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"On ne se sent même plus humain" : les agents de nettoyage de la maternité de Nancy en grève

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Depuis jeudi 30 juillet, les neuf agents de nettoyage de la maternité régionale de Nancy sont en grève. Employées par ISS, prestataire de l'établissement de santé, elles demandent une reconnaissance salariale, le paiement des heures supplémentaires et l'obtention d'une prime covid.

Les agents de nettoyage de la maternité régionale de Nancy, employée par le prestataire ISS, demandent une reconnaissance salariale.
Les agents de nettoyage de la maternité régionale de Nancy, employée par le prestataire ISS, demandent une reconnaissance salariale. © Radio France - Lise Roos-Weil

Devant la maternité régionale de Nancy, une dizaine de blouses blanches, attablées autour de quelques cacahuètes à partager. Sur les grillages, des banderoles aux slogans évocateurs : "ISS, stop à l'exploitation". Les neuf salariées du prestataire de nettoyage sont en grève depuis jeudi 30 juillet

"En avril, pendant le covid, j'ai fait 140 heures, et j'ai eu 750 euros de paie, soupire Samia Zeghichi. On venait à 3 heures du matin, on voyait des cadavres passer à côté de nous, des cas de covid, et nous n'avions même pas de masques. On a mis trois semaines à en avoir." 

Pendant le covid, j'ai fait 140 heures et j'ai eu 750 euros de paie

Les jeunes femmes ne décolèrent pas. Au plus fort de la crise, elles étaient en première ligne. "Il a fallu gérer la pression, on était stressées, se rappelle Lysane Dessites, qui, comme ses collègues, a repoussé ses vacances pour répondre à la crise sanitaire. On avait peur de ramener la maladie parmi nos proches. On était épuisée aussi parce qu'ils nous demandaient toujours plus de boulot. C'était très très compliqué pour nous."

Les agents de nettoyage de la maternité de Nancy, employées par le prestataire ISS, dénoncent leurs conditions salariales
Les agents de nettoyage de la maternité de Nancy, employées par le prestataire ISS, dénoncent leurs conditions salariales © Radio France - Lise Roos-Weil

Mais les salariées de ISS ne voient pas leurs efforts récompensés. Elles demandent que toutes les heures supplémentaires soient rémunérées, les salaires revalorisés et veulent obtenir une prime covid. "Le travail que l'on fait, ce sont des tâches que les soignants n'ont pas à faire, et il peuvent s'occuper davantage des patients, précise Aurélie Gerdolle. On s'est dit que nous aussi on avait le droit à une prime covid, parce qu'on travaille aussi dans le secteur hospitalier."

La seule proposition de prime qu'on a eue c'était 40 euros, on l'a refusée parce qu'on a quand même de la dignité

Mais les salariées ont vite déchanté : "la seule proposition qu'on a eue c'était quarante euros...on l'a refusée parce qu'on quand même de la dignité...", confie Aurélie, la gorge serrée. Depuis le prestataire ISS a appris qu'il avait perdu le marché de la maternité régionale de Nancy. Les salariées seront employées par un autre prestataire à partir d'octobre. La direction refuse donc de verser les primes demandées.

"Depuis que la direction sait qu'on est pas repris, elle nous a signifié qu'il n'y aurait pas de prime covid du tout", lâche Aurélie amère. "On ne se sent même plus humain, moi je ne sais même pas ce que je suis dans cette société", soupire Samia.

Après des échanges infructueux avec la direction régionale ce lundi 03 août, les agents de nettoyage ont décidé de continuer la grève. La direction, qui n'a pas répondu à nos sollicitations, leur a proposé de poursuivre les échanges à la fin du mois d'août avec la direction des ressources humaines, mais les salariées ne se satisfont pas de cette réponse. 

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