Économie – Social

Nancy : les associations durement touchées par le gel des emplois aidés

Par Manon Klein, France Bleu Sud Lorraine dimanche 17 septembre 2017 à 19:07

Plus de 200 associations se sont réunies dimanche 17 septembre 2017 dans le parc de la Pépinière à Nancy.
Plus de 200 associations se sont réunies dimanche 17 septembre 2017 dans le parc de la Pépinière à Nancy. © Radio France - Manon Klein

Plus de 200 associations se sont réunies dimanche 17 septembre 2017 dans le parc de la Pépinière, à Nancy, pour la 10ème édition des "Associations en fête". Cette année, elles sont particulièrement touchées par le gel des emplois aidés décidé pendant l'été.

Si l'ambiance est plutôt joyeuse, entre les chapiteaux installés au milieu du parc de la Pépinière, et les différentes animations proposées, le cœur des associations n'est pas toujours à la fête. Et pour cause : le gel de certains emplois aidés décidé par le gouvernement pendant l'été vient durement toucher leur activité. Le secteur associatif est le plus gros employeur de ce type de contrats (dans le Grand Est, 37% des CAE sont signés dans les associations et fondations, selon les chiffres de l'Insee).

Une incidence concrète

Pour certaines associations, le gel d'un emploi aidé se traduit très concrètement sur leur activité. A la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) des 3 maisons, à Nancy, le fonctionnement du jardin partagé repose uniquement sur des contrats aidés; ''Le projet pourrait être mis sur la touche" précise Nadine Royer, directrice de la structure.

L'Asae Francas du plateau de Haye a  pour objectif d'"animer le lien social", notamment au travers d'animations. - Radio France
L'Asae Francas du plateau de Haye a pour objectif d'"animer le lien social", notamment au travers d'animations. © Radio France - Manon Klein

Faute de moyens, les associations ne pourront pas remplacer ces emplois gelés par des contrats de type CDD ou CDI. A l'Asae Francas du plateau de Haye, ce sont les bénévoles et les quelques permanents (6 personnes) qui vont devoir se partager le travail supplémentaire. La structure prévoyait notamment d'embaucher une personne en CAE pour s'occuper du secrétariat et des travaux administratifs de l'association; "Si on a pas au moins une personne pour tout centraliser, c'est ingérable'', déplore Renaud Hummel, directeur de l'Asae Francas du plateau de Haye.

Une annonce brutale

Ce que les associations regrettent le plus, c'est la soudaineté de l'annonce, à quelques mois seulement de la rentrée de Septembre. ''Je n'ai eu confirmation du gel de mon emploi aidé qu'au moment du renouvellement. J'ai du annoncer à la personne concernée la nouvelle le jour de son retour de congés'' raconte Luc Bour, président d'Amitié Tzigane, qui accompagne environ 1500 familles en Moselle et Meurthe-et-Moselle.

Une volonté de former les personnes en emplois aidés

Le gouvernement a justifié le gel de certains contrats aidés notamment en s'appuyant sur le fait qu'ils débouchent peu souvent sur un emploi stable. Pourtant plusieurs associations affirment avoir mis en place des dispositifs d'accompagnement et de professionnalisation à destination de leurs employés en contrats aidés. C'est le cas par exemple à la Banque alimentaire de Meurthe-et-Moselle.

Plusieurs associations espèrent encore pouvoir négocier le dégel de certains de leurs emplois aidés, car les décisions dans ce domaine n'ont pas encore été toutes arrêtées.