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Économie – Social

Malaise à l'Opéra de Dijon : des employés dénoncent leurs conditions de travail

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Par , France Bleu Bourgogne

Que se passe t-il dans les coulisses de l'Opéra de Dijon ? Loin des paillettes et des lumières du spectacle, des salariés et des anciens salariés dénoncent leurs conditions de travail et les pressions qu'ils subissent au quotidien. Entre 2016 et 2018, un quart des effectifs a quitté l'Opéra.

L'opéra de Dijon
L'opéra de Dijon © Radio France - Marion Bargiacchi

Dijon, France

"Humiliation", "pressions", "incompétence" sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche de ces hommes et ces femmes qui travaillent ou ont travaillé récemment à l'Opéra de Dijon. Entre 2016 et 2018, sans compter les départs de ceux qui avaient pris par exemple un job étudiant, une vingtaine de personnes ont quitté l'Opéra, soit parce qu'elles ont démissionné, soit parce qu'elles ont été licenciées, soit parce qu'elles ont signé une rupture conventionnelle de contrat. Des départs qui représentent un quart des effectifs de l'établissement, et qui auraient coûté d'après nos informations, plus de 500 000 euros. Concernant ce nombre de départs, le directeur de l'Opéra Laurent Joyeux affirme que "c'est normal que ça bouge dans le milieu de la culture, ce n'est rien que de très classique." 

Celles et ceux qui ont accepté de témoigner préfèrent rester anonymes, par peur d'être reconnus. Les témoignages viennent de tous les services: le choeur, le secrétariat général, l'administration, la direction technique. Certains sont cadres, d'autres ont décroché leur premier poste à l'Opéra. Ils sont restés trois ans, cinq ans, treize ans, ou y travaillent encore. Et si leurs parcours et les motifs de leur départs sont différents, ils racontent tous la même histoire : celle d'un Opéra où les choix artistiques passent avant les relations humaines et sociales. 

A l'Opéra c'est la culture du mépris 

Et c'est la direction dans son ensemble qui est mise en cause. "On ne dit pas bonjour, ni au revoir, ni merci aux salariés, raconte une ancienne employée, la direction générale est dans une tour d'ivoire, complètement déconnectée." Certains racontent des humiliations en réunion, affirment que leur chef de service s'approprie régulièrement leur travail, qu'on leur reproche de ne pas avoir certaines compétences qui n'entrent pourtant pas dans leurs missions. "Je voyais bien qu'il y avait plein de départs, mais on ne savait jamais trop pourquoi, c'était toujours très flou explique cette Dijonnaise qui a choisi une rupture conventionnelle de contrat, j'ai fini par ouvrir les yeux et je suis partie avant de sombrer." 

Tous dénoncent un manque de valorisation du travail des équipes. "On travaille à flux tendu, on doit être très réactifs, sauf que les informations ne sont communiquées qu'à moitié et à la dernière minute, ce qui mécaniquement met les équipes en difficulté" témoigne une salariée licenciée. "Leur manque de compétences nous met en danger" s'énerve un salarié.

Des procédures en cours

Au moins deux dossiers sont actuellement traités par le conseil des prud'hommes. Une audience pour contester un licenciement a d'ailleurs eu lieu ce lundi à Dijon. "Je ne suis donc pas très surpris que ces anciennes salariées vous aient contacté, explique Laurent Joyeux, mais je suis _assez dépité qu'on puisse parler de souffrance au travail à l'Opéra_. En dehors de ces situations individuelles, de personnes qui sont en conflit avec la maison, cette question n'est jamais remontée dans les instances du personnel. Il n'y a pas eu de remontées de la part de la médecine du travail, ni de courrier direct auprès des RH de l'Opéra." Le directeur de l'opéra de Dijon qui a assisté ce lundi à l'audience qui s'est tenue.

Pourtant ils sont plusieurs à raconter leurs visites à la médecine du travail, et à dire qu'ils ont récemment conseillé à leurs collègues d'aller consulter. "Le médecin m'a même dit "bonjour l'ambiance !" quand je lui ai raconté ce qui se passe", affirme cet homme qui travaille toujours à l'Opéra. D'autres évoquent un courrier de la médecine du travail qui aurait été envoyé à la Ville de Dijon au printemps dernier. 

Simples tensions ou problème plus profond ? 

Le directeur de l'Opéra Laurent Joyeux reconnaît qu'il y a "des tensions au sein de certaines équipes à cause de charges de travail qui sont très importantes en raison d'une _programmation très dense_." Mais les salariés décrivent "un climat de peur, une politique du diviser pour mieux règner." 

"C'est le fait du prince, la cour de Louis XIV", s'agace une ancienne salariée, il y a des préférences, telle personne par rapport à telle autre". Ils parlent tous de "copinage" et de "problèmes de personnalité". "Quand on commence à se plaindre, on est ejecté du système, ajoute une autre qui décrit un management à l'affectif." 

La mairie de Dijon, qui a financé l'Opéra à hauteur de 6 670 000 euros en 2018 (soit plus de 60% du budget de fonctionnement), se refuse à tout commentaire sur le sujet tant que des procédures sont en cours. 

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