Économie – Social

MoryGlobal, ex-MoryDucros, s'attend à sa liquidation et à plus de 2.000 licenciements

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 31 mars 2015 à 8:14

Un site de MoryGlobal près de Nancy
Un site de MoryGlobal près de Nancy © MaxPPP

La justice examine mardi la demande de liquidation de MoryGlobal (ex-Mory Ducros), lors d'une audience sans grand suspense en l'absence de projet de reprise pour le transporteur aux 2.150 salariés, bientôt licenciés pour motifs économiques.

La justice va examiner mardi la demande de liquidation de l'ex-MoryDucros, MoryGlobal, mais il n'y a aucun repreneur potentiel et la liquidation sera prononcée mardi ou la décision mise en délibéré. La seconde option ne ferait que retarder l'inéluctable pour une société ayant subi en 2014 une perte nette de 43 millions d'euros.  

2.150 licenciements à venir

Une audience à huis clos est prévue à 14H30 au tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis), lequel avait placé la société en redressement en février, avec une période d'observation de six mois. Une entreprise en liquidation judiciaire doit immédiatement cesser son activité, sauf si le tribunal accorde un sursis de trois mois, renouvelable une fois.   

En outre, les contrats de travail sont rompus dans les 21 jours qui suivent le jugement prononçant la liquidation , lorsqu'est prévu un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), ce qui sera le cas pour MoryGlobal. Résignés depuis le retrait de la principale offre de reprise, qui concernait 141 personnes, les salariés n'attendent "pas grand chose" du tribunal de Bobigny, "parce qu'on va être liquidé, on le sait depuis longtemps" , soupire Michel Ariba, de Force ouvrière.   

"Roulés dans la farine"

"Tout est déjà prêt, il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton" selon le syndicaliste et le couperet tombera sur les 2.150 employés, "roulés dans la farine" par Arcole Industries, l'actuel actionnaire et ancien propriétaire de Mory Ducros, ajoute-t-il. En 2014, la faillite du numéro deux français du transport routier de colis  avait mis près de 2.900 personnes au chômage, constituant ainsi l'une des plus lourdes socialement depuis celle de Moulinex en 2001.   

La liquidation ne faisant guère de doute, les salariés occupent désormais les 49 agences détenues par MoryGlobal pour obtenir un PSE  équivalent à celui de Mory Ducros, explique Michel Ariba. Sous la pression du gouvernement, l'actionnaire avait consenti aux licenciés une enveloppe de 30 millions d'euros en plus du minimum légal. Pour l'heure, Arcole Industries est aux abonnés absents , selon les syndicats.   

Jeudi dernier, à l'issue d'une rencontre avec les représentants du personnel, l'Etat a sommé Arcole Industries "d'assumer ses responsabilités d'actionnaire et de contribuer au financement du PSE" , accusant le groupe de ne pas avoir "redressé l'entreprise, en dépit du soutien sans précédent apporté par les pouvoirs publics" .