Économie – Social

Loi travail saison 2, épisode 1 : 2.500 manifestants à Orléans

Par Anne Oger, France Bleu Orléans mardi 12 septembre 2017 à 15:53

Environ 2500 personnes ont répondu à l'appel de la CGT, Solidaires et la FSU
Environ 2500 personnes ont répondu à l'appel de la CGT, Solidaires et la FSU © Radio France - Anne Oger

C'était le premier acte de la mobilisation contre les ordonnances de la loi Travail ce mardi, celle du gouvernement Edouard Philippe, promise par le Président de la République Emmanuel Macron. Plus de 3.000 personnes ont manifesté dans le Loiret à l'appel de la CGT, Solidaires et la FSU

"Ah bah t'es venu, espèce de fainéant ?" C'était la blague du jour, dans le cortège orléanais, ce mardi 12 septembre, première journée de mobilisation contre la loi Travail. Référence amère aux déclarations d'Emmanuel Macron, le Président de la République qui la semaine dernière avait assuré qu'il ne "céderait ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" sur ce projet. Des déclarations qui avaient soulevé la colère des opposants à cette loi Travail. Rien d'étonnant alors à ce que cette phrase fasse sensation dans le cortège et qu'elle soit reprise sur tous les tons.

On pourra se faire virer pour des broutilles, sous n'importe quel prétexte"

Le projet des cinq ordonnances "pour le renforcement du dialogue social", que le gouvernement compte publier dès la fin septembre, cristallise les inquiétudes. Celle de David, par exemple, salarié en CDI chez XPO logistique à Saint Jean de Braye. Ce qui le préoccupe, c'est la facilité donnée aux chefs d'entreprise de pouvoir licencier. "On peut maintenant se faire virer pour des broutilles, sous n'importe quel prétexte".

David, salarié chez XPO Logistics à Saint Jean de Braye

Pour la CGT c'est la grève dans les entreprises qui pèsera

La CGT, qui avait appelé à manifester, revendique près de 4.000 personnes dans les rues d'Orléans (la police en compte un peu moins de 2500), 350 à Montargis et Gien, une centaine à Pithiviers. "C'est un succès, mais ce qui va peser, c'est le taux de grévistes dans les entreprises, les salariés doivent réagir" confie Aurélio Ramiro, le secrétaire départemental de la CGT dans le Loiret. "Notre mission c'est d'expliquer cette loi, les ordonnances sont sorties il y a seulement quinze jours, les salariés ne la connaissent pas, après je pense qu'ils vont réagir à la hauteur des enjeux".

Dans le cortège également une centaine de militants de Force ouvrière, même si le secrétaire national du syndicat Jean-Claude Mailly n'avait pas appelé à manifester. "Pour nous c'est logique d'être là" expliquer Loïc Barboux, délégué FO chez Pôle Emploi en région Centre Val de Loire. "Cette loi c'est une première étape, on nous cite le modèle allemand, mais on oublie que derrière il y a des boulots à 450 euros par mois, le temps de l'esclavage est révolu. Alors c'est vrai qu'il n'y a pas encore ça dans cette loi, mais ce sont les prémices, les entreprises gagnent beaucoup de flexibilité, les salariés pas grand-chose".

Loic Barboux délégué régional Force Ouvrière chez Pôle Emploi

On a besoin de nous c'est clair, la directrice et les institutrices toutes seules vont beaucoup peiner. Et puis on aurait pu nous prévenir plus tôt" - Sandrine employée de vie scolaire

Parmi les manifestants, beaucoup de fonctionnaires et de salariés d'entreprises publiques, ceux du privé ne sont pas très nombreux. Ou de personnes en contrats aidées, venues exprimer leur inquiétude, comme Sandrine. Elle est employée de vie scolaire à l'école Jules Ferry de Fleury-les-Aubrais. Elle aide la directrice de l'école dans ses tâches quotidiennes. Embauchée il y a un an sur un contrat aidé normalement renouvelable une fois, elle devra sans doute partir le 15 novembre prochain, en tout cas c'est ce qu'on lui a annoncé. Rien à voir avec la loi Travail, c'est vrai, mais c'est un autre aspect de ce qui inquiète les syndicats.