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Dossier : La nouvelle éco, comment le coronavirus bouleverse l’économie

La nouvelle éco : EasyPicky, une start-up du secteur de l'Intelligence Artificiel avec à sa tête une femme

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Par , France Bleu Hérault

Marine Bibal est cofondatrice de la start-up EasyPicky basée à Montpellier. Elle interroge la faible place des femmes dans le secteur de l'Intelligence Artificiel.

Marine Bibal, cofondatrice et VP Sales de EasyPicky
Marine Bibal, cofondatrice et VP Sales de EasyPicky - EasyPicky

Marine Bibal est cofondatrice de la start-up EasyPicky basée à Montpellier. Elle interroge la faible place des femmes dans le secteur de l'Intelligence Artificiel.

Quel est le principe de votre entreprise EasyPicky ?

Marine Bibal : EasyPicky fait gagner du temps aux forces de vente des industriels de la grande distribution qui font des relevés linéaires en rayons dans les supermarchés et hypermarchés. Aujourd'hui, l'application permet de vérifier que les produits de la marque sont bien présents là où ils doivent être et au bon prix. C'est une activité qui peut prendre jusqu'à 40 minutes par jour, avec EasyPicky, elle ne prend plus que 2 minutes.

L'idée est de faire un simple film qui analyse la présence des produits et calcule tous les indicateurs nécessaires à votre maison mère pour le pilotage de leur activité. À la base de ça, ce sont des algorithmes en intelligence artificielle qui permettent de réaliser cette avancée technologique. 

L'intelligence artificielle est un secteur dans lequel il y a seulement 22% de femmes. En quoi ça peut poser problème au-delà, évidemment, de la question de la parité ?

On est effectivement encore bien trop peu nombreuses. Pour moi, il y a trois grands types de problèmes. 

Le premier, c'est déjà un sujet qui est un sujet d'avenir. L'intelligence artificielle, c'est un secteur qui va prendre beaucoup d'ampleur et ça pose donc une vraie problématique que les femmes soient sous-représentées dans ce secteur. À l'avenir, le secteur va beaucoup peser dans nos quotidiens et donc il faut qu'on soit plus nombreuses parce qu'on sait que les femmes ne réagissent pas pareil que les hommes autour de sujet de création d'entreprise ou d'inflexion stratégique.

Et c'est un peu la deuxième grande famille des problèmes que ça pose. Il faut qu'il y ait une plus grande diversité des représentations pour que ce secteur là puisse émerger de façon représentative de notre quotidien à tous. Enfin, le dernier sujet que cela pose est propre au fonctionnement même de l'intelligence artificielle. Quand vous dites l'intelligence artificielle est intelligente, c'est très galvaudé. Cette technologie devient intelligente parce qu'on l'entraîne à l'être en lui fournissant des données.

Or, ces données sont choisies par des humains qui ont chacun des biais cognitifs. Par exemple, quand vous mettez une population de personnes face à des couleurs qui sont dans les tons verts et d'autres dans les tons bleus, personne n'est d'accord pour catégoriser les couleurs. Pour l'intelligence artificielle, c'est pareil.

S'il n'y a que des hommes derrière, qui développent ce genre de technologie, vous allez vous retrouver avec une technologie qui est objective mais qui ne sera pas forcément représentative. Il faut pouvoir inclure tout le monde pour avoir une technologie la plus objective et la plus représentative possible. Et c'est aussi pour ça qu'on a besoin de femmes dans l'Intelligence Artificiel.

Vous dites que les décisions ne sont pas les mêmes si elles sont prises par un homme ou une femme ?

Oui, je fais référence à une étude qui est sortie au moment de la crise des subprimes et qui avait mis en avant le fait que, à l'époque, les entreprises qui étaient dirigées par des femmes avaient fait des choix moins risqués, ce qui s'était avéré sur le long terme plus judicieux. 

D'une façon générale, on voit bien que les stratégies de développement ne sont pas les mêmes si vous êtes une femme ou un homme. Chacun vient avec son bagage, en plus d'un bagage d'études. Je suis persuadé qu'il y a aussi un bagage de genre. et qu'il faut essayer de déconstruire au mieux ce qui peut être de l'ordre de la croyance limitante lorsqu'on est une femme et qu'on crée une start-up

Justement, être fondatrice d'une entreprise dans un écosystème start-up, ça se passe comment ?

Me concernant, cela se passe très bien. Je suis absolument ravi d'être là où je suis actuellement. Je n'échangerais ma place pour rien au monde. Mais, force est de constater que je croise trop peu de consœurs. L'avantage, c'est qu'on se serre beaucoup les coudes, mais il y a de nouvelles règles du jeu à inventer.

En face de vous, il y a beaucoup d'interlocuteurs masculins que ce soient les clients ou lorsque vous faites des levées de fonds, etc. Mais être une femme, je le vois comme un gros avantage car j'ai souvent une analyse de la situation un peu différente et qui ajoute quelque chose au raisonnement global. Mais j'aimerais que nous soyons plus nombreuses.

Dans notre entreprise, nous sommes un duo mixte et nous sommes très complémentaires. Dans une négociation, je vais être attentive au non-verbal, au ressenti alors que mon collègue sera focalisée sur ce qui est verbalisé. Je pense que le fait d'être un homme et une femme participe à l'alchimie du duo. 

Je pense que tout le monde doit en être, qu'on doit coécrire ensemble les règles du jeu de ce secteur de l'Intelligence Artificiel qui va être d'une importante folle à l'avenir. Même la Commission européenne veut essayer de créer un cadre législatif dans lequel l'intelligence artificielle pourrait s'épanouir en Europe. C'est loin d'être anecdotique. Les champs d'application peuvent être absolument colossaux. 

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