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Paris : dernière ligne droite avant la réouverture des terrasses le 19 mai

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Par , France Bleu Paris

Le mojito ou la planche de charcuterie en terrasse, c'est pour le 19 mai. Les bars et restaurants rouvrent en partie, à cette date. A Paris, cafetiers et restaurateurs se préparent pour accueillir 50% de la clientèle habituelle. C'est la dernière étape avant la réouverture quasi-complète, le 9 juin.

Au Quai 16, Julien met en place les dernières chaises pour ouvrir sa terrasse le 19 mai
Au Quai 16, Julien met en place les dernières chaises pour ouvrir sa terrasse le 19 mai © Radio France - Toky Nirhy-Lanto

Mercredi 19 mai, comme partout en France, les Parisiens ont rendez-vous en terrasse. Bars et restaurants doivent rouvrir uniquement en extérieur, à cette date. Le 19 mai représente une date symbolique : elle marque la fin progressive d'un confinement qui a duré exactement 200 jours pour les bars et les restaurants. Il va falloir cependant être rapide : ces établissements n'ouvrent qu'à 50% de leurs capacités, compte tenu des consignes sanitaires. Cette limite doit disparaître le 9 juin. C'est ce jour-là que les terrasses doivent retrouver leur fonctionnement normal, tout en devant encore limiter les tables à six personnes maximum. Pour l'heure, les gérants de bars et restaurants parisiens se préparent déjà pour cette échéance très attendue. 

Une réouverture salvatrice

Dans le 6ème arrondissement de Paris, Julien attend de pied ferme le 19 mai. L'homme de 27 ans gère depuis un an le "Quai 16", une brasserie située sur le boulevard du Montparnasse. Elle a ouvert en août 2020, alors que la France se remet à peine de la première vague de covid-19. La reprise d'activité, de son ouverture jusqu'à octobre 2020, lui a apporté un répit de courte durée.

L'établissement ferme comme les autres bars et terrasses, le 29 octobre 2020. Pendant 200 jours, c'est délicat de tenir, notamment au niveau financier. "On a de la chance d'être dans un pays comme la France, on est suivi par notre gouvernement un minimum. Mais notre chiffre d'affaires a complétement pâti", déplore le jeune gérant. D'où réouverture très attendue par Julien : "j'envisage 50% du chiffre d'affaires hors covid, c'est le minimum pour qu'on reste ouverts".

Pour accueillir ses clients, le gérant doit se plier comme tous les autres au protocole sanitaire. Normalement, sa brasserie sert 110 couverts, dont 45 sur sa terrasse. Dès le 19 mai, sa terrasse est donc limitée tout au plus à une vingtaine de clients. "Entre vingt et vingt-cinq personnes au maximum, avec deux mètres d'espace entre chaque table", précise Julien. Faute de pouvoir faire mieux, le gérant compose déjà avec ce compromis. "C'est sur que ça aide, mais pas suffisamment pour combler les manques dus à la fermeture", concède-t-il. Pour retrouver rapidement un fonctionnement normal, il compte donc sur cette réouverture, mais aussi sur le 9 juin

A cette date, sa terrasse doit rouvrir complètement, mais les clients ne devront pas être plus de six par table. Il faut ajouter à cela l'Euro 2020 de football, qui doit s'ouvrir le 11 juin. Julien prévoit de diffuser les matchs dans son établissement, ce qui peut ramener possiblement beaucoup de monde. 

Confusion sur les règles sanitaires 

Quelques mètres plus loin, dans le 14ème arrondissement, on s'active aussi. Rue de la Gaité, un autre Julien s'apprête à rouvrir sa terrasse. Le gérant du "Café Gaîté", 23 ans, s'affaire à donner les dernières consignes à son équipe. Devant son bar, ses collègues mettent en place les tables sur sa terrasse. Terrasse étendue pour l'occasion, grâce à une extension sur le trottoir en face de son établissement. 

L'homme, qui dirige le "Café Gaîté" depuis 3 ans, est plutôt content de cette réouverture. Ce qui l'embête un peu, en revanche, c'est le flou qui règne selon lui, autour des règles sanitaires. "On ne comprend pas forcément la jauge des 50%. Surtout quand nous rajoute une nouvelle règle du jour au lendemain : un jour, on nous dit les clients ne pourront pas aller aux toilettes, et le lendemain, finalement ils peuvent rentrer, puis on nous rajoute cette limitation", s'indigne Julien. 

C'est un critère important pour le jeune gérant. En temps normal, son café compte 200 places. Avec le critère des 50% en terrasse, cela donne tout au plus une cinquantaine de couverts. Il semble perdu par ces règles qui lui paraissent difficiles à comprendre : "comme je n'ai pas bien compris la règle, je vais me renseigner, je pense qu'il va y avoir deux mètres entre chaque table, ça va être à peu près ça les 50%. On va essayer de faire comme ça, sinon le protocole sanitaire, d'après ce que j'ai compris, il n'y a pas grand chose qui change comparé au mois d'octobre, à part cette jauge de 50%".

Au Café Gaîté, l'équipe dispose le matériel sur ses terrasses
Au Café Gaîté, l'équipe dispose le matériel sur ses terrasses © Radio France - Toky Nirhy-Lanto

Malgré ce doute, il va ouvrir le 19 mai, de 8 heures jusqu'à 21 heures. Son café attire les habitués, mais aussi les clients de passage : il est quasiment à côté de la gare Montparnasse et de la tour du même nom. Ces deux endroits drainent du monde, de même que les théâtres situés sur la rue de la Gaîté. C'est pourquoi il veut ouvrir ce jour-là, d'autant que le café a déjà subi les conséquences du premier confinement, en mars 2020. 

"On a eu aucune aide, et on a dû contracter des prêts garantis par l'Etat (PGE) de 300.000 euros, que l'on a entièrement consommé", se souvient Julien. Au deuxième confinement, ce n'était pas mieux : "à partir de décembre 2020, les 20% du fonds de solidarité donnés par le gouvernement me servaient juste à payer le loyer et les charges. Depuis, on n'a pas pu prendre de salaire, ni faire de bénéfices. On n'a pas perdu d'argent, mais on n'en a pas gagné non plus".

Dans tous les cas, ces deux gérants sont d'accord pour dire que la reprise d'une activité normale n'est pas pour cette année, en dépit de cette mesure de réouverture progressive. Cette reprise d'activité reste conditionnée notamment aux chiffres de l'épidémie du coronavirus. La France n'est toujours pas à l'abri de "mesures de freinage", si par exemple le taux d'incidence remonte au-dessus de 400 cas pour 100.000 habitants. Ce qui pourrait de nouveau toucher le secteur de la restauration et des bars. 

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