Économie – Social

Manifestation de salariés chez LafargeHolcim contre 100 suppressions de postes en Isère

Par Céline Loizeau, France Bleu Isère jeudi 1 décembre 2016 à 17:26

Ce plan a été présenté en septembre. En raison de manquements, LafargeHolcim a dû le retirer le 10 novembre. Pour le relancer le 28 novembre.
Ce plan a été présenté en septembre. En raison de manquements, LafargeHolcim a dû le retirer le 10 novembre. Pour le relancer le 28 novembre. © Radio France - Céline Loizeau

Quasiment 3 mois après l'annonce d'un nouveau plan social, ce jeudi midi, quelque 120 salariés de Lafarge-Holcim à Saint-Quentin-Fallavier ont manifesté. Ce plan prévoit la suppression de 100 postes sur un site qui emploie aujourd'hui 450 personnes.

L+H = -100, autrement dit le mariage entre l'ex géant français du ciment Lafarge et le Suisse Holcim se traduit par la suppression de 100 postes sur le site de Saint-Quentin-Fallavier. Quasiment 3 mois après l'annonce de ce plan, le 3e au niveau national depuis la fusion à l'été 2015, certains salariés ont décidé de sortir du silence. "Avant, avec Lafarge, il y avait un dialogue social; là, on ne nous écoute pas. On a conscience qu'on ne donne pas la plus belle image du groupe, mais c'est aussi ça l'image du groupe", confie un représentant syndical.

Deux entités sur trois impactées

Devant l'usine, ces salariés ont disposé sur des croix en bois 100 gilets jaunes. 100 comme autant de postes qui devraient être supprimés d'ici quelques mois sur ce site de 450 salariés. 2 des 3 activités sont concernées : la maintenance des usines ainsi que le développement de nouvelles unités de production. Le centre de recherche n'est pas impacté, mais selon plusieurs personnes, le fait d'affaiblir les 2 autres entités du site nord-isérois va fragiliser ce centre de recherche.

C'est à la mi-journée que quelque 120 salariés ont manifesté. - Radio France
C'est à la mi-journée que quelque 120 salariés ont manifesté. © Radio France - Céline Loizeau

La direction réfute toute volonté de satisfaire les actionnaires, les salariés n'y croient pas

Aujourd'hui, les salariés espèrent que la direction reviendra sur ce choix, car le site et le groupe ne font pas face à de grosses difficultés économiques. Ici, il y a du travail pour ces ingénieurs, ces techniciens, ces cadres, qui contribuent grandement au développement des sites de production implantés dans de nombreux pays (90 pour un total de 100.000 salariés). La direction, elle, réfute toute logique financière pour satisfaire les actionnaires. Pour elle, cette réorganisation est motivée par la volonté du groupe d'être plus compétitif, un groupe qui "doit s'adapter à la concurrence, aux conditions économiques". LafargeHolcim souhaite aussi rapprocher le support technique - spécificité du site de Saint-Quentin - des différentes régions où elle est implantée à l'échelle de la planète.

Les explications de Jacques Glemarec, qui dirige le site de Saint-Quentin-Fallavier, lors de l'interview accordée à France Bleu fin octobre.

Selon les représentants syndicaux, Lafarge-Holcim va passer par de la sous-traitance avec à la clé une perte du savoir-faire pour le groupe. Pour eux, ce plan, ajouté aux 610 autres postes déjà supprimés depuis début 2016 en France, c'est tout simplement le démantèlement de l'ex champion français Lafarge qui est lancé. A Saint-Quentin-Fallavier, les salariés comptent bien se battre pour que la direction revoit sa copie. Ils ont deux mois pour négocier. En cas d'échec, le plan de départs volontaires pourrait être ouvert début février, avec ensuite des reclassements notamment à l'étranger, puis sans doute des licenciements secs à partir de début avril.

Reportage ce jeudi 1er décembre, devant le site LafargeHolcim de Saint-Quentin-Fallavier.

Partager sur :