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Manifestation des policiers : un CRS de Nantes donne les raisons de la colère

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Par , France Bleu Loire Océan

Plus de 10.000 policiers devraient manifester à Paris, ce mercredi, dont 150 Nantais parce qu'ils sont à bout. Laurent, un CRS de la compagnie de Nantes nous explique les raisons de leur colère.

Des CRS lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Nantes
Des CRS lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Nantes © Maxppp -

Une telle mobilisation des policiers, c'est du jamais vu depuis 2001. Ils devraient être plus de 10.000 à manifester ce mercredi à Paris, dont 150 venus de nantes. Une "marche de la colère" pour faire passer de nombreuses revendications. Pour dire aussi qu'ils sont à bout et rappeler que 52 policiers se sont donné la mort en France depuis le début de l'année. Qu'est-ce qui fait qu'on en est arrivé là ? Nous avons posé la question à un CRS de Nantes.

On ne sait plus comment se comporter pour exercer notre métier

Il a préféré ne nous donner que son prénom. Laurent explique que les motifs de ras-le-bol des policiers sont nombreux : "il y a le ras-le-bol de la haine anti-flics que nous prenons régulièrement de face, le ras-le-bol de ne pas avoir une réponse judiciaire adaptée aux différentes affaires... Nous sommes plein de frustration, nous ne savons plus comment nous comporter pour exercer notre métier. On prend toujours plein de précautions en se demandant si on va être embêté par rapport aux décisions que l'ont prend".

En moyenne, nous en CRS, on enchaîne cinq à six week end de travail pour un week end de repos

Cette accumulation est pour lui l'explication des 52 suicides de policiers depuis le début de l'année. "Depuis maintenant, on enchaîne les journées de travail, en particulier le week end. Et le week end, normalement, c'est pour passer du temps avec sa famille. En moyenne, nous en CRS, on enchaîne cinq à six week end de travail pour un week end de repos. Donc l'équilibre familial est perturbé. Vous rentrez ensuite à la maison avec vos tracas, votre frustration de cette volonté de culpabilisation... Et quand vous confrontez ça à votre famille, des fois ça se passe mal et on en arrive au pire, oui".

Il y a toujours ce soucis de nous désigner coupables avant d'être jugés

Ce que Laurent vit mal, aussi, ce sont les nombreuses et vives critiques sur le maintien de l'ordre depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", alors qu'il ne fait qu'appliquer les ordres qui lui sont donnés. "Au niveau du maintien de l'ordre, on n'a l'impression de ne pas opérer comme il le faudrait. On n'est toujours limité dans notre façon d'agir parce qu'on est scruté par les médias, les manifestants... On est un peu plus efficaces qu'il y a quelques mois. Mais il y a toujours ce soucis de nous désigner coupables avant d'être jugés. On ne sait plus trop comment se comporter".

Quand on prend des slogans du style : suicidez-vous, ça fait mal à nos familles

Et il voudrait qu'on se souvienne plus souvent qu'il y a des hommes, des maris, des pères derrière le CRS. "Quand on prend des réflexions sur la voie publique ou des slogans du style 'suicidez-vous', c'est sur que ceux qui disent ça ne pensent pas une seconde à nos familles".

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