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Économie - Social

Noël à peine passé, c'est déjà la course aux galettes des Rois

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

En pleines fêtes de fin d'année, la bûche de Noël est déjà concurrencée par l'arrivée en trombe de la galette des Rois dans les vitrines et les rayons. Un commerce juteux qui dénote avec la tradition, qui relie ce dessert à l'Épiphanie, début janvier. Reportage chez les commerçants de Nantes.

Plus d'une semaine avant l'Épiphanie, les galettes des Rois garnissent déjà les vitrines des boulangers.
Plus d'une semaine avant l'Épiphanie, les galettes des Rois garnissent déjà les vitrines des boulangers. © Radio France - Pascale Boucherie

Nantes, France

Il s'en vend en moyenne une par seconde : 32 millions de galettes des Rois sont écoulées chaque année en France. Et 94% des Français avouent se laisser tenter par au moins une de ces galettes pendant l'année, selon la Fédération des entreprises de boulangerie ! La période phare, celle où on les voit fleurir des boulangeries aux supermarchés en passant par les affiches publicitaires, c'est celle de l'Épiphanie : la date rappelant, dans la tradition chrétienne, la visite des Rois Mages à Jésus enfant. En 2020, l'Épiphanie se fêtera le 6 janvier.

Mais pas besoin d'attendre jusque-là : le repas de Noël est à peine digéré, le nouvel an n'est pas encore passé que des centaines de galettes des Rois attendent déjà à l'entrée de ce supermarché de Nantes (Loire-Atlantique).

Pomme, frangipane ... une quarantaine de ces galettes sont vendues chaque jour dans cette grande surface nantaise. - Radio France
Pomme, frangipane ... une quarantaine de ces galettes sont vendues chaque jour dans cette grande surface nantaise. © Radio France - Simon de Faucompret

Quarante galettes par jour

Ces galettes industrielles sont arrivées bien avant Noël, début décembre. Il s'en vend trente ou quarante par jour depuis, et ça devrait continuer jusqu'à la fin du mois de janvier 2020. "Les livraisons s'arrêtent à l'Épiphanie, le 6 janvier, mais les jours suivants, on écoule le stock", explique un responsable. Et du stock, il y en a : au moins 400 galettes attendent dans l'arrière-boutique.

Pourquoi acheter sa galette des Rois si tôt, en pleines fêtes de Noël ? "Mon conjoint aime beaucoup ça", lance simplement Ivana, une cliente qui en a glissé une dans son caddie. Pour les gérants de ce supermarché nantais, ce gâteau a progressivement perdu de son aura religieuse et symbolique. "Il y en a, les clients achètent", synthétise l'un d'eux. "S'il y en avait toute l'année, on en vendrait toute l'année." 

Un client met le doigt sur un autre argument de poids : le prix. Ces galettes industrielles coûtent moins de trois euros, soit au moins trois fois moins cher que celles d'un artisan-boulanger.

Respecter les traditions

La galette des Rois est, de fait, davantage un commerce qu'une tradition aujourd'hui : selon des chiffres de la Fédération des entreprises de boulangerie datant de 2017, 25 des 32 millions de galettes vendues chaque année en France sont industrielles. Qu'en est-il du côté des boulangers et des artisans ?

Il y a ceux qui se contraignent à suivre le rythme, comme Florent, gérant de la boulangerie Le Tandem à Nantes : "Quand j'étais en apprentissage il y a 20 ans, les premières galettes sortaient au 31 décembre, pas avant. Aujourd'hui, on essaie de les sortir plus tôt, pour faire concurrence à la grande surface", admet-il. Pour son commerce, l'Épiphanie, c'est jusqu'à 1 000 galettes produites à cette période, une période importante où le chiffre d'affaires grimpe de 20%.

"Chaque chose en son temps !" - Vianney, boulanger nantais.

Pas de galettes, dans le four de Vianney : seulement des baguettes Tradition ! Pour lui, la galette des Rois, c'est obligatoirement pendant l'Épiphanie. Ni avant, ni après. - Radio France
Pas de galettes, dans le four de Vianney : seulement des baguettes Tradition ! Pour lui, la galette des Rois, c'est obligatoirement pendant l'Épiphanie. Ni avant, ni après. © Radio France - Simon de Faucompret

Et puis il y a ceux, comme Vianney, qui s'insurgent et résistent un peu à cet appel d'air. "Je sors mes galettes après le nouvel an", affirme-t-il. "C'est important de respecter les traditions ! Ça m'agace de voir une galette vendue début décembre, comme ça m'agace de voir une tarte aux fraises en hiver, ce n'est pas normal. Chaque chose en son temps !"

Pour lui, la concurrence avec les supermarchés ne fait que du mal à l'artisanat : "Quand on voit les grandes marques de brioche qui sortent les galettes en décembre, pas étonnant qu'on n'en vende pas au mois de janvier ! Les gens sont déjà lassés !" Le choix qu'il fait est lourd de conséquences économiques : la marge que se fait un boulanger avec une galette des Rois est d'environ 20%, c'est davantage que pour les pains ou les viennoiseries.

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