Économie – Social

Ouverture le dimanche : Auchan Saint Cyr remplit les caddies

Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine mardi 13 septembre 2016 à 11:26

Depuis le dimanche 28 août, l'hypermarché de Saint Cyr sur Loire voit affluer les clients
Depuis le dimanche 28 août, l'hypermarché de Saint Cyr sur Loire voit affluer les clients © Radio France - Marie-Ange Lescure

C'est une première en Indre et Loire pour un magasin de cette taille : l'hypermarché Auchan de Saint Cyr sur Loire ouvre ses portes le dimanche matin depuis le 28 août et force est de constater que les clients sont au rendez-vous.

Il a été le premier à rompre le consensus tourangeau du repos dominical pour les magasins de cette importance. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a eu raison si on se base seulement sur la fréquentation et le chiffre d'affaire.

"On a été les premiers à faire du drive, on est les premiers à ouvrir le dimanche" explique le directeur du magasin, décontracté et satisfait de cette initiative en fin d'été. Depuis le dimanche 28 août, les portes ouvrent à 9h du matin "mais c'est un rythme particulier" dit Sébastien Toullier le directeur, "la clientèle commence à arriver vers 10h et ensuite on a le rush concentré sur une heure et demi à partir de 11h et jusqu'à la fermeture à midi trente".

Qui pour accueillir cette clientèle dominicale quand on se souvient de l'opposition des syndicats présents dans le magasin contre cette ouverture le dimanche ?
Sur les 300 salariés qui travaillent dans l'Hypermarché, travailler le dimanche se fait sur la base du volontariat avec un salaire revalorisé ce jour-là et un repos compensateur dans la semaine. Mais surtout le gros des troupes salariales du dimanche matin est constitué d'étudiants : trois quarts d'étudiants pour un quart de salariés titulaires sur la vingtaine de personnes le dimanche matin.

Pour le délégué du personnel Force Ouvrière de l'hypermarché de Saint Cyr sur Loire, pour l'instant le volontariat des personnels est respecté, mais la question se pose sur le long terme selon lui et il a d'ores et déjà constaté des dépassements d'horaires : les salariés arrivent à 6h du matin pour la mise en rayon et la préparation du magasin et doivent finir le demi-journée de travail à 13h. Or dimanche dernier, 11 septembre, la direction du magasin a dû abaisser les grilles dés midi pour réussir à faire passer en caisse tous les clients en attente avant la fermeture à midi trente, mais cela n'a semble-t-il pas suffit puisque des clients finissaient de payer leurs caddies encore à 12h45 selon le délégué du personnel et certains employés ont donc fini leur journée de travail après l'heure légale de 13h.

"Ce sont encore des calages à faire" répond le directeur de l'hypermarché, "dimanche prochain 18 septembre je doublerais les effectifs pour ouvrir plus de caisses".

Une chose est sûre pour l'instant, Sébastien Toullier peut afficher un sourire commercial radieux : la clientèle est là "pas de Saint Cyr ni de Tours" a t il remarqué car les clients du dimanche semblent découvrir l'emplacement des différents rayons et pour confirmer cette impression il va d'ailleurs lancer un sondage pour déterminer de résidence de ces consommateurs du dimanche. Le chiffre d'affaire d'un dimanche matin serait de quelques 66 000 euros selon le délégué du personnel (sur les jours de semaine, il s'affiche à 150 à 200 000 euros et à  300 000 euros le samedi - toujours selon le délégué du personnel).

Pour l'instant, c'est le seul magasin de cette taille ouvert le dimanche matin, mais l'affaire continuera-t-elle à être aussi rentable si d'autres super ou hypermarchés décident eux-aussi d'ouvrir leurs portes ?

Et les clients ? sans conteste, ceux qui envahissent les rayons le dimanche matin y trouvent leur compte et pas seulement pour une promenade dominicale au vu du chiffre d'affaires. D'autres ne changeront pas leurs habitudes du dimanche mais ne sont pas opposés par principe si ça peut créer des emplois et si ça reste réellement sur la base du volontariat. D'autres enfin refusent net de mettre les pieds dans ces grands magasins le dimanche au nom du repos des salariés. Par contre, ils apprécieraient que l'on libéralise l'ouverture des commerces de centre-ville pour redonner de la vie aux bourgs et aux villages.