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Économie - Social

Municipales à Autrans-Méaudre : les stations de moyenne montagne face aux enjeux climatiques

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Par , France Bleu Isère
Autrans, France

La suite de la tournée des municipales avec France Bleu Isère et Le Dauphiné Libéré : ce mercredi 29 janvier de 18h à 19h, nous posons nos micros à Autrans-Méaudre en Vercors. Comme dans les autres stations de ski, la question de l'adaptation du modèle économique est au cœur des préoccupations.

Autrans-Méaudre, station de sports d'hiver
Autrans-Méaudre, station de sports d'hiver © Radio France - Philippe Randé

Toutes les stations de moyenne-montagne sont peu ou prou logées à la même enseigne : côté neige, le début de saison est pour le moins poussif... Et Autrans-Méaudre, 3000 habitants, n'échappe pas à la règle. Mais ici, les équipes de la station ont fait le maximum : 60% des pistes sont ouvertes sur les deux domaines alpins (Méaudre et la Sure). 

Sur le plateau de Gève, "le frigo du Vercors", 35 km de pistes ont été damées pour les skieurs de fond. Et si plusieurs épreuves de la "Foulée Blanche", la grande fête du nordique, ont pu se tenir la semaine dernière, en revanche pas de 42 kilomètres -l'épreuve-reine- cette année, faute de neige suffisante. 

L'or blanc, c'est pourtant bien ce qui a fait la renommée du territoire. Une renommée internationale grâce au coup de projecteur porté par les Jeux olympiques de Grenoble, quand Autrans accueillait les épreuves nordiques en 1968. Aujourd'hui encore, la neige commande le baromètre économique du territoire. Ce qui demande un effort d'adaptation.   

"On vient sur le Vercors en hiver pour faire du ski"

Nadine Clauzier, directrice de l'ESF de Méaudre - Radio France
Nadine Clauzier, directrice de l'ESF de Méaudre © Radio France - Lionel Cariou

Du côté de l'Ecole du ski français (ESF) de Méaudre, la directrice Nadine Clauzier assure que le chiffre d'affaire de la structure est resté stable ces dernières années, mais au prix d'un peu de gymnastique. Ainsi pendant les dernières vacances de Noël, quand les remontées de Méaudre étaient fermées, les moniteurs du village ont emmené leurs groupes à Autrans, sur les pistes ouvertes à la Sure. 

Et Nadine Clauzier de militer pour le développement d'activités complémentaires pour faire face aux saisons avares en neige, par exemple en couvrant la piscine de Méaudre. Mais sans perdre de vue l'essentiel : "On vient sur le Vercors en hiver pour faire du ski", rappelle la monitrice pour qui il faut améliorer le domaine débutant de Méaudre, et investir dans des enneigeurs pour garantir un manteau blanc au bas des pistes, "mais sans faire n'importe quoi. Il faut assurer le minimum pour que les gens présents sur la station puissent skier"

Et que les emplois soient préservés : moniteurs de ski, perchemen, pisteurs, boulanger, employés des centres de vacances et l'hôtellerie-restauration, etc. "Si on ne sauve pas ça avec un minimum d'enneigeurs, on pourra fermer les stations", estime Nadine Clauzier.   

80 employés dans les remontées, 65 moniteurs 

Et de fait, le tourisme en général et la neige en particulier fait vivre beaucoup de monde ici. La station, qui fonctionne en moyenne une centaine de jours par an selon l'enneigement, compte 25 moniteurs de fond et d'alpin à Méaudre, une quarantaine à Autrans. 

Il faut ajouter à cela les employés communaux des sites alpins et nordiques (12 personnes), ainsi que les saisonniers (55 en alpin, 12 en nordique). Sans oublier, bien sûr, les magasins de sport qui louent le matériel. "On réalise 70% de l'activité de l'année sur l'hiver, détaille Marc Champiot-Bayard, le gérant de "La Grange aux skis" à Autrans. Le ski, c'est le moteur de notre emploi." 

