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Manifestation du 28 juin : l'exaspération des commerces parisiens

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Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris 13, Paris, France

Onzième mobilisation nationale contre la loi travail ce mardi 28 juin. À Paris, le cortège partira de la place de la Bastille jusqu'à la place d'Italie. Malgré un dispositif de sécurité renforcé, les commerçants, le long du tracé, clament leur ras-le-bol des manifestations à répétition.

La manifestation sera à nouveau sous haute surveillance, comme ici à Bastille, le 23 juin.
La manifestation sera à nouveau sous haute surveillance, comme ici à Bastille, le 23 juin. © Radio France - Adrien Bossard

Cette fois-ci, la manifestation est autorisée. Après le mic-mac du rassemblement place de la Bastille, jeudi 23 juin, dans un premier temps annulé puis autorisé autour du bassin de l'Arsenal à Paris, le défilé du 28 juin aura bien lieu. Le cortège partira de la place de la Bastille, jusqu'à place d'Italie, à 14 h. Un tracé long de 2,8 kilomètres, sous haute surveillance. Près de 2.500 policiers seront présents. Les sacs seront fouillés et certaines rues adjacentes, bouclées.

Malgré ce dispositif de sécurité, la onzième mobilisation en l'espace de 3 mois contre la loi travail est celle de trop pour les commerçants, installés autour de la place d'Italie. "C'est devenu une mode. Les rassemblements, c'est à chaque fois Nation-Place d'Italie ou Bastille-Place d'Italie, peste Norbert, gérant d'un magasin de vêtements. Je crois qu'il y a quand même d'autre parcours à Paris, non ?"

La place d'Italie, investie très régulièrement par les manifestants.
La place d'Italie, investie très régulièrement par les manifestants. © Radio France - Adrien Bossard

"Moins 50 % de chiffre d'affaires sur le mois", Norbert, commerçant

Norbert fait partie de ceux qui baissent le rideau lors des manifestations, sur recommandations de la police. "Que voulez-vous faire d'autre ? Je n'ai pas le choix, je ne vais pas attendre que mon commerce se fasse vandaliser. Du coup, là je vais partir en vacances quatre jours." C'est la dixième fois qu'il ferme son magasin à cause des rassemblements, et il commence à en pâtir financièrement. "Quand vous fermez quatre fois dans le mois, sur des jours importants comme les mardis, mercredis ou jeudis, forcément, vous y perdez ! Sur le mois de juin, j'ai moins 50 % de chiffre d'affaires par rapport à l'an passé".

Le restaurant de Felice vandalisé le 19 mai dernier.
Le restaurant de Felice vandalisé le 19 mai dernier. © Radio France - Adrien Bossard

"Je n'arrive même pas à toucher le Smic, et personne ne me fait de cadeaux pour baisser mes cotisations", Moez, patron d'une imprimerie

Un peu plus loin, sur le boulevard de l'Hôpital, Felice hésite encore à fermer. "On verra comment ça se passe, mais je pense que je ne prendrai pas de risques", avoue-t-il. Son bar, victime de dégradations lors de la manifestation du 19 mai, est une fois encore sur le tracé de la manifestation. Et il le concède, Felice n'est pas très serein. "Quand ils sont excités, dit-il en parlant des manifestants, il y a de la casse. chez moi. Quelque fois, ce sont des poubelles, d'autres fois des vitres. Après, ce sera quoi ?"

Felice peut tout de même compter sur l'Euro en ce moment pour remplir son bar certains soirs. Moez, lui, est en grande perte d'activité. Patron d'une petite imprimerie, il est parfois obligé de laisser au repos son seul employé les jours de manifestations. Et comme le quartier est bouclé, personne ne passe chez lui. "Il y a des jours où je n'ai eu personne les jours de manifs, et quand c'est comme ça, c'est la catastrophe. Déjà que je ne touche pas le Smic en tant que gérant. Personne ne me fait de cadeaux et me dit "Comme il y a des manifs, on va réduire vos cotisations et vos taxes". Il n'y a rien de tout ça." Pour combler le manque à gagner, Moez va travailler tout l'été, ce qui n'était pas prévu initialement.

Le reportage d'Adrien Bossard.

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