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Économie – Social

Un cas mortel de légionellose provoque une "psychose" dans une cité de Marseille

dimanche 29 octobre 2017 à 21:51 Par Armêl Balogog, France Bleu Provence et France Bleu

Les habitants de la résidence Air Bel à Marseille ont peur de boire l’eau du robinet. En cause, la présence de légionnelles dans les canalisations, des bactéries qui peuvent provoquer de graves troubles respiratoires. Un habitant en est mort en septembre.

Les peurs des habitants de la résidence Air Bel à Marseille après un cas mortel de légionellose
Les peurs des habitants de la résidence Air Bel à Marseille après un cas mortel de légionellose © Radio France - Armêl Balogog

Marseille, France

"Il y a une psychose. Les gens ont peur." Djamila Haouache est en colère. Son frère est mort au début du mois de septembre de la légionellose, contractée dans la résidence Air Bel (11e arrondissement de Marseille). Depuis, les habitants du quartier vivent dans l’inquiétude.

Peur de boire de l’eau et de se laver

Alors chacun y va de sa solution, pour ne pas entrer en contact avec les légionelles, ces bactéries qui peuvent donner la maladie du légionnaire. Claude, par exemple, qui vit dans la cité HLM depuis 28 ans, nettoie l’eau : "On la fait bouillir, on la met au frigo, et quand c’est bien froid, on la met dans les bouteilles."

D’autres habitants, comme Farida, ne boivent plus que de l’eau en bouteille. Un budget conséquent pour cette mère de famille qui a emménagé à Air Bel seulement cinq mois auparavant. "Un truc comme ça où on paie un loyer, où on paie des charges, on pense qu’on est à l’abri. Surtout l’eau, je veux dire."

"L’eau c’est la vie. On nous enlève la vie." Farida, une habitante d’Air Bel

"Ils ne veulent même plus se laver, les gens", regrette Djamila Haouache. La présidente d’une association de défense des locataires de la résidence a décidé de partir au combat, pour faire disparaître les légionelles.

Une légionellose foudroyante

Son frère a eu les premiers symptômes en août 2017. La maladie a progressé très rapidement. Il est tombé dans le coma, a été hospitalisé à Dijon, où il était en congés, et est mort 12 jours plus tard. "J’ai connu des morts, j’ai vu des gens en réanimation. Mais comme lui, non. On nous dit "tenez bon, il va s’en sortir". Si vous ne respirez pas vous faîtes comment ? Vous, vous pouvez respirer sans poumon ?"

"Ça, je ne le souhaite à personne, souffle Djamila, et là mon combat… faut plus que d’autres personnes subissent." Le plus dur à supporter pour elle, c’est qu’elle soupçonne les légionelles d’être installées dans la résidence depuis plus de trois ans. Sa sœur serait tombée malade en 2015.

Légionellose mortelle à Air Bel à Marseille : les mesures de précautions recommandées par le syndic et les bailleurs sociaux - Radio France
Légionellose mortelle à Air Bel à Marseille : les mesures de précautions recommandées par le syndic et les bailleurs sociaux © Radio France - Armêl Balogog

Les mesures de précaution du syndic

D’ailleurs Unicil, le syndic de la résidence, reconnaît leur présence. Depuis le cas mortel, il a fait faire des analyses puis a adressé des notes aux résidents.

"Des analyses ont été réalisées sur le réseau d’eau chaude de vos immeubles et ont mis en évidence sur certains d’entre eux la présence de légionelles", annonce un document distribué le 25 octobre. En effet, ces bactéries se développent dans les réseaux d’eau chaude dont la température est entre 25 et 47 degrés et dans les canalisations mal entretenues.

Le syndic explique avoir pris des mesures pour traiter l’eau avec du chlore"Maintenant, elle a un goût de javel. Moi, je ne la bois pas", commente Djamila – et recommande aux habitants du quartier de "purger le réseau en faisant couler l’eau pendant quelques minutes avant utilisation" ainsi que de démonter et nettoyer régulièrement les pommeaux de douche.

La mairie est vigilante

Julien Ravier, le maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille, a également reçu cette note, "pas vraiment rassurante". Il demande aux habitants de respecter les mesures de précautions et va s’assurer que les trois bailleurs sociaux fassent des travaux.

"Ce que je demande, c’est que les bailleurs fassent le maximum de leur travail pour garder la plus grande sécurité pour les habitants d’Air Bel." Répéter les analyses, traiter l’eau, nettoyer les canalisations, etc.

"On va surtout ne pas lâcher les bailleurs et on va les suivre à la trace pour qu’ils réalisent bien un nettoyage profond de manière à ce qu’on ne puisse plus retrouver de trace de légionelles dans les analyses qu’ils doivent faire régulièrement maintenant", déclare-t-il.

Bientôt l’ouverture d’une enquête ?

Dans l’opposition, la conseillère municipale Marie-Arlette Carlotti se dit "scandalisée". "Je suis scandalisée d’abord parce que ça ne devrait pas arriver. Je suis scandalisée par la tentative de black-out. On ne cherche pas de responsables, on ne cherche pas des coupables, on cherche simplement des solutions pour éviter d’autres drames."

De nouvelles analyses ont été réalisées jeudi 26 octobre. Les habitants aimeraient en connaître les résultats. "Je pense qu’il est urgent que les autorités agissent de concert et dans la transparence, insiste Marie-Arlette Carlotti, sinon tout le monde va s’inquiéter, encore plus."

La conseillère municipale demande l’ouverture d’une enquête. Elle va saisir le préfet pour mettre en place un plan contre la légionellose dans les Bouches-du-Rhône. Elle a aussi conseillé aux habitants du quartier de prendre un avocat pour défendre leurs droits.