Économie – Social

Suppressions d'emplois chez Neuhauser à Folschviller : 300 personnes se mobilisent

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord mardi 24 janvier 2017 à 19:15

Quelques 300 salariés de Neuhauser réunis à la première assemblée générale à Folschviller.
Quelques 300 salariés de Neuhauser réunis à la première assemblée générale à Folschviller. © Radio France - François Pelleray

Quelques 300 salariés sur 600 de Neuhauser à Folschviller ont assisté à la première assemblée générale ce mardi 24 janvier. Une réunion qui lance le combat pour l'emploi, 259 postes sont menacés dans cette boulangerie industrielle vieille de 110 ans.

Environ la moitié du personnel de Neuhauser à Folschviller a répondu à l’appel de leurs représentants syndicaux. Ils étaient quelques 300 réunis au centre Marcel Martin de Folschviller ce mardi 24 janvier. Beaucoup sont encore sous le choc de l'annonce de la semaine dernière, la suppression de 259 postes dans les trois usines de la ville, située au sud de Saint-Avold.

Le comité d'entreprise a demandé à un expert-comptable d'étudier les comptes de Neuhauser, boulangerie industrielle historique, fondée en 1906. La consigne est d'attendre les conclusions de l'expertise avant de mener des actions.

Neuhauser a été fondée en 1906 à Folschviller. - Radio France
Neuhauser a été fondée en 1906 à Folschviller. © Radio France - François Pelleray

A la sortie, beaucoup de salariés étaient gonflés à bloc, prêts à s'engager dans un long combat d'au moins quatre mois. La grève ne fait pas peur à ces ouvrières : "la direction nous a mis le couteau sous la gorge donc il faut maintenant se battre et ne rien lâcher. Je suis en couple dans cette usine, donc imaginez, déjà retrouver un emploi c’est compliqué, mais alors deux c’est impossible".

Cette maman célibataire avec trois enfants poursuit : "je gagne au mieux 1.200 euros par mois, j’ai un loyer de 700 euros. J’ai vraiment besoin de ce travail, pour moi et pour mes enfants, donc je ne lâcherai rien".

Beaucoup d'ouvriers de Neuhauser sont en couple, comme Grégory.

Les leaders syndicaux ont mis en garde leurs camarades contre les divisions. Certains l'ont déjà observé dans leur travail : "ils nous changent de ligne pour qu’on se mette des bâtons dans les roues. Ça devient l’anarchie dans l’usine. Et puis il y a beaucoup de pannes qui sont plus bidouillées que réparées. Mais ce n’est pas la faute de la maintenance. Il n’y a pas d’investissement, on ne peut pas faire du neuf avec du vieux".

Le comité d'entreprise a missionné l'avocat Ralph Blindauer pour défendre les intérêts des salariés. Son premier message est de ne pas tomber dans le piège de la division. Et de ne pas succomber aux indemnités de départs qui peuvent paraitre alléchantes : "les chèques sont souvent très vite dépensés, et après un an et demi de congé de reclassement et deux ans de chômage, certains se retrouvent au RSA, alors qu'un emploi, ça reste".

L'une des trois usines Neuhauser à Folschviller. - Radio France
L'une des trois usines Neuhauser à Folschviller. © Radio France - François Pelleray

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