Économie – Social

Nantes sur le podium des villes les plus numériques

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan vendredi 15 septembre 2017 à 3:00

Le numérique représente 23.000 emplois dans l'agglomération nantaise
Le numérique représente 23.000 emplois dans l'agglomération nantaise © Maxppp -

C'est parti pour la Nantes digital week. Jusqu'au 24 septembre, tous les acteurs du numérique vont se croiser à l'occasion de différentes animations et de différents ateliers de travail. Le numérique, secteur clef de l'économie de l'agglomération.

Nantes, c'est l'une des villes qui comptent le plus pour le numérique en France. L'agglomération est sur le podium des villes, en région, qui comptent le plus d'emplois dans le secteur, derrière Lyon et Toulouse. Elle fait partie de la French tech, la métropole fait beaucoup pour que la filière se développe, mais aujourd'hui, les entreprises sont freinées dans leur essor parce qu'elles n'arrivent pas à recruter.

Le numérique à Nantes, c'est l'équivalent de la population de la ville de Vertou

Le numérique fait travailler plus de 23.000 personnes dans l'agglo nantaise. C'est-à-dire l'équivalent de la ville de Vertou ! Et ça va vite, très vite, puisqu'en moyenne, depuis 2012, ce sont près de 1.000 nouveaux emplois qui ont été créés, chaque année, dans le secteur, ce qui fait de Nantes la ville où la croissance est la plus forte en région.

Plus de 2.000 entreprises, dont les pépites nantaises iAdvize et Lengow

C'est la même chose au niveau des entreprises : 300 crées, chaque année depuis 2011 pour dépasser, désormais, le chiffre total des 2.000. Il y a les mastodontes : Capgemini, Sopra Steria, les directions des systèmes informatiques de grands groupes (la SNCF, la Banque populaire...), les pépites nantaises aussi comme iAdvize et Lengow, mais aussi de nombreux entrepreneurs individuels, sans aucun salarié donc, ils sont près de 1.400.

Un développement freiné : l'exemple de Next Decision

Ça parait presque miraculeux, vu la situation économique de la France, mais le plus fou là dedans, c'est que beaucoup d'entreprises du numérique ne se développent pas aussi vite qu'elles le pourraient. Pourquoi ? Parce que 40% des recruteurs ont du mal à trouver des candidats.

C'est le cas de Next Decision, une société crée en 2007, spécialisée dans l'analyse de données économiques pour les entreprises. "Nous cherchons à recruter une dizaine de personnes", annonce Régis Boudaud, directeur associé de Next decision, "mais nous n'y arrivons pas. Nous avons donc du refuser des clients et nous ne pouvons pas nous développer comme nous le souhaitons".

Nous avons du refuser des clients

L'entreprise offre des salaires pourtant tout à fait corrects pour le marché nantais, elle propose aux jeunes diplômés qui ne sont pas spécialisés dans son secteur de les former, elle prend des apprentis... Mais le problème est en amont explique le dirigeant : "il n'y a clairement pas assez d'étudiants dans les écoles par rapport aux besoins d'informaticiens sur le marché français". Régis Boudaud, qui est aussi enseignant, le voit directement : "en 2006, j'avais des promos de soixante élèves. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu'une dizaine." Des classes à moitié vide alors qu'il y a du boulot à coup sûr à la sortie et que le chômage est toujours haut chez les moins de 25 ans. Ils étaient plus de 17.000 inscrits à Pôle emploi, fin juillet, en Loire-Atlantique. "Notre problématique, c'est vraiment un coup de gueule ! Comment c'est possible que nous ayons tous ces jeunes sans emploi et que, nous, dans nos métiers, du mal à recruter parce que personne ne veut s'engager dans nos filières ?". Le résultat, c'est que c'est la foire d'empoigne entre les entreprises dès qu'un candidat intéressant se présente.

Un problème d'image

Alors, quel est le problème ? Et bien, c'est une vieille image bien collante dont le métier n'arrive pas à se défaire, illustrée par une chanson moqueuse au début des années 2000.

On est pas que des gens qui sont derrière des ordinateurs à coder toute la journée !

"On n'est pas que des gens qui sont derrière un ordinateur à faire du code toute la journée, sans parler à personne. C'est pas ça notre métier !", martèle Régis Boudaud. Dans sa société, par exemple, les consultants sont en relation avec les dirigeants des entreprises avec lesquelles ils travaillent, ils vont sur le terrain. L'informatique et le numérique, c'est aussi une diversité de domaines d'application très vaste, dont beaucoup sont insoupçonnés. "Pour que les lycéens en soient convaincus, je les invite à aller aux portes ouvertes des écoles d'informatique", conclue Régis Boudaud. Surtout les filles qui ne représentent actuellement qu'un tiers des salariés du secteur, à Nantes.

►►► France Bleu Loire Océan sera en direct de la Nantes digital week ce dimanche 17 septembre, de 10h à midi.