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Économie – Social

Opération escargot et tractage, les salariés de Steva font monter la pression

jeudi 13 septembre 2018 à 19:32 Par Jérôme Ostermann, France Bleu Creuse et France Bleu Limousin

Les salariés de Steva ont mené une opération escargot jeudi matin sur l'A20 jusqu'au rond point de la Croisière en Creuse, au croisement avec la N145. Ils y ont mené une opération de filtrage et de tractage pour sensibiliser un maximum de monde à leur cas. Celui de travailleurs sur la sellette.

Les salariés de Steva en plein tractage sur le rond point de la Croisière en Creuse ce jeudi
Les salariés de Steva en plein tractage sur le rond point de la Croisière en Creuse ce jeudi © Radio France - Jérôme Ostermann

Bessines-sur-Gartempe, France

Les salariés de Steva l'ont annoncé. Ils préfèrent perdre leurs emplois "les armes à la main" plutôt que de subir une nouvelle reprise brutale. Sachant que sur leur site de Bessines sur Gartempe, il n'y a plus que 114 salariés contre 350 au plus fort de l’activité de ce spécialiste de l'emboutissage. Ce jeudi, ils ont mené une première opération "douce". Une opération escargot sur l'A20 entre l'usine et le rond point névralgique de la Croisière en Creuse, là où passe la très fréquentée Nationale 145.

Bruno Grimaud, le délégué FO du site Steva de Bessines sur Gartempe donne ses consignes pour que le tractage se déroule bien   - Radio France
Bruno Grimaud, le délégué FO du site Steva de Bessines sur Gartempe donne ses consignes pour que le tractage se déroule bien © Radio France - Jérôme Ostermann

Et ils étaient tous là, signe que la mobilisation est totale. Evidemment, les bouchons se sont vite accumulés. Les salariés eux, ont distribué des tracts avant de finir par un pique nique sur le rond point. Si l'ambiance était convivial, les cœurs étaient lourds. Notamment celui de Joël, qui en a déjà vécu des reprises du site :"J'ai 30 ans d’ancienneté et c'est la 9e fois qu'on est repris ! On ne peut pas dire que c'est une habitude mais au quotidien, c'est très lourd. Je vais avoir 50 ans cette année et dans la région, il n'y a plus rien. Si il faut retrouver du travail, repartir à zéro, avec les études des enfants et le crédit de la maison... Ce n'est pas facile, mais on va se battre."

Triste d'avoir toujours le même cinéma ! 

Des salariés d'autant plus remontés qu'ils ont bien compris le manège qui se trame à chaque reprise du site, notamment en ce qui concerne l'utilisation de l'argent public. En tout cas, Cyril, après 24 ans passés chez Steva, se dit très lucide :"C'est un peu triste d'avoir toujours le même cinéma, la même comédie. Des repreneurs viennent , veulent l'argent de la région, ils veulent reprendre des sites mais par contre ils veulent licencier des gens. C'est un peu décevant. On est tous conscients que le site de Bessines ne peut pas fonctionner à moins de 100 personnes. Les possibles repreneurs jouent un poker menteur et ils y jouent très bien. Ils veulent garder un minimum d'emploi et surtout récupérer un maximum d'aides publiques.

Les bouchons se sont vite accumulés sur la RN145, sous la surveillance des gendarmes  - Radio France
Les bouchons se sont vite accumulés sur la RN145, sous la surveillance des gendarmes © Radio France - Jérôme Ostermann

Le dernier repreneur potentiel, la société Bowden basée dans l'Indre voisine, propose de reprendre entre 60 et 80 salariés. Une solution qui ne serait absolument pas viable selon Claude, 29 ans de présence sur le site de Bessines :"Cette usine est viable, mais pas avec le nombre de salariés qu'ils souhaitent garder. Dans ce cas, nous ne serions plus qu'un site de production, voué à la fermeture. Si il n'y a plus personne pour développer des produits, c'est voué à l'échec assez rapidement." La visite du patron de Bowden la semaine prochaine (mardi et mercredi) en plein CE de Steva, s'annonce à la fois brûlante et capitale pour l’avenir du site.

La mobilisation pourrait sérieusement se durcir selon FO 

A Bruno Grimaud, le très actif délégué Force Ouvrière de Steva Bessines de prévenir :"Je connais mes collègues de travail. Ça va être une sacrée lutte. Il vaut mieux que ça bouge dans tous les sens et qu'on trouve une solution pour cette entreprise. Sinon, ça va être encore pire que GM&S à la Souterraine (où les salariés ont menacé de faire sauter l'usine avec des bonbonnes de gaz). Je connais leur motivation. La moitié des gens est déjà prête à tout casser. On parle de FO. Mais nous leur avons proposé cette action de tractage, plutôt soft, pour éviter d'aller au drame. Mais au bout d'un moment, on aura plus d'argument pour dire "calmez-vous, on va essayer ça ou ça". Quand la majorité des gens voudra aller plus loin, on ira plus loin.