Économie – Social

Prix du tabac, forfait hospitalier, retraites : les principales mesures du budget de la Sécu pour 2018

Par Géraldine Houdayer, France Bleu jeudi 28 septembre 2017 à 16:11

La ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin ont présenté le budget 2018 de la Sécurité sociale.
La ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin ont présenté le budget 2018 de la Sécurité sociale. © AFP - Lionel Bonaventure

Le gouvernement a présenté, ce jeudi, son projet de budget 2018 pour la Sécurité sociale. Il prévoit une forte réduction du déficit de la Sécu, aux prix d'importantes économies dans la santé. Plusieurs allocations destinées aux plus modestes seront par ailleurs revues à la hausse.

Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2018 a été présenté ce jeudi par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. C'est le premier projet de loi de financement de la sécurité sociale du quinquennat Macron. Le gouvernement prévoit de réduire le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros en 2018, un niveau inédit depuis 17 ans, au prix d'économies importantes dans le domaine de la santé. En un an, le gouvernement prévoit de réduire le déficit global de trois milliards d'euros. Agnès Buzyn a annoncé prévoir un retour à l'équilibre en 2020. En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), doit atteindre 5,2 milliards d'euros. Voici les différentes mesures présentées par le gouvernement.

Le paquet de cigarettes à dix euros

Le prix du paquet de cigarettes va progressivement atteindre 10 euros d'ici fin 2020. Après une première hausse "dans les prochaines semaines", le paquet augmentera d'un euro en mars 2018, de 50 centimes en avril et en novembre 2019, de 50 centimes en avril 2020 et de 40 centimes en novembre 2020.

Onze vaccins obligatoires au premier janvier

Onze vaccins, contre trois actuellement, seront obligatoires pour les enfants qui naîtront à partir du 1er janvier 2018. A la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, vont s'ajouter coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole (ROR), hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C.

Le minimum vieillesse va augmenter de 100 euros par mois

L'allocation de solidarité aux personnes âgées, qui bénéficie à environ 550.000 personnes et est de 803 euros par mois pour une personne seule, sera augmentée de 100 euros par mois en trois fois : +30 euros en avril 2018, +35 euros au 1er janvier 2019 et +35 euros en janvier 2020. A partir de 2019, la revalorisation annuelle selon l'inflation sera avancée à janvier au lieu d'avril.

La revalorisation des retraites étalée sur deux années

La revalorisation annuelle des pensions, indexée sur l'évolution des prix hors tabac, sera reportée d'octobre 2018 à janvier 2019. Inchangées depuis 2013 en raison de l'inflation quasi-nulle, les retraites doivent toutefois augmenter de 0,8% ce 1er octobre 2017.

Le forfait hospitalier passe à 20 euros

Inchangé depuis 2010, le forfait hospitalier augmente de deux euros par jour pour passer à 20 euros (15 euros pour les séjours en psychiatrie). Cette dépense sera prise en charge par les complémentaires santé pour les patients qui en disposent.

Une aide à la garde d'enfants rehaussée pour les plus modestes

Le Complément libre choix du mode de garde (CMG), aide à la garde d'enfants, sera revalorisé de 30% au 1er octobre 2018 pour les familles monoparentales. L'Allocation de soutien familial (ASF), qui complète le revenu des parents isolés ne percevant pas de pension alimentaire, sera revalorisé de six euros le 1er avril 2018. Le Complément familial majoré, versé aux familles nombreuses modestes, augmentera de 16,80 euros par mois au 1er avril 2018. Les primes de naissance et d'adoption vont être "dégelées" en 2018 pour suivre l'inflation. Pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er juillet 2018, les conditions de ressources et montants de l'allocation de base de la Prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), 184 euros/mois versés aux parents d'enfants de moins de trois ans, seront alignés sur ceux, plus bas, du Complément familial.

La prime d'activité va augmenter de 20 euros

Cette prime versée aux travailleurs à revenus modestes (environ 2,5 millions de foyers bénéficiaires) augmentera de 20 euros par mois en octobre 2018, selon le projet de lois finances (PLF). Au total, sa revalorisation sera de "80 euros par mois au niveau du Smic au cours du quinquennat". Parallèlement, "le barème et les ressources prises en compte" pour son calcul seront "modifiées pour assurer un meilleur ciblage". Actuellement, la prime d'activité offre un complément de revenu aux personnes gagnant jusqu'à 1,3 Smic.

L'allocation adulte handicapé va augmenter

Cette allocation versée à plus d'un million de bénéficiaires passera de 811 euros par mois pour une personne seule à 860 euros au 1er novembre 2018, et 900 euros au 1er novembre 2019. Parallèlement, les règles de prise en compte des revenus d'un couple à l'AAH seront rapprochées de celles appliquées pour les autres bénéficiaires de minimas sociaux, comme le RSA, moins avantageuses. "L'impact de cette mesure sera neutralisé par la revalorisation" de l'AAH. Les couples représentent un peu moins d'un quart des bénéficiaires.

Le RSI progressivement supprimé

Le régime social des indépendants (RSI) sera progressivement supprimé pour être confié au régime général à partir du 1er janvier 2018, "avec une phase transitoire de l'ordre de deux ans". Les indépendants bénéficieront de deux baisses de cotisations : -2,15 points sur les cotisations famille, et un accroissement de l'exonération des cotisations d'assurance maladie et maternité. A compter du 1er janvier 2019, les créateurs et repreneurs d'entreprises bénéficieront, sous conditions de ressources, d'une "année blanche" de cotisations sociales, au titre de leur première année d'activité.

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