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Mouvement de grève illimité dans un palace parisien

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Les "petites mains" du Park Hyatt Paris Vendôme, près de la place de l'Opéra, ont entamé une grève illimitée mardi dernier. Plusieurs dizaines de salariés se mobilisent pour les salaires, les conditions de travail, et surtout la fin de la sous-traitance.

Le piquet de grève ne passe pas inaperçu dans la très chic rue de la Paix.
Le piquet de grève ne passe pas inaperçu dans la très chic rue de la Paix. © Radio France - Nicolas Olivier

Mauvaise surprise depuis quelques jours pour les clients fortunés du Park Hyatt Paris Vendôme, l'un des douze palaces de la capitale. En pleine fashion week, le prestigieux établissement de la rue de la Paix (2è arrondissement) est perturbé par un mouvement de grève plutôt bruyant. "On réveille les clients dès 7 heures du matin, sourit Sameh Hamouda, employé de maintenance et délégué CGT. L'hôtel a perdu 20% de ses clients, ça lui coûte du pognon et c'est le but. On verra combien de temps ils vont tenir... nous on est là pour un mois, deux mois ou trois mois, il n'y a pas de souci."

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Sous-traitance à tous les étages

Les 70 à 80 salariés de la sous-traitance réclament leur intégration au sein de l'établissement. Ils travaillent à l'hôtel mais pour des sociétés externes, comme le Groupe STN chargé du nettoyage des chambres et des suites. Les conditions de travail s'en ressentent explique Bijou, neuf ans de maison. "On a du mal à avoir du matériel : nous sommes quatre par étage, avec parfois un seul aspirateur. On n'est pas respectées."

La lingerie et la sécurité sont également externalisées. Même la communication de crise est sous-traitée à une agence. Qui nous a fait savoir que le Park Hyatt Paris Vendôme avait choisi ce modèle dès son ouverture en 2002 : pour mieux miser sur l'accueil et le service du client, les autres tâches sont confiées à des entreprises spécialisées. "Un parti pris assumé".

"Pas des salaires de palace"

Sur les 230 employés directs de l'hôtel de luxe, les grévistes sont une petite minorité. Ils réclament notamment une augmentation des salaires. "On ne comprend pas que les sous-traitants soient mieux payés que nous, dit Sofiane Labbaoui, employé au room service depuis cinq ans. Sameh Hamouda poursuit : "on n'a pas des salaires de palace... nous sommes au SMIC hôtelier, environ 1.500 euros par mois alors qu'au Ritz à 200 mètres ils sont à 1.800." Le syndicaliste rappelle que l'établissement a dépassé les 35 millions d'euros de chiffre d'affaire en 2017. Et qu'il loue des suites à 18.000 euros la nuit. 

La direction précise que les salaires relèvent des négociations annuelles, et que la CGT a signé le dernier accord en avril 2018.

Le dialogue est au point mort : depuis quatre jours, aucun représentant de la direction n'est venu discuter avec les grévistes. La CGT appelle à un rassemblement de soutien ce samedi à 12h30 devant le palace.

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