Économie – Social

Orléans : un magasin de vêtements placarde les photos d'un voleur

France Bleu Orléans jeudi 9 avril 2015 à 5:00

L'affiche a été placadrée sur la vitrine du magasin à Orléans.
L'affiche a été placadrée sur la vitrine du magasin à Orléans. © Sylvie Chefaroudi

Le sujet ne va pas manquer de susciter la polémique. Depuis le début de cette semaine un magasin de prêt-à-porter rue du Chariot en centre-ville d'Orléans affiche des photos de clients soupçonnés d'avoir dérobé des produits dans les rayons. Ces images sont issues des caméras de vidéosurveillance. Problème : ce n'est pas légal.

Sur l’affiche placardée en vitrine, on peut voir deux photos issues de la vidéo surveillance qui équipe le magasin et y lire cette mention : "Amis commerçants, attention à ces voleurs à la tire, devenons solidaires en créant un réseau" . Sylvie Chefaroudi, la patronne du magasin de prêt-à-porter Howen assume sa démarche : "ce n'est pas absolument pas de la délation, c'est de l'information. On est commerçant, on a des salaires à payer et on ne doit pas laisser faire les vols à la tire parce que ce n'est pas puni. Ets-ce qu'ils ont le droit de voler dans mon magasin. Leur vie privé cesse à partir du moment où ils empiètent sur la mienne ... C'est hors de question que je me laisse faire."

Une pratique illégale

L'adjoint au commerce à la Ville d’Orléans, François Foussier ne légitime pas le procédé mais il comprend le désarroi des commerçants : "je comprends l'exaspération du commerçant. Après il y a le problème du droit à l'image. C'est clair qu'il faut respecter la loi. Ceci étant, il faut combattre ce genre de petit larcin qui est très désagréable". Publier des images de vidéosurveillance peut constituer une infraction pénale à plusieurs titres, diffamation, atteinte à la vie privée, à la présomption d’innocence. Une photo est personnelle et sa diffusion nécessite le consentement de la personne concernée. Un précédent a eu lieu récemment dans un Carrefour City, rue de Vaugirard dans le XVe arrondissement de Paris.