Économie – Social

Loi Travail : des cortèges clairsemés, marqués par quelques échauffourées

Par Raphaël Godet, France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 17:29 Mis à jour le jeudi 15 septembre 2016 à 20:05

A Nantes, la 14e journée de mobilisation contre la loi Travail a réuni 4000 personnes.
A Nantes, la 14e journée de mobilisation contre la loi Travail a réuni 4000 personnes. © AFP - LOIC VENANCE

Entre 78.000 et 170.000 personnes ont manifesté contre la loi Travail ce jeudi. Des incidents ont éclaté à Paris, Nantes et Grenoble, il y a eu une soixantaine d'interpellations. Voici ce qu’il faut retenir de cette quatorzième journée de mobilisation.

Les banderoles contre la loi Travail étaient de nouveau de sortie ce jeudi, à l'occasion de la 14e journée d'action depuis le mois de mars. Malgré la promulgation du texte en août, des manifestations étaient organisées dans plus de 110 villes. Selon la CGT, ils étaient 170.000 partout en France, 78.000 selon les autorités. C'est en tout cas beaucoup plus que la précédente journée de mobilisation, le 5 juillet, qui avait réuni à peine 30.000 personnes dans tout le pays (chiffre police). Mais on est très loin de la journée-record du 31 mars : ce jour-là, entre 390.000 personnes (autorités) et 1,2 million (syndicats) avaient manifesté.

A Paris

Plusieurs milliers de manifestants ont battu le pavé dans les rues de la capitale, entre la place de la Bastille et la place de la République. Ils étaient 40.000 selon les syndicats, entre 12.500 et 13.500 selon la police. Le défilé a une nouvelle fois été marqué par des échauffourées. Des manifestants ont jeté des projectiles contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des grenades lacrymogènes. Des abribus et du mobilier urbain ont également été dégradés. Seize personnes ont été interpellées avant et pendant la manifestation. Douze personnes ont été blessées, dont huit policiers ont été blessés. Un CRS a notamment été brûlé à une jambe.

Quelques échauffourées aussi en région

A Grenoble, des violences ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants. Les policiers ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule. Une personne a été interpellée. Une autre, légèrement blessée, a été transportée à l'hôpital, selon France Bleu Isère.

Fin de manifestation tendue également à Nantes. Le défilé, qui a réuni environ 4.000 personnes, a été émaillé de quelques affrontements avec la police. Là aussi, plusieurs personnes ont été interpellées. Mais cela n'avait rien à voir avec les dernières journées de mobilisations dans la ville.

La journée a été globalement calme aussi à Rennes, où 3.000 personnes s’étaient réunies, selon les syndicats.

A Belfort, ce sont les salariés grévistes d'Alstom qui ont ouvert la marche de la manifestation contre la loi Travail. Munis d’une banderole sur laquelle était écrit "Non à la fermeture", ils ont défilé pour protester contre le projet de transfert de la production de trains vers l'Alsace d'ici à 2018.

A Marseille, plusieurs milliers de personnes ont battu le pavé, dans le calme. Parmi les manifestants, François Roche, délégué du personnel CGT chez Airbus Helicopters, très déterminé : "On va leur montrer que loi ou pas, ils nous trouveront toujours face à eux."

Ils étaient 3.000 au Havre, 1.500 à Tours, 400 à Annecy, 1.500 à Clermont-Ferrand, entre 2.500 et 3.000 à Toulouse2000 à Bordeaux, plus d'un millier à Bayonne500 à Périgueux, environ 130 à Bergerac.

Et maintenant ?

Des appels à la grève avaient aussi été lancés dans la fonction publique, à La Poste, chez Air France ou chez les intermittents du spectacle. A la SNCF et à la RATP, le trafic était normal. Mais dans le ciel, plus de 20 % des vols ont été annulés ce jeudi matin à Orly.

Aucune nouvelle date de mobilisation n'est prévue, mais les opposants espèrent maintenir la pression et empêcher l'application de la loi Travail devant la justice. Le gouvernement, lui, souhaite aller vite : la plupart des décrets de la loi, dont les plus décriés (temps de travail, référendum en entreprise, accords offensifs…), doivent être publiés en octobre.

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