Marc Champiot-Bayard, gérant de la Grange aux skis à Autrans - Radio France
Marc Champiot-Bayard, gérant de la Grange aux skis à Autrans © Radio France - Lionel Cariou

Et quand on parle du ski, c'est surtout dans sa version alpine : en hiver, le ski alpin représente 70 % du chiffre d'affaire du magasin. "Si on n'a pas ça, effectivement on fait d'autres choses à côté, mais qui ne seront pas aussi importantes. Le vélo électrique par exemple, c'est un supplément, mais ça ne remplacera pas le ski", prévient Marc Champiot-Bayard. 

Demain, les activités seront amenées à se diversifier ; mais sur le court terme, il faut soutenir le ski assure-t-il : "La première chose à faire c'est d'équiper notre station de façon à assurer un enneigement minimum pour démarrer la saison. Nous on a investi sur les activités ski ; arrêter du jour au lendemain, ce n'est pas possible", tranche le commerçant.  

Activités "4 saisons"

Christophe Lebel, le directeur de l'office de tourisme intercommunal (compétent sur les communes d'Autrans-Méaudre, Lans-en-Vercors et Saint-Nizier-du-Moucherotte), le confirme : la clientèle, mécaniquement, consomme davantage en hiver pour la location du matériel, les forfaits, les cours de ski, etc. Ici, on vient principalement de la région, notamment de Lyon, Chambéry, Valence, et bien sûr Grenoble. 

"On doit commencer à envisager des solutions alternatives, tout en proposant du ski quand la neige est là, car ça reste un fondamental", avance Christophe Lebel. Des alternatives pour répondre aux enjeux climatiques, mais pas seulement. Les habitudes de consommation aussi changent : "Les gens skient en moyenne 4 heures par jour, constate-t-il. Ils ne skient plus une journée complète et ils ne skient plus six jours complets." 

Christophe Lebel, directeur de l'office de tourisme intercommunal du Vercors - Radio France
Christophe Lebel, directeur de l'office de tourisme intercommunal du Vercors © Radio France - Lionel Cariou

Et le directeur de l'Office de tourisme de citer les atouts du territoire où l'on peut pratiquer selon les saisons la raquette à neige, la randonnée pédestre, mais aussi découvrir le patrimoine historique ou déguster les produits locaux, Bleu du Vercors-Sassennage en tête... Sans oublier les nouvelles activités dites "quatre-saisons" qui ont vu le jour ces dernières années : la luge sur rail et le tubbing (on dévale une piste synthétique sur une grosse bouée) à Autrans, et la tyrolienne géante à Méaudre. 

Enfin, la station attire du monde grâce à une série d'événements bien ancrés dans le paysage comme la Foulée Blanche en janvier, le Vercors Music Festival en juillet, et le Festival International du Film de Montagne d'Autrans (FIFMA) en décembre. Pour Christophe Lebel, penser le futur du tourisme ne peut se faire que collectivement, en réunissant tous les acteurs autour d'une même la table.  

Vers un renforcement de la pluri-activité en montagne

L'une des clés pour réussir cette mutation, c'est aussi la formation des professionnels dans les territoire de montagne. Et justement, Autrans-Méaudre compte un acteur de poids : l'AFRAT, l'Association pour la formation des ruraux aux activités du tourisme, que dirige Martine Chaligné. L'AFRAT, qui emploie 20 personnes en plus des 80 intervenants extérieurs, a formé 50.000 personnes dans les métiers du tourisme depuis sa création en 1965. 

La tendance, c'est d'aller vers une plus grande pluri-activité souligne Martine Chaligné, "comme l'accompagnateur en moyenne-montagne qui peut être aussi à certains moments hébergeur ou gardien de refuge, voire faire de l'entretien de sentier de randonnée ; ça permet à nos stagiaires, quand ils ont ces compétences, d'être employables sur des territoires ruraux et des territoires de moyenne montagne." 

Avec pour objectif de maintenir et créer des emplois sur place, au plus près de la nature et de ces paysages idylliques. Derrière le comptoir de son atelier de fartage, Marc Champiot-Bayard affiche un large sourire. "Ici, le cadre de vie est exceptionnel !" lâche le skiman, pas lassé du coin pour un sou.

AUTRANS-MÉAUDRE LE DÉBAT ! 

France Bleu Isère et Le Dauphiné Libéré invitent les représentants des trois listes à venir débattre ce mercredi soir de 18 h à 19 h en direct sur l'antenne et en public à la salle des fêtes d'Autrans

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