Économie – Social

Marche arrière vers les 39h ? La direction de Smart à Hambach consulte ses salariés

Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu vendredi 11 septembre 2015 à 9:18

L'usine Smart de Hambach pourrait revenir aux 39h
L'usine Smart de Hambach pourrait revenir aux 39h © Radio France

La direction de l'usine Smart à Hambach organise ce vendredi une consultation auprès de ses salariés sur un retour provisoire aux 39h. Les salariés sont divisés, les syndicats sont majoritairement contre.

La consultation est aussi exceptionnelle qu'inédite : ce vendredi, la direction de l'usine Smart d'Hambach demande à ses 800 salariés de se prononcer sur un retour provisoire aux 39h hebdomadaires, entre 2016 et 2019. Pour cela, le groupe automobile propose une augmentation mensuelle de 120 euros brut, ainsi qu'une prime exceptionnelle de 1.000 euros. Elle s'est aussi engagée à embaucher 50 intérimaires en CDI entre octobre 2015 et fin 2017. 

"Travailler plus pour gagner moins"

"Travailler plus pour gagner moins, c'est hors de question" pour Nathalie, opératrice de montage depuis 18 ans chez Smart. Un sentiment partagé par beaucoup, notamment par la CGT, syndicat majoritaire dans l'entreprise. _"La première année, on perd 400 euros, calcule Jean-Luc Bielitz, délégué syndicale, la deuxième année, 2800 euros, et ainsi de suite...". Et puis certains ouvriers s'interrogent sur la pertinence d'augmenter le temps de travail, alors que plusieurs jours chômés sont prévus d'ici la fin de l'année. Si le NON semble largement l'emporter parmi les salariés de la production, les cadres opteraient majoritairement pour le OUI. "Ils craignent une délocalisation s'il n'y a pas d'accord, c'est du chantage !", glisse une déléguée syndicale.

Pas de menace de délocalisation assure la direction de Smart France

La direction de Smart France s'en défend : "Il y a une demande de Daimler d'optimisation de l'ensemble de ses sites de production. C'est une mesure préventive pour se préparer à des périodes plus difficiles que celle que connait le groupe actuellement, explique Philippe Steyer, le directeur des ressources humaines. C'est dans cette logique la que nous nous inscrivons, pas une démarche de délocalisation"

Résultats attendus vers 18h

La consultation se déroule entre 9h et 17h. Les salariés travaillant de nuit ont pu voter par correspondance. Quel que soit le résultat de la consultation, les syndicats auront de toute façon le dernier mot dans la négociation, et pour le moment seule la CFE-CGC est prête à discuter face à l'hostilité des autres organisations (CGT, CFDT et CFTC) largement majoritaires dans l'entreprise.