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Mariage entre Alstom et Bombardier Transport : feu vert de la Commission européenne

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Nord

La Commission européenne a donné son feu vert ce vendredi au rachat par le groupe français Alstom du Canadien Bombardier Transport. C'est la naissance d'un géant mondial qui ambitionne de tenir tête à un autre mastodonte, le Chinois CRRC.

L'usine Alstom Aytré La Rochelle (illustration).
L'usine Alstom Aytré La Rochelle (illustration). © Radio France - Yvan Plantey

La Commission européenne a accepté ce vendredi le projet de rachat par Alstom du groupe Bombardier Transport. L'union entre les deux entreprises avait été annoncée en février dernier, mais elle était soumise à l'avis de Bruxelles sur le respect des règles de la concurrence.  La vice-présidente de l'exécutif européen, Margrethe Vestager, a salué les "mesures correctives" proposées par le groupe français pour obtenir ce feu vert. France Bleu vous explique ce mariage et ses conséquences en France.

Un nouveau poids-lourd du secteur ferroviaire

Cette opération est un nouvel épisode dans la course à la masse critique dans le secteur des transports. En février 2019, le projet de rachat d'Alstom par Siemens avait été retoqué par la Commission européenne. C'était l'échec du projet d'"Airbus du ferroviaire". Cette fois, c'est Alstom qui est à la manoeuvre et débourse plus de 6 milliards d'euros pour acquérir la division rail du groupe canadien Bombardier. 

Avec un chiffre d'affaires cumulé de plus de 15 milliards d'euros, un carnet de commandes dépassant les 70 milliards et 76.000 salariés dans le monde à l'heure actuelle, le mariage Alstom-Bombardier doit donner naissance numéro 2 mondial de la construction ferroviaire. Numéro 2 derrière le mastodonte chinois CRRC qui produit wagons et locomotives en s'appuyant sur son immense marché intérieur, mais cherche aussi à s'implanter hors de ses frontières.

"Je préfère qu'on rachète Bombardier (...) plutôt que ce soit Alstom qui soit racheté par des Chinois ou par des Américains", commentait en février sur franceinfo le député de l'Oise Éric Woerth, expliquant que la France devait être puissante dans un "rapport de force permanent" au niveau mondial. 

Que vont faire Alstom et Bombardier ensemble ?

Bombardier Transport et Alstom emploient chacun environ 36 000 salariés dans le monde. Ils sont présents sur le marché des métros, tramways, trains classiques et à grande vitesse, matériels pour la signalisation et l'aiguillage.

Avec ce rachat, Alstom entend renforcer sa présence internationale, notamment le marché nord-américain où son nouveau partenaire est historiquement implanté. Son PDG, Henri Poupart-Lafarge,veut bénéficier d'"une complémentarité géographique et industrielle sur des marchés en croissance, ainsi que des plateformes technologiques additionnelles". Le groupe Bombardier, de son côté, est lourdement endetté. La vente de sa division rail doit lui permettre de se renflouer.

Jusqu'ici, Alstom et Bombardier disposent déjà d'un quasi-monopole sur le matériel roulant en France. Ils collaborent régulièrement sur des projets comme le mégacontrat du "RER du futur", remporté en 2017, qui devait donner du travail à une demi-douzaine de sites des deux groupes en France, ou celui du métro parisien.

Les conséquences en France

Pour obtenir l'aval de la Commission européenne, Alstom a dû faire des concessions. Parmi ces engagements pris à l'égard de Bruxelles figure la cession de ses trains régionaux Coradia Polyvalent, vendus sous le nom de Regiolis à la SNCF, et la vente de l'usine de Reichshoffen en Alsace. L'annonce, le 9 juillet, dans une entreprise qui emploie près d'un millier de personnes (CDI et CDD) a été un véritable coup de massue pour les salariés.

Invité de France Inter ce vendredi, le patron d'Alstom a assuré que l'activité de l'usine alsacienne n'était pas menacée. "Quelqu'un qui va racheter le site de Reichshoffen, c'est pour en faire sa porte d'entrée pour le marché français et autour, ce n'est pas pour le détruire", a affirmé Henri Poupart-Lafarge, ajoutant qu'"un certain nombre d'acteurs ferroviaires" avaient marqué leur intérêt pour l'usine alsacienne.

Les syndicats d'Alstom et de Bombardier ne sont pas aussi optimistes. Le 16 juillet, ils ont organisé une première journée européenne de mobilisation. Les 3.200 salariés des usines Bombardier de Crespin et Petit-Forêt dans le Nord y ont participé. Dans un entretien à La Croix, Patrick De Cara, délégué syndical CFDT au siège social d’Alstom, s'inquiète par exemple des répercussions de la vente de Reichshoffen sur d'autres sites français qui lui fournissent des pièces.

"Gagner des parts de marché sera bon pour le groupe Alstom, mais ne profitera pas forcément aux travailleurs", résumait en février Olivier Koehler, représentant syndical chez Alstom à Belfort. 

Alstom emploie à l'heure actuelle en France 9.000 salariés sur treize sites. Bombardier compte 2.000 salariés sur le site de Crespin où il conçoit, fabrique et expertise des trains régionaux.

Bombardier et Alstom : deux groupes ferroviaires s'unissent.
Bombardier et Alstom : deux groupes ferroviaires s'unissent. © Visactu
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