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Économie – Social

VIDÉO - À Paris, des locataires se mobilisent contre l'expulsion de leur concierge

mardi 3 juillet 2018 à 14:59 Par Olivia Cohen, France Bleu Paris et France Bleu

Pour empêcher l'expulsion de leur concierge et de sa famille de leur logement de fonction, les locataires du 91, rue Jouffroy-d'Abbans dans le 17e arrondissement de Paris, se mobilisent contre le propriétaire de l'immeuble.

Pour empêcher l'expulsion de son logement de fonction de leur concierge, les locataires se mobilisent
Pour empêcher l'expulsion de son logement de fonction de leur concierge, les locataires se mobilisent © Radio France - Olivia Cohen

Paris, France

Ils se mobilisent pour sauver leur concierge. Au 91, rue Jouffroy-d'Abbans dans le 17e arrondissement de Paris, une vingtaine de locataires ont constitué une association de soutien pour empêcher l'expulsion de leur concierge, Julie Rodrigues, licenciée le 29 juin par SAS Plaine Monceau, nouveau propriétaire de l'immeuble. La société immobilière a également racheté les immeubles voisins, au 93 et 95 rue Jouffroy-d'Abbans et veut là aussi en expulser les concierges.

"On nous licencie au motif que nous coûtons trop cher, mais le but est de revendre nos appartements au prix fort sans se soucier des conséquences", explique Julie, 16 ans de service et mère de 4 enfants logés dans un appartement de 80 mètres carré. En tout, 200 mètres carré de logements de fonction sont en jeu, sachant que le prix du mètre carré dans cette partie huppée du 17e arrondissement de Paris est de 11 000 euros le mètre carré. 

C'est récupérer des mètres carré pour faire des sous, c'est tout ! - Nathalie, locataire

Pour maître Corinne Duriez, avocate de Julie et spécialiste du droit du travail, la manœuvre est simple : "Ça va prendre un an de prouver que c'est un licenciement abusif. Les propriétaires devront payer des indemnités, entre 50 000 et 80 000 euros, mais face à ce que peut leur rapporter, 200 mètres carré vendus 11 000 euros le mètre carré, le calcul est vite fait !"

Les locataires se mobilisent pour sauver leur concierge - Reportage : Olivia Cohen

Parmi les locataires, c'est Nathalie Fernandez qui mène la fronde : "Nuit et jour, Julie est disponible quand on oublie nos clés, les ampoules usagées sont changées rapidement, elle est parfaite ! On n'expulse pas les gens comme ça ! Donc nous avons décidé de nous cotiser pour lui payer ses frais d'avocat."

Si on ne décroche pas nos banderoles, on doit payer 500 euros d'amende par jour - Nathalie, locataire

Les locataires payent des charges élevées, comprenant le prix d'un gardiennage mais ça ne suffit pas pour avoir gain de cause : "Seul le propriétaire est décisionnaire dans le maintien ou non d'un concierge", peste Nathalie, qui assure que Julie et ses soutiens subissent des pressions : "Nous avons accroché des banderoles, on nous menace de 500 euros d'amende par jour si on ne les retire pas."

Julie, elle, a tenté de négocier, en proposant de payer un loyer plus élevé et de s'occuper des trois immeubles, le sien au 91 et ceux des numéros 93 et 95, pour le même salaire. Rien n'y a fait. 

Sollicitée, la société SAS Plaine Monceau n'a pas souhaité s'exprimer.

Des lettres en recommandé avec accusé de réception sont envoyées aux locataires qui ont accroché des banderoles - Radio France
Des lettres en recommandé avec accusé de réception sont envoyées aux locataires qui ont accroché des banderoles © Radio France - Olivia Cohen