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CARTE - Canicule : neuf départements en vigilance rouge, 53 en orange

Mal-logement : la maison de Claudine est aussi humide qu'une forêt tropicale

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Par , France Bleu Poitou

Un Français sur cinq est touché par la crise du logement, selon le dernier rapport de la Fondation Abbé-Pierre dévoilé ce jeudi. Passoire énergétique, murs fissurés, invasion d'insectes, une locataire vivant près de Poitiers témoigne de ses difficultés.

Des traces de moisissures dans la maison de Claudine à Chasseneuil-du-Poitou
Des traces de moisissures dans la maison de Claudine à Chasseneuil-du-Poitou © Radio France - Claudine

Quatre millions de personnes mal logées, 143.000 vivant à la rue, et un nombre record d'expulsions locatives... Le 25e rapport de la Fondation Abbé-Pierre sur le mal-logement dresse ce jeudi un état des lieux alarmant de la précarité en France. Le cas de Claudine, qui habite Chasseneuil-du-Poitou, illustre la détresse de nombreux locataires.

"Le taux d'humidité atteint 85% ! C'est inadmissible ! Cette maison n'est pas isolée. Dans la chambre, dans la cuisine, la salle de bains, il y a de la moisissure partout. Et l'humidité attire les bêtes. J'ai une invasion de souris, de fourmis et de mille-pattes" 

Dans sa maisonnette d'une trentaine de mètre carrés qu'elle loue pour un loyer mensuel de 387 euros, Claudine raconte vivre un calvaire depuis son emménagement en mai 2018. Des experts ont reconnu que le taux d'humidité dans son logement était très élevé. Une situation qui n'est pas sans conséquence sur sa santé déjà fragile. "J'ai peur pour moi, j'ai déjà une spondylarthrite ankylosante et un psoriasis rhumatisme."

"Le propriétaire ne se soucie que de l'argent, la santé des gens, il n'en a rien à faire"

Claudine réclame en vain depuis plus d'un an des travaux d'isolation à son propriétaire. "Il m'a répondu - vous avez qu'à partir, je peux rien faire pour vous et il m'a raccroché au nez !" Contacté par France Bleu Poitou, le propriétaire septuagénaire se défend d'avoir mis en location un logement insalubre. 

Alerté par la mairie, il indique avoir installé une pompe à chaleur et un déshumidificateur. "Le souci c'est que cette locataire a bouché l'aération de la VMC pourtant dernier cri... Elle a tous les éléments pour être dans le confort mais elle ne s'en sert pas." 

"Le cas le plus fréquent de mal-logement c'est la passoire énergétique!"

En attendant la venue d'experts de l'Agence régionale de Santé, Claudine a saisit l'Adil, l'Agence départementale d'information sur le logement. "Le problème de mauvaise isolation est très préoccupant parce que les gens vont s'endetter pour se chauffer, ou alors qu'ils vont renoncer à se chauffer, avec des cas extrêmes de toits qui n'ont d'étanche que le nom ou de logements ouverts à tous les vents car les huisseries sont mortes", explique Ghislain Delaroche, le directeur de l'Adil 86.

"Très souvent il y a un sentiment de honte chez les locataires victimes de mal-logement. On ne reçoit plus les copains et les copines de ses enfants le soir après l'école, on ne reçoit plus sa famille, on ne reçoit plus ses amis,  et cela va jusqu'à la perte de ses vêtements et l'impossibilité de conserver des livres qui pourrissent à cause de l'humidité"

"Le logement indigne, c'est soit la non-décence, c'est-à-dire que le propriétaire lui-même ne pourrait pas, ne voudrait pas habiter dans le logement, et l'insalubrité, là, c'est le fait de mettre en cause la santé des occupants", rappelle Ghislain Delaroche, qui précise avoir reçu huit signalements de mal-logement depuis début janvier 2020, soit la moitié de la totalité des cas recensés en 2019. L'Adil représentant 10% des signalements de logements insalubres.

Certains locataires renforcent parfois malgré eux l'impunité des propriétaires en quittant le logement sans faire valoir leurs droits. "Et le propriétaire va prendre quelqu'un d'autre au mois de mai, de juin ou juillet, quand il fait beau... Puis au mois d'octobre ou novembre, les champignons vont pousser."

Membre du Pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne, Ghislain Delaroche recommande aux locataires et aux propriétaires parfois aussi confrontés au mal-logement d'alerter sans tarder sur leur situation, en passant par un travailleur social, l'ARS ou encore en contactant le numéro vert, le 0807 706 806.

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