Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Mouvement des "gilets jaunes" : syndicats, partis, qui soutient la mobilisation du 17 novembre ?

mardi 13 novembre 2018 à 19:10 Par Thibaut Lehut, France Bleu

Les "gilets jaunes" organisent ce 17 novembre une grande journée de mobilisation, au départ pour protester contre les prix des carburants. Le mouvement, spontané et multiforme, déstabilise les organisations traditionnelles que sont les syndicats et les partis politiques. Qui soutient quoi ?

Opération de tractage dans la Drôme, en vue de la journée de mobilisation du 17 novembre.
Opération de tractage dans la Drôme, en vue de la journée de mobilisation du 17 novembre. © Maxppp -

Le mouvement des "gilets jaunes", né spontanément du mécontentement face à la hausse du prix des carburants, n'est ni organisé ni coordonné par des syndicats ou des partis politiques. Ces structures traditionnelles, déstabilisées par la multiplication des mots d'ordre et l'ampleur que semble prendre la journée de mobilisation du 17 novembre via les réseaux sociaux, réagissent avec prudence. Partis politiques, syndicats, qui soutient quoi ?

Du côté des partis politiques, l'équilibre n'est pas évident à trouver pour concilier défense de l'écologie et du pouvoir d'achat. 

À droite : Le Pen et Dupont-Aignan derrière le mouvement

Première à afficher son soutien à droite : Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national ne participera pas aux blocages, car selon elle "la place d'un  chef de parti n'est pas au sein des manifestations", mais elle a assuré que les élus RN seraient "aux côtés des manifestants" et prédit une mobilisation "importante".

Nicolas Dupont-Aignan, qui va jusqu'à distribuer lui-même des tracts dans les stations-services, gilet jaune sur le dos, avait dès fin octobre appelé à "bloquer toute la France le 17 novembre", dénonçant également la hausse du prix des péages. Dans les rangs des Républicains, le président du parti Laurent Wauquiez, qui participera à une manifestation dans son département de la Haute-Loire, a toutefois bien souligné qu'il n'appelait pas au blocage.

À gauche : des Insoumis sur le terrain, un PS prudent

À gauche, le patron de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon souhaite le "succès" de la mobilisation mais n'a pas précisé s'il serait dans un rassemblement. Les députés LFI Alexis Corbière, Adrien Quatennens et François Ruffin, seront eux bien sur le terrain "à titre personnel". Mais Clémentine Autain, qui préfère lutter "contre l'injustice fiscale" plutôt que défendre "un ras-le bol fiscal", n'ira pas.

Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure a prudemment expliqué "entendre la colère", mais le premier secrétaire a émis un bémol sur les "formes parfois critiquables" du mouvement. Il a préféré proposer des "États généraux du pouvoir d'achat". Les écologistes d'EELV, qui défendent la taxe carbone, n'appellent pas à manifester.

Les syndicats dénoncent une récupération par l'extrême-droite

Les syndicats, qui n'ont pas été conviés à la mobilisation, sont également très prudents. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, "comprend l'exaspération d'un certain nombre de salariés qui pour se rendre au travail ont un coût supplémentaire". Mais il "ne soutient pas ces blocages dont tout le monde a compris qu'ils sont récupérés politiquement par l'extrême droite".

La CGT a aussi dénoncé une "instrumentalisation" de "l'exaspération" au sujet de la hausse des taxes sur le carburant. "L'appel lancé un samedi, sans réelle ambition de bloquer l'économie, s'appuie sur une colère légitime mais dont les ressorts sont obscurs", a estimé le premier syndicat français, critiquant le fait que des partis d'extrême droite soient "à la manœuvre". Le syndicat dit craindre aussi que l'action du 17 novembre n'encourage "à mettre taxes, impôts et peut-être demain cotisations sociales dans une même logique, alors que chaque dispositif joue un rôle différent et déterminant dans le cadre de notre modèle social et républicain".