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Clermont-Ferrand : accord majoritaire chez Michelin sur les conditions de départ

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu

Quatre syndicats de Michelin ont signé ce mardi un accord majoritaire qui définit les conditions de départ dans le cadre du plan de compétitivité prévoyant 2.300 suppressions de postes d'ici trois ans.

La bannière Michelin (image d'illustration)
La bannière Michelin (image d'illustration) © Radio France - Isabelle Gaudin

La CFE-CGC (majoritaire), la CFDT, Sud et Force Ouvrière ont signé l'accord-cadre baptisé ADAPT (Accompagnement des activités et des parcours dans la transformation) pour la période 2021-2023. Les trois premiers syndicats représentent 79% des salariés, FO n'est pas représentatif. 

Pour les salariés qui souhaitent quitter l'entreprise, l'accord comporte un dispositif de pré-retraite, un congé de mobilité de 12 à 15 mois, ainsi qu'un accompagnement financier représentant 1,8 à 2,5 années de salaire en fonction de l'ancienneté. L'accord fixe également un montant minimum d'indemnités de rupture de 60.000 euros. 

Une avancée déterminante pour le plan de simplification et de compétitivité - Jean-Paul Chiocchetti

Pour les autres salariés, les syndicats ont indiqué avoir obtenu des avancées salariales, l'acquisition d'un 13e mois à l'embauche (au lieu de quatre ans) ainsi qu'une prime d'ancienneté allongée à 18 ans (contre 15). "La signature de cet accord constitue une avancée déterminante pour le plan de simplification et de compétitivité, qui porte l'ambition d'améliorer à la fois la performance économique, environnementale et sociale de Michelin en France", a déclaré à l'AFP Jean-Paul Chiocchetti, directeur France de Michelin.  

Réactions syndicales

La CFE-CGC, premier syndicat du groupe, s'est-il félicitée de cet accord. "Nous sommes satisfaits de l'issue des négociations même si nous ne sautons pas de joie dans ce contexte de suppressions d'emplois. Mais l'entreprise a pris en compte beaucoup de choses qui n'étaient pas prévues au départ", a déclaré à l'AFP José Tarantini, délégué syndical central de la CFE-CGC. "Nous avons réussi à inclure des dispositions pour ceux qui restent, en termes de positionnement salarial, de conditions de travail, et de bénéfices avec l'évolution de la participation de Michelin au CESU et au PEE (plan d'épargne entreprise)".  

La CFDT, par le biais de Laurent Bador, a également réagi. "Pour ceux qui vont partir, nous avons obtenu des conditions financières et d'accompagnement très intéressantes", tout en indiquant "rester vigilant sur ce qui est écrit et la réalité... Nous avons l'assurance qu'il n'y aura pas de fermeture d'usines d'ici 2023 mais après ?". 

Sud rappelle de son côté l'engagement de la direction à n'effectuer "aucun licenciement économique jusqu'à fin 2023. L'amélioration de la performance d'une entreprise repose sur des investissements massifs et non sur la rationalisation drastique des effectifs." 

Enfin la CGT avait annoncé fin mars qu'elle ne signerait pas, redoutant que des salariés partent "contraints et forcés". 

Impacts à Clermont-Ferrand

La manufacture a prévu de supprimer 330 postes sur les sites clermontois, essentiellement dans les bureaux, l'informatique, la recherche et le développement. Le tout accompagné de départs en retraite, d'aménagements de fin de carrière, de reclassements et de compensation dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective. Le groupe avait aussi annoncé aussi la création de 170 postes dans la capitale auvergnate. 

Michelin emploie 123.000 salariés dans le monde, dont 17.000 en France. Il a publié ce lundi ses résultats pour le premier trimestre de l'année. Une progression de 8,3%, soit un peu plus de 5,4 milliards d'euros. Un bon résultat compte tenu du contexte, grâce notamment à la vente des pneus poids lourds et la très forte reprise du marché chinois. 

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