Économie – Social

Manifestation des chauffeurs de taxis à Bordeaux : "On ira jusqu'au bout"

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde mardi 26 janvier 2016 à 20:25

Le vote des chauffeurs de taxi: aller à Paris ou continuer le blocus à Bordeaux
Le vote des chauffeurs de taxi: aller à Paris ou continuer le blocus à Bordeaux © Radio France - Rebecca Gil

Ils étaient plus de 300 taxis rassemblés à Bordeaux depuis 6h30 ce mardi matin, bien décidés à en découdre. Les annonces de Manuel Valls et de Simon Bertoux le directeur de cabinet du préfet de Gironde ne les ont pas convaincus, loin de là. Ils restent mobilisés.

Aller à Paris renforcer la délégation d'environ 70 chauffeurs de taxi Bordelaise, renforcer les rangs des chauffeurs Toulousains qui bloquent l'aéroport de Blagnac ou continuer le blocus à Bordeaux ? C'est la question que se posaient ce mardi soir les chauffeurs de taxi réunis à Bordeaux. Ils étaient plus de 300 réunis devant la préfecture en attente d'une annonce concrète de la part de Simon Bertoux, le directeur de cabinet du préfet de Gironde et du commissaire divisionnaire qui ont reçu une délégation intersyndicale. Ils n'ont obtenu qu'une promesse de renforcement des contrôles, et un nouveau rendez-vous prévu d'ici un mois et demi.

Un dossier contre Uber

La réunion en préfecture, bien que cordiale, a été un moyen pour les syndicalistes de prouver une fois de plus l'illégalité d'Uber, qu'ils entendent faire interdire. Nadège Roy, présidente du syndicat autonome des artisans taxis de la Gironde et vice-présidente du syndicat au niveau national et Robert Karna, président du syndicat taxi club de Gironde ne sont pas venus les mains vides. Ils ont préparer tout un dossier, monté contre Uber depuis des mois, preuves à l'appui. Des témoignages, mais aussi des photocopies de contrats de travailleurs sans qualification. De quoi faire avancer selon eux l'enquête menée par le Procureur de la République.

Faut arrêter de nous enfumer ! Le gouvernement doit prendre ses responsabilités maintenant.

— Stéphanie, chauffeur de taxi Bordelaise

Loin de calmer leur exaspération, ces annonces n'ont fait que la renforcer. "C'est de la poudre aux yeux, c'est bien mignon les petites décisions dans les villes de province. C'est du foutage de gueule ! Ça fait deux ans que la loi Thévenoud a été votée ! On va peut-être monter à Paris, soutenir les collègues, on n'a pas le choix, il faut y aller ! On va tout perdre, notre droit de travailler, nos clients, notre licence, tout ça parce que le gouvernement est dans l'immobilisme complet. Ils ne prennent pas de décisions, ils tergiversent, il y en a marre. Il va falloir que le gouvernement prenne ses responsabilités, et prenne des décisions fermes et définitives" assène Stéphanie. 

"Faut arrêter de nous enfumer", Stéphanie chauffeur de taxi Bordelaise

On ne nous parle que de négociations, mais ça fait combien de temps qu'on négocie !

— Stéphane, chauffeur de taxi Bordelais

Même écho du côté de Stéphane : "il n'y aurait pas besoin de médiation si la loi Thévenoud était appliquée. On ne fait que perdre du temps, on laisse grandir la colère chez les gens, ce n'est pas honnête. Il n'y a aucune réponse, on ne nous parle que de négociations mais ça fait combien de temps qu'on négocie ! Même si on est pacifique (contrairement à leurs collègues parisiens, ndlr) on a des crédits, des charges, des TVA à payer... On ne peut pas se permettre de laisser monter en puissance des entreprises et leur laisser faire tout ce qu'elles veulent. Le problème, c'est que les pouvoirs publics ne font rien !"  Et il n'est pas le seul à remettre en cause les pouvoirs publics et les forces de l'ordre, qui restent inactives selon eux. 

"Ils laissent la colère monter chez les gens", Stéphane taxi Bordelais

La colère des taxis Bordelais en affiche - Radio France
La colère des taxis Bordelais en affiche © Radio France - Rebecca Gil

Ce mardi soir, aucune décision n'a été prise en ce qui concerne le suivi du mouvement. Une réunion de l'intersyndicale se tiendra ce mercredi à matin pour en décider. Des mouvements tels que la gratuité pour les passagers à l'aéroport ou à la gare pourraient cependant se poursuivre.

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