Économie – Social

Crise du porc : Daniel Picart quitte la présidence du Marché au cadran et règle ses comptes

Par Annaïg Haute et Johan Moison, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu jeudi 24 septembre 2015 à 15:58 Mis à jour le jeudi 24 septembre 2015 à 18:19

Daniel Picart ne mâche pas ses mots et s'en prend à toute la filière.
Daniel Picart ne mâche pas ses mots et s'en prend à toute la filière. © Max PPP

Après cinq ans à la tête du Marché au cadran de Plérin, le président du Marché du porc breton, Daniel Picart, quitte ses fonctions. Il a décidé de ne pas se représenter et a lu une lettre pour dire sa colère devant le conseil d’administration de ce jeudi matin.

C'est un éleveur, Emmanuel Rault, qui a lu au micro de France bleu la lettre de Daniel Picart. Dans ce courrier, l'ex-président du Marché se lâche : "Etant « lâché » par mon propre camp, y compris mon groupement Aveltis, je ne me présenterai donc pas à l’élection du futur président du MPB ."

Le président du Marché au cadran rappelle que sous sa mandature, trois abattoirs ont été placés en faillite, qu’il a connu plusieurs crises, et ajoute : "Depuis six mois, nous subissons toutes sortes de pressions, politiques, syndicales, économiques. Et malgré ça, le MPB [Marché au porc breton] est toujours debout."

Daniel Picart estime qu'il saute pour permettre le retour de la Cooperl et de Bigard

Mais selon Daniel Picart, les conditions ne sont plus réunies pour qu’il reste à la tête de la structure qui définit le prix d’achat de la viande de porc en Bretagne : "Depuis peu, certains considèrent que j'ai outrepassé mon rôle en m'impliquant trop dans la politique de la filière porcine, que je communique en électron libre, sans faire un conseil d'administration à chaque fois ", écrit-il.

Il poursuit : "Ces gens bien-pensants ont pensé que de me couper la tête "ferait revenir Cooperl et Bigard autour de la table". Ces deux entreprises en ont a priori fait un préalable à leur retour. "  Selon lui, même si la Cooperl veut sa tête, il a rencontré à plusieurs reprises les dirigeants de la coopérative, alors que Bigard est toujours resté inaccessible.

"Des administrateurs qui ne vendent même pas leurs porcs dans ce lieu, ont un avis « éclairé » sur ceux qui ont la charge de le diriger" – D. Picart

" Je suis évidemment très triste d’abandonner le navire en pleine tempête surtout pour les éleveurs qui m’ont fait confiance. Je suis navré que des administrateurs qui ne vendent même pas leurs porcs dans ce lieu, aient un avis « éclairé » sur ceux qui ont la charge de le diriger. "

Il estime qu'il termine "comme un chien qu’on a accusé de la rage pour s’en débarrasser "

"Enfin, je suis très déçu de terminer, après tous les sacrifices consentis par mon épouse, mes enfants, mon équipe de travail, comme un chien qu’on a accusé de la rage pour s’en débarrasser." 

« Une filière à l’agonie, ou personne n’est complètement innocent »

" Je sers aujourd’hui de fusible dans une filière à l’agonie, dans laquelle personne n’est complètement innocent ou totalement coupable. "

" Je n’attends ni remerciement, ni condoléance. Je serai très attentif à vos résultats, espérant que la TRAHISON d’une partie d’entre vous à mon égard serve la cause de la filière porcine. "

Enfin il menace : " Je me réserve évidemment le droit de dire ce que je sais et ce que je pense dans l’avenir. "