Économie – Social

Négociations tendues sur l'assurance chômage

France Bleu jeudi 13 février 2014 à 15:22

Pôle Emploi (illustration)
Pôle Emploi (illustration) © Radio France

Syndicats et patronat ne sont pas d'accord sur la façon dont il faut renégocier les règles d'indemnisation des chômeurs. Contre les conseils du gouvernement, le patronat entend entamer une réforme "en profondeur", qui fait notamment disparaître le régime des intermittents du spectacle. Pas question pour les syndicats. Ce jeudi, la CGT a quitté la réunion en déchirant les propositions du patronat.

"Voilà ce que la CGT pense du projet du Medef ", a lancé Eric Aubin, le chef de la délégation CGT pour la négociation sur l'assurance chômage. A la sortie d'une séance de discussions entre le patronat et les syndicats, le représentant syndicaliste a déchiré, devant les objectifs des caméras, le document qui comportait les propositions du Medef pour réformer l'indemnisation des chômeurs.

Malgré les préconisations du gouvernement, les organisations patronales ont proposé mercredi un projet de réforme en profondeur de l'assurance chômage. Un projet "casse-cou" pour Jean-Marc Ayrault , et des propositions "provocatrices" selon la négociatrice de la CFDT, Véronique Desacq.

Que proposent les patrons ?

L'évolution des indemnisations en fonction du taux de chômage : dans le document proposé par le patronat, l'indemnisation passerait graduellement de 0,8 jour indemnisé pour un jour cotisé si le taux de chômage est inférieur à 9% à 1,2 jour indemnisé par jour cotisé si le taux est supérieur à 12%. Même chose pour la durée d'indemnisation, qui pourrait passer de 18 mois à 24 mois. En clair, plus il y a de chômeurs, mieux ils sont indemnisés.Faire participer l'Etat à l'assurance chômage : actuellement, seuls les salariés, ainsi que les employeurs du privé cotisent à l'assurance chômage. Le patronat souhaiterait engager une concertation pour que les employeurs publics, qui emploient des agents contractuels (au régime général), cotisent eux aussi à l'Unedic.Une réforme du cumul assurance chômage – emploi partiel : selon les propositions du patronat, ce cumul ne pourrait plus dépasser 80% de l'ancienne rémunération nette du chômeur. Objectif : pousser les chômeurs à reprendre un emploi le plus vite possible.La fin du régime des intermittents : c'est la mesure la plus contestée de cet ensemble de propositions. Le Medef propose d'aligner l'assurance chômage des intérimaires et des intermittents sur le droit commun. Selon l'Unedic, le surcoût de ces régimes particuliers représente 320 millions d'euros par an. "C'est une déclaration de guerre !"

Cette dernière mesure a fait grincer les dents des syndicats. "C'est une déclaration de guerre ! " a lancé Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires du spectacle. "Là, ça va braquer tout le monde et gâcher la possibilité d'une discussion sereine sur le sujet ", a ajouté Véronique Desacq.

La négociatrice de la CFDT précise que si cette réforme "doit s'envisager sur un temps long ", il n'était pas question de mettre la question sur la table, alors que d'autres sujets, dont la mise en place des droits rechargeables, semblent prioritaires.

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