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Économie – Social DOSSIER : Paris 2024

Paris 2024 : un an après l'attribution, inquiétudes et impatience

jeudi 13 septembre 2018 à 4:25 - Mis à jour le jeudi 13 septembre 2018 à 7:25 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Le 13 septembre 2017, Paris obtenait, lors de la session du CIO à Lima, au Pérou, l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, suscitant d'énormes espoirs, notamment en Seine-Saint-Denis. Un an après, les clubs de sports du 93 sont à la peine et les habitants s'inquiètent.

Le logo des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024
Le logo des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 © Radio France - Rémi Brancato

Seine-Saint-Denis, France

Le 13 septembre 2017, politiques et sportifs faisaient la fête, à Lima, au Pérou. venait de réussir son pari de faire revenir les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) dans la capitale, 100 ans après les ceux de 1924, suscitant une énorme attente. Un an après, le temps n'est plus vraiment à la fête. En Seine-Saint-Denis, où Paris 2024 promettait de concentrer son effort sur "l'héritage" matériel et immatériel, clubs sportifs amateurs et habitants s'impatientent et s'inquiètent. Le comité d'organisation des jeux (COJO) se veut rassurant.

Le monde sportif inquiet et en colère

Alors que le sport français s'enthousiasmait à l'idée d'organiser les Jeux l'an passé, l'engouement a laissé la place à la colère. Baisse des crédits du CNDS (comité national pour le développement du sport) et annonces de coupes dans le budget du ministère des sports ont quelque peu échaudé les fédérations et clubs sportifs.

"Toujours pas de contact réel avec les instances qui s'occupent de l'organisation des jeux"

En Seine-Saint-Denis, le comité départemental olympique et sportif dénonce ces baisses de 50% des crédits du CNDS pour 2018 dans les clubs du 93. "Les actions qu'on souhaiterait mettre en place en lien avec les jeux olympiques sont reportées ou diminuées" regrette son président Bruno Giel. Il assure même ne pas être entendu par les membres du COJO ou de la Solidéo, la société de livraison des équipements olympiques. "On souhaiterait pouvoir être associé très rapidement pour faire remonter les demandes du sport local d'équipements, qui sont un manque important" lâche le président.

ECOUTER - Bruno Giel, président du comité départemental olympique du 93

Les projets de développement du sport en suspens

"On a toujours pas de contact réel avec les instances qui s'occupent de l'organisation des jeux" regrette aussi Tugdual Lemauviel, qui travaille pour le comité départemental de volley-ball. L'an passé, il espérait voir des projets se débloquer. "Une proposition de subvention nommée 'héritage 2024' est parvenue au comité" raconte-t-il. 

"Les aides ne viennent pas, il n'y a pas d'argent"

ECOUTER - Tugdual Lemauviel du comité de volley-ball de Seine-Saint-Denis

Il y répond pour tenter de financer un "projet de fournir des kit de volley-ball auprès des écoles : on avait besoin de cet argent (30 000 euros) pour le développer correctement avant les Jeux olympiques 2024". Résultat : une réponse négative, sans motivation, et une "très grande déception" pour le comité. "Les aides ne viennent pas, il n'y a pas d'argent" conclut Tugdual Lemauviel, qui subit lui aussi la baisse des crédits CNDS.

Des finances de clubs précaires, des équipements vieillissants

Alros dans les clubs on tente tant bien que mal de ne pas augmenter les cotisations pour les adhérents dans ce contexte. A l'ASGB, l'association sportive et gymnique de Bagnolet, la baisse des crédits CNDS n'a pas trop affecté la trésorerie. Mais la co-présidente Sylvie Tournier se dit dans "l'incertitude" pour les finances des prochaines années.

ECOUTER - Un après l'attribution des jeux, des clubs sportifs amateurs inquiets

A l'association sportive et gymnique de Bagnolet (ASGB) - Radio France
A l'association sportive et gymnique de Bagnolet (ASGB) © Radio France - Rémi Brancato

D'autant que le club utilise des équipements sportifs vieillissants. Des "problèmes de chauffage, des fuites" dans les gymnases raconte Nicolas Drapeau l'un des deux salariés du club, agent de développement. "Je ne pense pas que l'obtention des jeux olympiques permette de rentrer dans des dés crédits pour ces rénovations" regrette le jeune homme.

Des concertations critiquées par les habitants

Peu d'espoirs d'être entendu, c'est aussi ce que partagent certains habitants mobilisés lors des concertations sur les projets d'aménagement, notamment à Saint-Denis, où seront construits le village olympique et le centre aquatique notamment. "Il y a eu de très nombreuses réunions, une dizaine, mais elles sont toutes segmentées sur des secteurs très précis : c'est relativement illisible et la marge de manœuvre est minime" regrette Cécile Gintrac qui a fondé l'an passé avec d'autres habitants un comité de vigilance JO à Saint-Denis.

ECOUTER - Cécile Gintrac du comité de vigilance JO de Saint-Denis

Paris 2024 "sur de bon rails" pour Tony Estanguet

Paris 2024 pourtant assure vouloir poursuivre cette démarche de concertation, menée avec les collectivités locales, qui "accompagne le projet depuis le début" souligne Michaël Aloïsio, directeur de cabinet du président du COJO. "On continue de mettre autour de la table tous les gens qui ont des idées, un avis" assure-t-il, tout en reconnaissant ne pas pourvoir fournir "les réponses pour tout : les Jeux n'auront pas la capacité à régler tous les problèmes".

ECOUTER - Michael Aloïsio directeur de cabinet du président du comité d'organisation des JO

"Il faut un projet utile pour un territoire qui en a le plus besoin, la Seine-Saint-Denis" défend-il, rejoignant son président. Un après l'attribution, Tony Estanguet assure que Paris 2024 est "vraiment sur de bons rails". La première année a en effet permis de constituer les équipes mais aussi de stabiliser le projet olympique et de le reconfigurer, avec des ambitions revues parfois à la baisse.

Dans ce contexte, Tony Estanguet promet une année 2019 de "la mobilisation" et davantage d'actions dans les écoles auprès des enfants pour "valoriser les valeurs olympiques et paralympiques".