin 2016 à 17:11 Mis à jour le mardi 28 juin 2016 à 18:07

Le cortège parisien contre la loi Travail, le 28 juin
Le cortège parisien contre la loi Travail, le 28 juin - MaxPPP

Plusieurs dizaines de milliers d'opposants à la loi travail ont une nouvelle fois manifesté mardi, jour de vote de la loi Travail au Sénat. La manifestation à Paris a connu échauffourées et interpellations, et rassemblé moins de monde que la précédente.

Entre 64.000 personnes selon la police et près de 200.000 selon les syndicats ont défilé mardi en France et notamment à Paris pour une 11e journée d'action nationale contre le projet de loi Travail, voté ce jour au Sénat avant de retourner devant les députés. Ce chiffre est en repli par rapport à la semaine dernière.

Une nouvelle journée annoncée

Après avoir menacé la semaine dernière d'interdire toute nouvelle manifestation risquant de dégénérer en affrontements à Paris, le gouvernement avait autorisé un défilé sur un itinéraire court mais proposé par la CGT, Force ouvrière et cinq autres organisations syndicales et de jeunesse. Environ 200 personnes encagoulées, masquées et habillées de noir s'étaient glissées devant la tête de cortège, lançant des pavés sur les forces de l'ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogène. 81 personnes ont été interpellées dont 39 à Paris selon les autorités.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a annoncé dans la foulée une nouvelle journée de mobilisation pour le 5 juillet, c'est-à-dire mardi prochain. C'est le jour de début de discussion du texte à l'Assemblée, après son vote au Sénat.

Reprise du dialogue ? 

Si Manuel Valls a fait un pas lundi en acceptant de recevoir mercredi et jeudi les organisations syndicales et patronales, Matignon a prévenu qu'il n'était pas question pour autant d'ouvrir des "négociations" sur le texte. Le gouvernement a toujours dit qu'il ne reviendrait pas sur l'article 2, qui concentre les critiques des opposants en instaurant la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche en matière de temps de travail. Cette fermeté est approuvée par Laurent Berger, leader de la CFDT, pour qui un recul du gouvernement serait une "profonde erreur" et la CFDT, principal soutien du projet, serait alors "en travers de la route".

Des manifestations avaient lieu également en régions mardi, notamment à Marseille, Lyon, Grenoble, Rennes, Le Havre, NantesStrasbourg ou Toulouse. A Paris, la Tour Eiffel a été fermée au public pour la journée.