Économie – Social

Licenciements à Molex : "Les salariés ont besoin de reconnaissance"

Par Leila Mechaouri et France Bleu Toulouse, France Bleu Toulouse et France Bleu mardi 9 août 2016 à 6:00

Des anciens salariés de Molex devant les prud’hommes à Toulouse en septembre 2010.
Des anciens salariés de Molex devant les prud’hommes à Toulouse en septembre 2010. © Maxppp - /

La cour d'appel de Toulouse rendra son arrêt ce mardi dans le dossier Molex. La justice doit confirmer ou non le caractère illicite du licenciement des 283 salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn en 2009, et doit fixer le montant des indemnités.

" Les salariés ont besoin de reconnaissance ", lance amer, un ancien délégué syndical de Molex. Après sept ans de combat judiciaire, la cour d'appel de Toulouse reconnaîtra peut-être officiellement ce mardi le caractère abusif du licenciement des 283 salariés de Villemur-sur-Tarn en 2009. Leur entreprise, spécialisée dans les composants informatiques, avait été placée en liquidation judiciaire, malgré sa bonne santé économique. Depuis, les ex-salariés ont mené une longue bataille devant les tribunaux pour faire reconnaître la responsabilité de la maison mère américaine Molex Inc. dans leurs licenciements.

"Les salariés n'ont toujours pas digéré" (syndicaliste)

La décision de la cour d'appel de Toulouse est aujourd'hui particulièrement attendue car l'hiver dernier, la justice a refusé de reconnaître la société mère comme co-employeur, ce qui la décharge de toute responsabilité dans la fermeture du site de Villemur-sur-Tarn. " Les salariés n'ont toujours pas digéré cette décision, poursuit l'ex délégué syndical. Ils ont pris un gros coup sur la tête. "

Par ailleurs, la justice s'apprête à déterminer le montant des indemnités accordées aux salariés. Elles avaient été fixées à plus de 11 millions d'euros par les prud'hommes en première instance. Seule certitude, celles-ci ne seront pas à la charge de Molex. Elles seront versées par l'Assurance de garantie des salaires (AGS) et donc plafonnées à un peu moins de 70 000 euros par personne.

La bataille judiciaire n'est pas terminée

Le sort des trois cadres et de la vingtaine de salariés protégés (délégués syndicaux etc.) est toujours en suspend. La responsabilité de la maison mère américaine peut toujours être reconnue dans leurs cas, et leurs indemnités n'ont toujours pas été versées. Les prochaines audiences sont attendues à l'automne.