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Économie – Social

Mauléon : Bilan positif après deux ans d'expérimentation du territoire zéro chômeur de longue durée

lundi 21 janvier 2019 à 4:16 Par Noémie Guillotin, France Bleu Poitou

Mauléon, dans le nord Deux-Sèvres, fait partie des dix territoires en France qui expérimentent le dispositif zéro chômeur de longue durée. Le bilan est positif mais des défis sont encore à relever.

Sébastien Riodel travaille à l'Esiam depuis le lancement en janiver 2017
Sébastien Riodel travaille à l'Esiam depuis le lancement en janiver 2017 © Radio France - Noémie Guillotin

Mauléon, France

"A Mauléon, le territoire zéro chômeur de longue durée est un succès", lance Alain Robin, directeur de la maison de l'emploi du bocage bressuirais. Il y a deux ans, en janvier 2017, naissait l'Esiam, entreprise solidaire d'initiative et d'action du Mauléonais dans le cadre de l'expérimentation "Territoires zéro chômeur de longue durée". L’idée, c'est de dire que le chômage a un coût, utilisons plutôt cet argent pour financer des CDI payés au Smic pour réaliser des travaux utiles localement, sans faire concurrence à l'économie traditionnelle. Dix territoires mènent cette expérimentation en France.

Ce n'était pas gagné mais c'est une belle réussite."

"L'objectif de la loi, c'était de recruter à un instant donné tous les demandeurs d'emploi de longue durée. Au 30 juin 2018, on avait recruté toutes ces personnes. Bien sûr avec les flux, il y a des gens qui se réinscrivent", constate Alain Robin. Pour le directeur de la maison de l'emploi du bocage bressuirais : "Ce n'était pas gagné mais c'est une belle réussite. On partait d'une page blanche. Quand l'entreprise a ouvert ses portes, il n'y avait pas de table, pas de chaise, pas d'activité économique. Aujourd'hui, l'Esiam c'est _plus de 200.000 euros de chiffre d'affaires_, 65 personnes, des bâtiments et des machines".

Les activités sont variées : laverie pour les gîtes, dépôt de pain, entretien des espaces verts, tri de vêtements, valorisation du bois...

J'ai retrouvé une certaine confiance en moi."

Sébastien Riodel, 41 ans, est à l'Esiam depuis le lancement après "six ans et demi de galère. Aujourd'hui, je ne vais plus à la banque alimentaire, je ne vais plus forcément m'habiller chez Emmaüs", dit en souriant ce travailleur handicapé. "J'ai retrouvé une certaine confiance en moi que je n'avais plus à cause du chômage".

La confiance, c'est aussi ça qu'a retrouvé Magali, maman de 43 ans. "Moralement, quand on ne travaille plus on est limite dépressif. Les relations avec les autres ne sont pas les mêmes. Le regard des autres aussi. Aujourd'hui ce regard a changé", se réjouit-elle.

Magali, 43 ans, est restée pendant six ans au chômage avant de rentrer à l'Esiam - Radio France
Magali, 43 ans, est restée pendant six ans au chômage avant de rentrer à l'Esiam © Radio France - Noémie Guillotin

Des défis à relever

Mais l'Esiam a encore des défis à relever. Notamment sur son modèle économique. Et avec une nouvelle donne, la participation de l'Etat va baisser passant de 18.000 euros par salaire à temps plein à 17.000 euros cette année. "Cela peut-être le coup de poignard de Brutus. Il est clair que si nous on développe et que dans le même temps on nous diminue les subventions, les cinq ans d'expérimentation ça ne va pas le faire, on sera morts avant", met en garde Thierry Pain, le directeur de l'Esiam qui poursuit, "dans la loi, il est prévu que la part de l'Etat diminue mais que d'autres contribuent. Ce n'est pas à nous de dire aux autres contributeurs "venez me voir". C'est à l'Etat de faire ça".

L'enjeu est aussi de trouver de nouvelles activités. "Le gros projet 2019-2020 c'est le traitement des menuiseries", précise Alain Robin, de la maison de l'emploi. "Elles sont aujourd'hui enfouies alors qu'on peut récupérer le verre, le métal, le PVC, le bois.  On est en contact avec des industriels, avec Saint-Gobain pour essayer de trouver des circuits. C'est un gisement d'emplois car aujourd'hui rien n'est retraité"