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Économie – Social

Paris : 200 personnes évacuées d’un immeuble vide, occupé pour revendiquer le droit au logement

dimanche 6 janvier 2019 à 21:09 Par Armêl Balogog, France Bleu Paris et France Bleu

Des militants du collectif Droit au logement ainsi que des sdf et des mal-logés ont été évacués par la police d’un immeuble vacant qu’ils occupaient depuis plusieurs heures à Paris, dimanche 6 janvier.

200 sdf, mal-logés et militants du Dal ont occupé un immeuble vide à Paris pendant plusieurs heures
200 sdf, mal-logés et militants du Dal ont occupé un immeuble vide à Paris pendant plusieurs heures © Radio France - Armêl Balogog

Paris, France

"Je suis un peu sous le coup, là." Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du Droit au logement (Dal) est dépité. Il dit que la police a "brutalement" évacué les 200 personnes qui occupaient un immeuble vide depuis cinq heures à Paris. Pourtant, l’occupation s’était déroulée dans le calme.

Occuper pour demander la réquisition des bureaux vides

Vers 14h, dimanche 6 janvier, 200 sdf, mal-logés et militants du Dal investissent un immeuble vacant dans le 13ème arrondissement de Paris, appartenant au groupe Amundi.

"C’est un immense immeuble de dix étages, vide depuis plus d’un an, qui abritait les services de la brigade financière" quand il était loué au ministère de l’Intérieur, explique Jean-Baptiste Eyraud. 

Des cartons et des couvertures sont installés sur le sol. Deux banderoles accrochées sur la façade, aux cinquième et sixième étages : "3 millions de logements vides", dénonce l’une, "Réquisition !", réclame l’autre. Comme les chants des militants : "Et qu’est-ce qu’on veut ? Logement !"

Les militants dénoncent les plus de 3 millions de logements vacants au 1er janvier 2018 selon l’Insee – environ 8 % des logements - dont près de 350.000 à Paris – 11,7 %. Ils réclament aussi l’application de la loi permettant de réquisitionner des bureaux pour en faire des logements.

Les sdf et mal-logés veulent "leur propre logement"

"Je suis avec mes quatre enfants dans une chambre de 23 mètres carré", raconte Gania, logée par le 115 depuis cinq ans. "Cette chambre d’hôtel est en train de détruire mes enfants. Ils ne fêtent pas leur anniversaire."

Mes enfants, quand ils parlent de chambre, ils parlent de matelas. – Gania, mère de famille

Sambou est déçu, il se souvient de la promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle : "Plus personne dans la rue en 2018". "Il n’a tenu aucune promesse. On est déçus d’avoir voté pour lui."

Des militants "brutalisés" par la police

La police arrive rapidement sur les lieux, presque dès le début de l’opération. Elle bloque les entrées et les sorties pendant plusieurs heures.

Micheline essaie de faire régner le calme à l'intérieur. "Ce n’est pas la peine de faire peur à la police, qui du coup aurait une réaction pas forcément adaptée", explique-t-elle, tandis que la foule chante "On n’est pas méchants, on veut un logement !"

Mais les autorités finissent par les évacuer vers 19h30. "Je suis un peu sous le coup là parce que franchement on a été brutalisés", réagit le porte-parole du Dal. "Des femmes avec enfants qui sont brutalisées. C’est scandaleux. C’est la première fois qu’on est traités comme ça depuis 20 ans."

Les militants sont révoltés. "Comme d'habitude, commentent-ils, ce sont les propriétaires qui gagnent, et pas les gens en mal de logement."