Économie – Social

Manifestation contre la loi travail à Grenoble : plus de monde et des dégâts

Par Laurent Gallien, France Bleu Isère jeudi 31 mars 2016 à 14:39

Le départ de la manifestation grenobloise
Le départ de la manifestation grenobloise © Radio France - Laurent Gallien

25 000 ou 7000 ? C'est l'habituelle guerre des chiffres entre police et syndicats. Nous retiendrons qu'il y avait plus de monde à Grenoble ce jeudi que le 9 mars dernier et que le ton monte aussi chez les manifestants les plus mal intentionnés.

Selon nos propres estimations France Bleu Isère, il y avait environ 8 000 manifestants ce jeudi dans les rues de Grenoble contre le projet de loi travail, contre environ 5 000 le 9 mars dernier. Rapidement, en effet, dans le cortège, il est possible de trouver des personnes n'ayant pas manifesté la dernière fois. Mathieu, 32 ans, éducateur, explique : "La dernière fois je ne pouvais pas, mais là on est solidaires. Celle-là je voulais en faire partie." Un peu plus loin dans la manifestation Faouzi aussi reconnait que "Non c'est la première (pour lui). Parce que les autres d'une il n'y avait pas grand monde et de deux je voulais être là dans la grande manifestation". Garder des forces, en quelque sorte...

Dans la manifestation grenobloise - Radio France
Dans la manifestation grenobloise © Radio France - Laurent Gallien

Chez les lycéens "Au cul... au cul... aucune hésitation..."

Les syndicats devant et les jeunes derrière. C'était l'ordre du cortège grenoblois, avec côté lycée notamment l'établissement des Eaux-Claires, très représenté. Dans d'autres établissements, à peine une vingtaine de lycéens ont rejoint la manifestation. Mais comme d'habitude, c'est là qu'on pouvait trouver plus d'énergie en matière de chansons, même si c'est le très classique  "Ta réforme tu sais où on s'la met..." qui a encore la cote.

La loi travail... mais pas que !

Pour la plupart de ces manifestants, le projet de Loi El Khomri ne doit pas être amendé mais retiré. Mais ce n'est pas le seul problème. "Je milite pour un changement de société" dit Françoise. " Je pense que tout est à revoir, la politique, l'éducation, la culture..." dit Mathieu. "Créez des coopératives ouvrières partout où c'est possible" exhorte la sono des jeunes CGT.
Lynda Bensella, secrétaire départementale de la CGT résume bien le sentiment profond de beaucoup de manifestants :  "Les politiques d'austérité, les déremboursements de médicaments, les fermetures de lignes SNCF, la fermeture des bureaux de Poste, le temps d'attente aux hôpitaux, les conditions de travail qui deviennent de plus en plus difficiles, l'accélération des rythmes de travail, la peur du chômage. Voilà ça suffit ! Il y en a marre ! Il faut que les choses prennent un autre sens. C'est ça que les gens sont venus dire. La loi travail ça cristallise. Mais stop ! On change de chemin !"

Le drapeau rouge des jeunes communistes - Radio France
Le drapeau rouge des jeunes communistes © Radio France - Laurent Gallien

Et des bris de vitrines

Un cortège qui n'a pas échappé non plus, et c'est classique, aux anarchistes. Avec écharpes ou cagoules souvent pour masquer les visages, et caddie "infirmerie", l'incontournable jus de citron, remède au gaz lacrymogène. C'est de ce coin là de la manifestation que sont venues les attaques à coup de peinture (dans le meilleur des cas), de tournevis et de marteaux contre des vitrines de banques et agences immobilières. Cours Berriat en particulier. Sur le trajet de la manifestation, les arrêts de bus ont également été copieusement tagués, ainsi que les murs et vitres des locaux de l'antenne locale de la région Auvergne Rhône-Alpes. Devant la préfecture et le siège de l'agglomération grenobloise, quelques projectiles ont également volé en direction des forces de l'ordre.

Des dégâts, Cours Berriat et Rue Malakoff - Radio France
Des dégâts, Cours Berriat et Rue Malakoff © Radio France - Laurent Gallien
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