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Économie – Social

Manche : face à la pénurie de pêcheurs, les armateurs recrutent sur le continent africain

lundi 30 avril 2018 à 5:06 Par Olivia Cohen, France Bleu Cotentin

Dans la Manche, du côté de Barfleur et de Saint-Vaast-la-Hougue, recruter des pêcheurs est une vraie galère. Les armateurs sont obligés d'aller chercher leurs matelots de plus en plus loin et notamment en Afrique. Ces expatriés font désormais partie du paysage économique local.

Comme tant d'autres, Salif est venu du Sénégal pour devenir pêcheur à Barfleur dans la Manche
Comme tant d'autres, Salif est venu du Sénégal pour devenir pêcheur à Barfleur dans la Manche © Radio France - Olivia Cohen

Manche, France

Dans la Manche, il devient de plus en plus compliqué de recruter des pêcheurs. Les armateurs sont obligés d'aller chercher leurs matelots de plus en plus loin et notamment en Afrique.

Reportage avec les pêcheurs de Barfleur à réécouter | Auteur : Olivia Cohen

Alain Rigault, pêcheur à la retraite et ancien président du comité local de pêche de l'Est Cotentin, le confirme : ces expatriés africains sont de plus en plus nombreux dans les équipages et sur les quais de Saint-Vaast-la-Hougue et Barfleur. Pour lui, peu importe, ce sont des travailleurs comme les autres :

L'essentiel, c'est d'avoir un gars qui veut travailler et puis c'est en train de rentrer dans les mœurs !

Un cas représentatif : Salif est arrivé à Barfleur il y a une semaine. Originaire du Sénégal après avoir travaillé en Espagne, Salif est pêcheur depuis trois ans. Il n'est pas le seul dans ce cas : avec des compatriotes, ils se sont installés en colocation dans une grande maison pas très loin du port : 

Parce que nous, on veut travailler en mer. Il y a ceux qui préfèrent travailler dans la restauration par exemple et ceux qui aiment travailler en mer. 

Pêcheur, pour lui, c'est un bon métier : 

C'est un peu difficile, mais avec le temps, plus tu pratiques, moins c'est difficile ! 

Visiblement, les Manchois ne sont pas de cet avis. Son collègue Antoine voit bien que le job ne fait plus rêver :

On a mis une annonce pour dire qu'on avait besoin de quelqu'un, on a eu zéro réponse ! Seuls des Sénégalais ont postulé !

Travailler de nuit sous la pluie en décourage plus d'un. Antoine, lui, est habitué : "Je suis fils de pêcheur, j'ai ça dans le sang." Quant à la paye irrégulière, il faut juste être un peu organisé : "On est payé à la fin du mois en fonction de la quantité pêchée. Avec l'expérience, on sait qu'il y a certains moins plus difficiles que d'autres, donc on met de côté en prévision."

C'est sûr maintenant, les armateurs et les patrons de bateau doivent compter sur des gens comme Salif pour maintenir leur activité.

Les armateurs sont obligés d'aller chercher leurs matelots de plus en plus loin et notamment en Afrique - Radio France
Les armateurs sont obligés d'aller chercher leurs matelots de plus en plus loin et notamment en Afrique © Radio France - Olivia Cohen